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Mobilités Urbaines

Essai du scooter électrique NIU UQi GT, le deux-roues en costume de ville

Le nouveau scooter électrique NIU UQi GT est un vrai scooter, mais il pourrait aussi représenter une alternative crédible au… vélo électrique.

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Niu UQI GT
© Eric Dupin - Presse-citron

L’avenir des déplacements urbains est à l’électrique, dit-on. Dans la palette des nouveaux engins de transport individuel, qui s’élargit rapidement, le scooter électrique pourrait bien représenter le bon compromis, a fortiori celui qui correspond au 50 cc thermique, comme ce très séduisant NIU UQi GT, une découverte plutôt enthousiasmante.

Fondée en 2014, la société chinoise NIU est l’une des rares à se focaliser exclusivement sur la fabrication et la commercialisation d’une gamme de scooters électriques. Chez NIU, pas d’autres produits, et un credo 100% dédié à la fée électricité. Du coup, même si l’entreprise est récente à l’échelle d’une industrie auto-moto centenaire, elle a déjà accumulé un précieux savoir-faire en matière d’électro-mobilité urbaine, avec une gamme composée de pas moins de six modèles de scooters électriques.

Parmi cette famille, le NIU UQi GT est le tout dernier venu. Revue de détail.

scooter électrique NIU UQi GT

Design

Le NIU UQi GT fait partie de ces scooters au look de gazelle caractérisé principalement par des roues de grand diamètre (14 pouces) non carénées, ce qui lui confère presque un petit air de moto, renforcé par la double suspension à ressorts apparents et un empattement assez long du fait d’un train arrière reculé. J’ai trouvé l’ensemble très équilibré et réussi esthétiquement, clairement c’est une jolie machine, avec des détails de design renforçant l’impression d’un travail minutieux, comme ce phare avant rond cerclé d’un éclairage à LED, et les panneaux de carrosserie bien ajustés, même si le plastique omniprésent peut paraitre un peu léger au toucher. Il faudra voir à l’usage la résistance aux chocs et la façon dont tout cela vieillit.

Conduite, performances

Le NIU UQi GT est avant tout un scooter urbain à vocation individuelle. Bien sûr on peut monter à deux mais le passager ne sera pas très bien loti et, même si les platines de repose-pied sont assez larges (mais non repliables), le manque de confort fourni par la petite selle d’appoint aura probablement vite raison de son dos ou de son postérieur. A utiliser en dépannage pour des petites distances, donc. De toute façon, à deux, se posera aussi assez rapidement la question de l’autonomie et de la capacité à gravir des côtes à la déclivité un peu prononcée.

Une fois activé avec sa clé – en utilisant la télécommande de la clé après avoir déverrouillé la direction avec la clé dans le contacteur -, l’engin émet un petit son en faisant clignoter une fois phares et clignotants. Il suffit alors de s’asseoir à bord et de confirmer le démarrage en appuyant 2 secondes sur la petite manette à droite du guidon. Un témoin vert s’allume sur le tableau de bord et c’est parti. Il m’arrive d’emprunter le scooter 50 cc thermique du fils, et j’ai donc pu comparer le comportement. Connaissant un peu la différence de réactivité et nervosité sur les premiers mètres (voire les premiers kilomètres pour les plus puissantes) entre une voiture électrique et une thermique, je m’attendais à un petit coup de pied au derrière quand j’ai essoré la poignée d’accélérateur. En fait il n’en n’est rien, ou presque rien. Le NIU UQi GT est effectivement un poil plus réactif disons au démarrage, mais cela ne concerne vraiment que la première impulsion, sur deux ou trois mètres au maximum. Attention, il n’est pas mou, mais dès cette première impulsion passée, son accélération est vraiment identique à celle d’un 50 cc thermique. Idem pour les reprises, rien de fulgurant. J’ai d’ailleurs testé un départ arrêté : il faut 20 secondes pour passer de 0 à 49 km/h. Pas vraiment un missile sol sol. Pour la technique, son moteur est signé Bosch et délivre 1500 W.

Cela étant, une fois lancé, on atteint la vitesse maxi, qui est annoncée officiellement à 45 km/h, législation oblige, mais qui s’affiche précisément et de façon stable à 49 km/h au tachymètre. Probablement une petite marge technique du compteur.

La conduite est agréable, l’engin est confortable pour une personne de ma taille (1,80 m), on est bien assis, plus haut que sur ses homologues thermiques, et c’est un très bon point, même si la selle est est peu dure l’amortissement assez rigide. Côté sécurité, le NIU UQi GT est stable, agile et maniable, on prend de bons angles en virage dans un bon sentiment de sécurité, la partie cycle parait raisonnablement rigide, et le freinage avec disque avant et arrière est très puissant tout en étant facile à doser. Petit plus : le NIU UQi GT est équipé d’un régulateur de vitesse qui permet sur de longues lignes droite de soulager son poignet droit en maintenant l’engin à une vitesse constante. Le régulateur se désactive quand on touche l’accélérateur, mais pas quand on touche le frein, il vaut mieux le savoir avant de l’activer. Très bonne impression générale à bord, donc, avec un comportement routier qui ferait presque regretter qu’il n’y ait pas un peu de puissance en plus.

Autonomie

C’est souvent le sujet sensible avec ce genre d’engin 100% électrique. J’ai donc fait un test complet avec la batterie chargée à 100% au départ, et j’ai roulé jusqu’à ce qu’elle tombe à 1%. J’ai fait exactement 46 kilomètres, avec un parcours très varié, urbain, péri-urbain, campagne, une grande section en ligne droite plate à fond pendant plusieurs kilomètres, des montées douces et des pentes très abruptes (à Lyon ce n’est pas ce qui manque). Ce qui donne 47 kilomètres d’autonomie sur 100% de batterie. On est très loin des 95 km annoncés par le constructeur, mais cela s’explique probablement par trois paramètres : d’une part le modèle que j’ai essayé était neuf, avec 0 km au compteur, or l’on sait qu’une batterie doit avoir connu deux ou trois cycles complets de décharge-recharge pour donner sa pleine performance. D’autre part, il se confirme que c’est un scooter destiné à un usage presque exclusivement urbain. Si je n’avais roulé qu’en ville j’aurais probablement parcouru plus de kilomètres. Enfin, le scooter est doté de deux modes de conduite, un mode 2 « pleine puissance » et un mode 1 qui le bride à 25 km/h. Je n’ai jamais utilisé le mode 1 (il faut aimer se trainer à 25 et se faire doubler par les vélos). Peut-être qu’en tenant compte de ces trois paramètres j’aurais atteint les 95 kilomètres promis…

Quand on arrive à 10% de batterie, le scooter passe automatiquement en mode 1 afin de vous permettre d’atteindre votre destination. Afin de prolonger un peu l’autonomie, le NIU UQi GT est doté d’un système de freinage régénératif qui s’active au tout début de la course des manettes de frein, les disques prenant ensuite le relais.

La batterie délivre 48 Volts sous 42 Ah, ce qui correspond à 2 kWh. Elle est amovible et se retire très facilement de son logement grâce à une poignée repliable. Il suffit alors de brancher son chargeur sur du 220 pour la recharger. Attention cependant, la recharge parait très longue. Je l’ai branché à 1% à 18h, et à 23h la batterie chargeait encore avec un témoin affichant un peu plus de la moitié (il n’est pas très précis). En fait il faut pas moins de 9 heures pour recharger complètement la batterie.

Aspects pratiques

Avec ses 75 kg, le NIU UQi GT parait léger, ce qui rend certaines manipulations assez faciles, comme le déplacer à la main en le soulevant de l’arrière pour le garer dans un espace restreint, malgré son moteur dans la roue arrière. Il est équipé d’une béquille centrale et d’une latérale. Pour la centrale il faut prendre le coup, mais c’est la même pour tous les engins équipés pareillement, quant à la latérale, comme souvent elle m’inspire moyennement confiance, car le centre de gravité de l’engin est haut, et on a l’impression qu’il pourrait facilement basculer sur le flanc si vous plantez la latérale sur un sol qui n’est pas parfaitement plan. La télécommande est identique à celle d’une voiture avec un bouton d’activation, et deux de verrouillage-déverrouillage, qui  activent l’alarme. Une alarme d’ailleurs très sensible, qui couine dès que l’on effleure la bête.

Le scooter est doté d’une prise USB en haut du carénage face conducteur, qui permet de recharger ou maintenir en charge un téléphone pendant que l’on roule. C’est appréciable, mais le constructeur n’a pas poussé la logique pratique jusqu’au bout puisqu’il n’y a pas de support de téléphone.

Le coffre est… inexistant. Le seul coffre est celui du logement de la batterie sous la selle. Donc vous avez le choix : soit vous roulez et vous ne pouvez rien transporter, soit vous enlevez la batterie et vous pouvez loger quelques menus bagages, mais vous ne pourrez plus rouler 😀 Bon, il y a quand même un petit crochet sur le carénage face conducteur pour suspendre éventuellement un sac que l’on calera entre ses jambes. Citadin, on vous dit !

Petite astuce courante sur les motos (je ne connais pas assez le marché des scooters 50 cc pour savoir si c’est le cas aussi), le clignotant s’arrête automatiquement après un changement de direction. Cela ne fonctionne pas à chaque fois, selon le contexte, mais la plupart du temps c’est pratique.

Enfin, le NIU UQi GT est évidemment connecté et certaines de ses fonctionnalités peuvent être pilotées via l’application dédiée, avec notamment un système de traçage GPS en cas de vol. En fait il s’agit d’une connexion permanente au cloud de NIU via le réseau cellulaire, qui permet aussi de vérifier à distance le niveau de charge de la batterie et l’autonomie et l’historique des trajets. Je n’ai cependant pas eu la possibilité de tester l’app car elle est liée à un processus d’activation/identification du scooter qui n’était pas disponible du fait qu’il s’agissait d’une machine de prêt, mais j’ai obtenu ces captures d’écran. Celles-ci concernent un autre modèle de la gamme mais les fonctionnalités sont rigoureusement les mêmes.

En conclusion

Le scooter électrique NIU UQi GT est séduisant à plusieurs titres, d’une part en raison de son look, réussi, attrayant et équilibré, d’autre part avec le plaisir de conduite qu’il procure en toute simplicité, et avec un vrai sentiment de sécurité. A 2599 euros, son prix se situe dans la moyenne de ceux d’un bon vélo électrique, pour un usage urbain finalement très comparable.

On aime

  • Le look
  • L’agilité
  • Le plaisir de conduire et le sentiment de sérénité
  • Le freinage
  • La connectivité
  • Le prix

On aime un peu moins

  • Les accélérations un peu molles
  • Les montées laborieuses
  • L’autonomie
  • L’absence de rangements

Tous nos remerciements à Citybike Evasion, et plus particulièrement à Thierry de l’agence de Lyon, spécialisée dans les deux-roues électriques, qui nous ont permis de réaliser cet essai en toute confiance réciproque. Ne manquez pas notre prochain essai de la moto électrique Zero SR/S, début septembre.

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