Voilà quelque chose de malin. Affiché « à partir de 46 950 € » sur le site Mercedes, l’EQA est tout juste 50 € en-dessous du seuil fatidique permettant de prétendre au bonus écologique. Il est donc le seul modèle de la marque à pouvoir gratter l’aide gouvernementale… à condition de choisir la version de base. Dans les faits maintenant, il sera possible de négocier une belle remise et de toucher le précieux coup de pouce, le Mercedes EQA étant proche de la relève.
Est-ce une raison pour tourner les talons à la moins chère des Mercedes électriques ? Pas vraiment, car s’il n’est plus tout à fait tendance, l’EQA reste dans la course sur quelques critères. Niveau qualité de finition, déjà, le SUV soigne son mobilier en se plaçant sans peine dans le haut du panier. Flanquée de surpiqûres rouge écarlate, la planche de bord généreusement moussée fait toujours bonne figure.
Notre essai du Mercedes EQA en vidéo
Une excellente interface multimédia
Les buses d’aération façon turbines de long-courrier s’habillent de chrome argenté alors que les épaisses poignées de maintien procurent une belle impression de solidité. Tous deux intégrés au pack AMG Line Premium facturé 6 700 €, les sièges semi-baquets en microfibre accompagnés d’un pédalier en acier brossé font aussi honneur à la réputation de la marque. Nickel au point de rendre jalouse la concurrence ?
En poussant la quête maladive des matériaux bon marché, on remarquera que les zones inférieures s’en remettent à du plastique dur comme du bois, ce qui est somme toute fréquent dans la catégorie. Mais dans le global, le combo matériaux/assemblage de cet EQA ne déçoit pas. Et les technophiles auront la banane au moment de parler multimédia : l’interface optionnelle MBUX fait preuve d’une excellente fluidité sans oublier d’afficher des graphismes particulièrement soignés.
Le volant du Mercedes EQA trop tactile
Cette dalle de 10,25 pouces inclut en prime de très nombreux services connectés, comme un assistant vocal assez pointu, une borne Wi-Fi, des fonctions prédictives basées sur les habitudes ou encore un système de navigation en réalité augmentée. Particulièrement complet, le panel d’options réclame en échange un petit temps d’adaptation. C’est aussi le commentaire que j’adresserai à l’ergonomie, qui alterne entre le bon et le moins bon.
Côté pile, les commandes de ventilation physiques sont appréciables quand nombre de rivaux préfèrent tout renfermer dans l’écran tactile. Côté face, les boutons semi-tactiles du volant se montrent horripilants à l’usage : aussi petites que nombreuses, les touches réparties sur quatre branches différentes relèvent du casse-tête chinois. J’ai eu du mal à m’y faire, même après une semaine entière d’utilisation.
Un confort de belle facture
Ce qui n’agacera en revanche pas le moins du monde est le confort assez léché sur un véhicule aussi compact. Malgré le châssis abaissé fourni avec le pack AMG Line Premium, les suspensions font un beau travail pour absorber les chocs en tout genre. Cela va de pair avec une insonorisation réussie puisque la machine électrique n’émet aucun sifflement alors que les bruits de roulement sont inexistants. Les turbulences aérodynamiques sont en outre très bien maîtrisées sur ce Mercedes EQA.
Les sièges manquent par contre un chouïa de maintien latéral et se révèlent trop fermes. Heureusement, la préhension du volant en cuir Nappa perforé n’appelle aucune critique, avec une jante ni trop fine, ni trop épaisse. À l’instar de l’écran central, le bloc d’instrumentation de 10,25 pouces se montre complet et entièrement personnalisable. Il profite en prime de graphismes impeccables. Une vraie Playstation !
Une autonomie très correcte pour le Mercedes EQA
Le gaming à outrance, ça vous fait une belle jambe ? Sachez que le Mercedes EQA est également capable de rouler longtemps puisque sa batterie de 70 kWh autorise une autonomie théorique de 557 km. Bien sûr, atteindre ce fort kilométrage sera impossible sur autoroute, où la consommation d’énergie grimpe naturellement en flèche. Pourtant, bien qu’il ait abusé du buffet (2 050 kg à sec), l’Allemand n’est pas un boit sans soif.
Lancé à 130 km/h sous 18°C, l’appétit de notre SUV stagne à 19 kWh/100 km, de quoi aisément toucher les 350 km sur une batterie chargée à bloc. La sobriété est belle. Avec son accumulateur de 77 kWh, l’Audi Q4 e-tron pourra suivre la cadence, ce qui n’est pas le cas du BMW iX2, aux jambes trop courtes (65 kWh). Jusqu’ici, le Mercedes garde donc la tête haute en étant un compagnon de voyage plutôt costaud.
Des capacités de recharge en retrait
Balèze sur la distance, il fait en revanche le gringalet devant les bornes rapides. Alors que ses camarades germains peuvent soutenir des puissances de charge acceptables en courant continu DC (135 kW pour l’Audi et 130 kW pour le BMW), notre sujet s’arrête net à seulement 100 kW. C’est franchement peu rapporté à la batterie lithium-ion de 70 kWh. Résultat, Mercedes annonce un 10 à 80 % en près de 35 minutes, ce qui est beaucoup. Dans les faits, c’est même davantage.
Heureusement que le préconditionnement de la batterie lié au planificateur d’itinéraire prépare l’accumulateur à l’exercice. Aussi, la puissance de charge tient assez longuement un plateau à 70 kW, ce qui limite la casse. Seulement, les chiffres des meilleurs rivaux ont de quoi faire guigner : 250 kW pour le Tesla Model Y, voire… 451 kW pour le Xpeng G6. Oui, c’est près de quatre fois plus rapide. Vivement une mise à niveau de conséquence chez Mercedes !

Le Mercedes EQA peu dynamique sur route
Le Mercedes EQA vous trimbale d’un point A à un point B sans y aller par quatre chemins : sa ligne mollassonne se retrouve au moment de prendre le large. Inutile de faire durer le suspense, l’EQA ne goûte pas à un rythme soutenu sur les sections sinueuses. L’Allemand prend autant de roulis que le Bismarck alors que la carrosserie plonge brutalement lors des freinages appuyés. Bref, les enchaînements de courbes rapides se paient cash. Les suspensions pilotées facturées 1 200 € pourront cependant limiter le phénomène.
Côté performances, le Mercedes a beau se parer d’un sympathique costume AMG, il n’a rien de récréatif. La version 250+ embarque un petit électromoteur asynchrone de 190 ch entraînant les roues avant. Elle sprinte alors sans éclat avec un 0 à 100 km/h abattu en 8,6 s. Une éternité comparé au Tesla (4,8 s) et au Xpeng (4,1 s) affichés en prime moins chers. Les 228 ch du modèle 300 en transmission intégrale corrigent à peine les choses (7,7 s) au prix d’une autonomie plus limitée (471 km sur le cycle WLTP).
Mais plutôt agréable à vivre en ville
Cela s’arrange en ville où l’EQA fait valoir son gabarit relativement compact (4,46 m de long et 1,83 m de large) et sa bonne visibilité grâce à une position de conduite légèrement surélevée doublée de grandes surfaces vitrées. Si cela ne suffisait pas, la caméra 360° (500 €) mêlée au stationnement automatique mettra en totale confiance les plus inquiets. Inquiet, on le sera par contre à la veille des départs en vacances où l’EQA impose quelques complications.
Alors oui, l’habitabilité est à peu près à la hauteur de ce qui est attendu dans la catégorie avec un espace aux jambes correct. En revanche, un tunnel central vient jouer les trouble-fêtes. D’autre part, la banquette n’est pas coulissante, contrairement au GLA, le penchant thermique de l’EQA. Aussi, le plancher surélevé à cause des batteries enquiquinera les occupants en impliquant une position assise plus contraignante puisque les cuisses ne sont pas très bien soutenues.
Mais c’est bien le coffre qui pose le plus problème dans ce Mercedes EQA. Pas besoin d’être un fin expert pour voir que se baser sur la plateforme du GLA impose d’énormes compromis. Alors que la soute du GLA peut engloutir 495 l de bagages, celle de l’EQA se retreint à 340 petits litres. C’est absolument riquiqui, d’autant plus que le rangement sous le plancher est anecdotique tandis qu’aucun coffre ne figure sous le capot avant. Les câbles de charge sont donc condamnés à grignoter un espace déjà insuffisant.
Bien âgé, mais pas donné
Si vous pensez que la Mercedes électrique d’entrée de gamme est affichée à prix discount, vous vous plantez le pieu dans l’œil. Les 46 950 € réclamés par le modèle de base n’ont déjà rien d’amical, et cela grimpe même à 57 150 € pour notre version d’essai haut de gamme. On pourrait penser que ce prix-là donne droit à un équipement richissime. Eh bien vous pouvez encore enfoncer le pieu au maillet : cet EQA fait l’impasse sur des friandises pourtant inclues chez les rivaux.
Les sièges électriques ? C’est non. Le volant chauffant ? Non plus. Les suspensions pilotées ? Toujours pas. La conduite semi-autonome ? Encore moins. Pour bénéficier d’une dotation royale, le Mercedes impose une rallonge très conséquente. Même le régulateur de vitesse adaptatif et l’accès mains libres ne sont pas inclus en série ! C’est pour cette raison que le prix, de prime abord accessible, peut enfler rapidement. Face à la concurrence, le rapport prix/prestations n’est clairement pas favorable.
Plus habitable, l’Audi Q4 e-tron attaque ainsi à 46 990 € avec une technique plus aboutie. Ça fait des vagues, dîtes-vous ? Les Xpeng G6 (46 990 €) et Tesla Model Y (44 990 €) causent pour leur part un véritable raz de marée tant leurs prestations sont supérieures. Seul le BMW iX2 débutant à 59 300 € est pire que l’EQA au chapitre budgétaire. Mais il est également plus grand. Le SUV à l’étoile ne devrait être compétitif que par le jeu des remises. Et encore !
Notre avis sur le Mercedes EQA
Vais-je paraître lourdingue au moment de conclure ? S’il était bâti sur une plateforme dédiée aux véhicules électriques, le Mercedes EQA aurait eu nos faveurs. Hélas, limité par les soubassements du GLA, le SUV volté ne peut prétendre à des aspects pratiques aussi réfléchis que ses rivaux. Et bien qu’il soit bon élève niveau efficience, l’Allemand traîne la patte, que ce soit sur la route ou au pied des bornes.
D’autre part, sa politique tarifaire est difficilement défendable tant l’équipement de série est chiche rapporté au prix de la bête. Le Mercedes peut bien entendu égaliser la dotation de ses rivaux, mais au risque de cramer sec son compte en banque. Seuls son multimédia et sa présentation demeurent encore au goût du jour. Pour le reste, l’EQA file illico en session de rattrapage.

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