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Essai nouvelle Mercedes CLA : des écrans, de la tech, et une voiture autour

La dernière génération de Mercedes GLA nous a agréablement surpris, pour ne pas dire bluffés. Gavée de technologies numériques bien pensées, elle n’a plus grand chose à envier aux références du secteur.

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Mercedes CLA 2019
© Presse-citron - Eric Dupin

Quand on évoque Mercedes, on sait qu’on a affaire à du sérieux, et généralement, du beau. Mais les notions de technologies digitales, d’intelligence artificielle et de conduite autonome ne sont pas celles qui viennent en premier à l’esprit. Et pourtant… Nous avions déjà constaté la mutation vers le numérique qu’avait commencé à opérer la marque lors de la prise en main de la Classe E il y a déjà quelque temps, mais avec cette nouvelle génération de CLA, disponible depuis quelques semaines sur le marché, c’est à une véritable révolution que nous assistons.

Cette nouvelle mouture de la berline-coupé compacte de Benz est un étonnant concentré de technologie, en plus d’être une auto particulièrement confortable, accueillante et agréable à conduire. C’est ce que j’ai pu découvrir et tester pendant deux jours d’essais dans les superbes paysages de Catalogne entre Barcelone et le sud-est de Tarragone.

La deuxième génération de la Mercedes CLA est maintenant disponible. En tant que coupé à quatre portes, la version « coupé » de la Classe A ressemble finalement beaucoup à une CLS rétrécie, avec de l’intelligence en prime. La Mercedes CLA n’est certainement pas l’affaire de tout le monde. Un coupé quatre portes à l’accès quelque peu exigu et à l’encombrement limité n’est pas de prime abord le type de voiture recherché par l’européen moyen. Et pourtant, ça marche puisque 750 000 exemplaires des versions précédentes, présentées en 2013, ont été écoulés dans le monde, répartis entre le Coupé CLA et le Shooting Brake.

La CLA devient BCBG

La voiture, qui ressemble effectivement beaucoup à son ainée la CLS avec ses lignes tendues et son nez de requin, mesure aujourd’hui 4,69 mètres de long, soit près de cinq centimètres de plus qu’auparavant. Sa largeur a également augmenté de cinq centimètres pour atteindre 1,83 mètre. Du coup le nouveau Mercedes CLA offre maintenant un peu plus d’espace, notamment en ce qui concerne la largeur aux coudes, comme on dit dans la presse spécialisée.

De fait, vous ne vous sentez plus aussi serré qu’avant, et les passagers s’y sentiront bien, à condition quand même de ne pas être trop grands, notamment aux places arrière, où la garde au toit est assez limitée du fait de la ligne « coupé ». La ligne est fluide et plus fine que celle de la version précédente, que personnellement je ne trouvais pas très heureuse, une vision peut-être un peu déformée par le comportement d’une certaine clientèle, qui semblait s’être accaparée cette voiture – notamment sa déclinaison AMG – pour faire des burns en centre-ville, si vous voyez ce que je veux dire…

Mercedes CLA 2019

Avec cette nouvelle version, je trouve que la ligne s’est adoucie et féminisée tout en gagnant en esthétique. L’angle trois-quarts arrière est notamment particulièrement réussi, avec un mix parfait entre sportivité et ambiance premium. Clairement, la voiture fait moins « statutaire » et plus jeune. C’était certainement ce que recherchaient les services marketing et design de Mercedes, et de ce point de vue le pari semble réussi.

A l’intérieur, l’ambiance est délicieusement cosy, avec ce mélange de luxe et de technicité dont les allemands ont le secret. Rien ne dépasse, c’est propre et ergonomique, et comme souvent, on s’y sent tout de suite très bien. Les versions essayées  (180D et 220D) étaient particulièrement bien optionnées, avec entre autres les sièges électriques à réglages multiples à mémoire et ce petit plus de confort apporté par la climatisation de ces derniers. Avoir des sièges cuir ventilés et réfrigérés quand on roule par 35 degrés dans la campagne catalane est un luxe qui ne se refuse pas.

Petite surprise : le levier de vitesses (ou plutôt le sélecteur de marche avant, arrière et parking puisque nous avons affaire à une boite auto à huit rapports) est situé à droite du volant, là où se trouve habituellement le clignotant. Je n’étais pas dérouté puisque c’est exactement le même emplacement que sur les Tesla, avec le même fonctionnement. Ce qui évidemment libère un grand espace de rangement dans la console centrale.

Mercedes CLA 2019 intérieur

Le silence de fonctionnement est impressionnant, même avec un moteur diesel, dont il est difficile de distinguer le son une fois en mouvement. Le filtrage et l’insonorisation sont l’un des points forts des constructeurs premium teutons, et Mercedes est au top dans cette discipline. Du coup on se prend à rouler tranquille sans fatigue, d’autant que la sono Burmeister qui équipait en option mon modèle d’essai est certainement ce qui se fait de mieux en matière de hi-fi automobile. On branche l’iPhone, on lance une playlist Spotify sur Apple CarPlay et c’est parti.

En termes de connectivité, Mercedes a fait un choix audacieux mais probablement symbolique de l’image tech que veut renvoyer le constructeur avec cette gamme : la connectivité est exclusivement à base de ports USB-C, au nombre de quatre. C’est un peu déroutant au début, jusqu’à ce qu’on trouve les adaptateurs qui permettent de brancher un câble USB classique. Ce qui nous amène naturellement au cœur du sujet : les technologies digitales embarquées dans cette auto. Et vous allez voir que ça ne manque pas, et qu’en la matière, Mercedes a frappé un grand coup.

Vous êtes plutôt voix, tactile ou gestes ?

Ce qui marque dans cette nouvelle CLA, c’est qu’il y en a pour tous les goûts. Je veux dire, pour tous les types de personnes et d’interactions homme-machine. Avec la nouvelle interface MBUX, matérialisée entre autre par cette grande dalle de verre Widescreen affichant de façon contiguë les combinés d’instruments et l’écran tactile de 10,25 pouces, On dirait que Mercedes a voulu envisager et satisfaire toutes les typologies de clients.

Vous n’aimez pas les écrans tactiles ? Pas de problème, vous pouvez actionner la plupart des commandes à l’aide de divers boutons, notamment très bien situés naturellement sous le pouce de part et d’autre du volant. Vous aimez les écrans tactiles ? La CLA a. Vous n’aimez ni l’un ni l’autre et vous considérez que la voix est la seule voie (haha) possible pour communiquer avec une auto ? Dites Hey Mercedes et hop la voiture vous répond telle un assistant vocal Google ou Amazon. Vous êtes plutôt du genre à parler avec les mains ? La CLA vous permet de lancer quelques commandes d’un simple geste.

Mercedes CLA 2019 intérieur

Bon, dans le détail, si tout cela fonctionne plutôt bien, il faut quand même prendre le temps, comme dans la plupart des interfaces digitales, de se poser et d’apprendre à se familiariser avec la pléthore de menus et sous-menus disponibles. Une étape d’apprentissage indispensable qui doit se faire tranquille à l’arrêt, garé, avec une petite heure devant soi afin de tout appréhender et assimiler. Ce que font finalement assez peu de conducteurs (comme avec leur ordinateur, d’ailleurs).

Si l’ergonomie générale, notamment celle des menus dans l’écran tactile est assez logique, on pourra reprocher à ces interfaces ce que l’on reproche parfois à Windows ou même à Android : à vouloir tout rendre accessible par différentes entrées, on finit par obtenir un résultat inverse à celui recherché. Car par exemple, nombre de fonctionnalités sont accessibles de plusieurs façons (boutons sur le volant, basculeurs, écran tactile), ce qui peut être un peu perturbant au début. Mais tout cela part d’une intention louable, et c’est peut-être aussi à l’utilisateur de faire un petit effort pour assimiler et maitriser les commandes. Après quelques heures de conduite tout devient assez évident.

On l’a vu dans la campagne publicitaire de lancement de la nouvelle gamme Classe A, Mercedes passe deux messages : d’une part le ciblage d’une clientèle jeune, urbaine et anticonformiste, et d’autre part la technologie, notamment avec les commandes vocales et cette injonction, « Mercedes il faut qu’on se parle ». C’est exactement ce que vous pourrez faire avec la nouvelle version de la commande vocale « Hey Mercedes » qui permet de lancer différentes fonctionnalités avec une couche d’intelligence qui déduit une action à effectuer d’une phrase exprimée.

Ainsi, par exemple, si vous voulez régler la climatisation, il suffit de dire « Hey Mercedes, j’ai chaud » pour que l’assistant vous réponde qu’il va mettre la clim ou augmenter la puissance de la ventilation. Tout cela est censé tenir compte du contexte et fonctionner avec du machine learning, si bien que la voiture apprendra au fil de vos interactions afin de fournir des réponses toujours plus adaptées. Dans les faits j’ai trouvé que cela fonctionnait généralement bien, mais qu’il y avait encore quelques trous dans la raquette. Par exemple, chaque fois que je posais la question « A quelle distance sommes-nous de Barcelone ? » je n’obtenais pas la réponse voulue en langage naturel (en km et/ou en temps) mais le système lançait le guidage GPS.

Autre détail, mais qui ne fut finalement gênant que dans les essais de démo (voir les vidéos ci-dessous), le système a un peu de mal à prendre deux commandes de suite. Apparemment il faut respecter un petit laps temps pour qu’il se ressaisisse entre deux demandes. Mais à l’usage, avec un peu d’habitude de la part de l’utilisateur et une phase d’apprentissage de la part de l’assistant vocal, on doit arriver à des résultats et des interactions naturelles qui effectivement sont probablement l’avenir des interfaces automobiles.

De plus, une fonction de contrôle et de reconnaissance des gestes est introduite. Si, par exemple, le conducteur tend la main vers le siège latéral dans l’obscurité, le plafonnier correspondant à celui-ci s’allume automatiquement. Le système doit également reconnaître qui utilise actuellement l’écran et activer la fonction de massage pour le siège avant gauche ou droit, par exemple.

Conduite autonome : aussi bien que Tesla ?

L’autre bonne surprise de ces deux jours d’essais est venue de là où je n’attendais pas du tout cette CLA deuxième génération. Dès que je suis arrivé sur l’autoroute en direction de Tarragone et de notre destination finale après être sorti de l’aéroport de Barcelone, j’ai activé les assistances à la conduite, m’attendant au mieux à un bon régulateur de vitesse adaptatif et à l’aide au maintien de cap. Erreur ! Le modèle qui m’avait été attribué était doté de fonctionnalités bien plus avancées, s’apparentant davantage à une sorte d’autopilot à la Tesla qu’à de simples assistances.

Une fois toutes les fonctions activées (ce qui se fait facilement et relativement intuitivement), la voiture se conduit toute seule, suit la trajectoire de l’autoroute de façon fluide et rassurante, vous rappelant seulement toutes les 15 secondes qu’il faut reprendre le volant, ce qui se fait par un simple contact. La voiture gère également la distance par rapport aux véhicules précédents et donc adapte sa vitesse, et lit les panneaux, ce qui lui permet de régler sa vitesse automatiquement sur les limitations en vigueur (au passage, en Espagne les nationales et certains grands axes autour de Barcelone sont limités à 100, je dis ça je dis rien…).

Autre fonctionnalité intéressante, et qui marche bien, le changement de voie par simple impulsion sur le clignotant. C’est simple et direct, mais je n’ai pas pu tester si cela tenait compte des autres véhicules car j’ai activé ceci sur des portions d’autoroute désertes. Mais selon toute vraisemblance, c’est le cas. Bref, une fonction de conduite semi-autonome très bien conçue, agréable et facile à utiliser, et finalement moins stressante que sur certaines marques pourtant réputées plus évoluées, voire vues comme des références en la matière…

Navigation en réalité augmentée

Mais la fonctionnalité qui m’a peut-être le plus impressionné concerne la navigation GPS. La nouvelle Classe A est la première voiture qu’il m’ait été donné d’essayer embarquant une navigation avec réalité augmentée. Loin d’être un gadget construit autour d’un buzzword, la réalité augmentée dans la navigation automobile est à mon avis une étape fondamentale, et il est fort à parier que l’on la retrouvera bientôt sur toutes les voitures tant c’est redoutablement efficace et pratique.

Comment ça marche ? Lorsque vous arrivez à une intersection, un rond-point ou tout autre configuration nécessitant de choisir une direction, la carte affichée par le GPS est recadrée sur la gauche du grand écran, alors que sur la partie droite (avec un ratio un tiers/deux tiers) s’affiche la route en grand angle, filmée en direct par la caméra HD frontale de la voiture. Et sur cette image viennent s’incruster des panneaux virtuels qui vous indiquent précisément la direction à suivre. Une fonctionnalité que l’on connait par exemple sur Google Maps, mais que je n’avais encore jamais rencontrée au volant d’une voiture, et qui m’a rendu à plusieurs reprises de fiers services lors de ce périple. Hey Mercedes, bien joué !

En conclusion

Aiguillonnés par la concurrence asiatique d’une part, et par la demande croissante des consommateurs pour des systèmes embarqués de plus high-tech, les constructeurs premium allemands sont dans une impérieuse nécessité de se mettre rapidement à jour. Après quelques atermoiements et un peu de retard à l’allumage, ces derniers ont enfin réagi avec les dernières générations de leurs gammes, et Mercedes en est une très bonne illustration.

La technologie numérique intégrée dans cette nouvelle CLA 2 est bien pensée et apporte vraiment une aide concrète dans tous les secteurs de l’utilisation de cette voiture, que ce soit dans le domaine de l’info-divertissement ou celui des aides à la conduite, tant en confort qu’en sécurité. Le tout à des tarifs relativement raisonnables puisque ils débutent à 35 250 euros en essence (CLA 180 à boîte manuelle) et à 38 800 euros en diesel (CLA 180 d), le CLA 200 étant proposé à partir de 39 500 euros. Ceci sans tenir compte des nombreuses options évidemment.

J’aime bien

  • La ligne, fine et plus douce
  • Le cockpit, très accueillant
  • Les technologies embarquées
  • Le GPS en réalité augmentée

J’aime moins

  • L’interface gagnerait à être un peu simplifiée
  • La grande barre de verre qui fait office de tableau de bord et le graphisme des instruments virtuels

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