L’intelligence artificielle générative permet aux entreprises d’automatiser plus de tâches. La technologie évolue très vite et désormais, certains craignent un chômage de masse ou même une récession, à cause des pertes d’emploi. Comme le rapportent nos confrères de Business Insider, le sénateur américain Bernie Sanders (Vermont), qui appartient au camp démocrate, a récemment publié un rapport sur l’impact que l’IA pourrait avoir sur le marché de l’emploi. Ce rapport a été créé avec l’aide de… ChatGPT.
Plus précisément, le staff du sénateur demandé au chatbot “d’analyser les descriptions de poste répertoriées par le gouvernement fédéral pour l’ensemble de l’économie américaine et de prédire les tâches qui pourraient être effectuées par l’IA et l’automatisation.” Le résultat : “Selon le modèle basé sur ChatGPT, l’intelligence artificielle et l’automatisation pourraient remplacer près de 100 millions d’emplois au cours des dix prochaines années, dont 89 % des employés de la restauration rapide et des comptoirs, 64 % des comptables et 47 % des chauffeurs routiers.” Le document s’appuie aussi sur les propos de Dario Amodei, le patron d’Anthropic (un concurrent d’OpenAI). Celui-ci a prédit que dans les prochaines années, l’IA supprimera la moitié des emplois de cols blancs débutants et provoquera une hausse à 10 ou 20 % du chômage aux États-Unis.
Le document propose également différentes solutions à ce futur problème, dont une taxe sur les robots, pour les grands groupes. La logique est qu’au lieu d’accorder des allègements fiscaux pour favoriser le développement de plus d’automatisation, les États-Unis devraient taxer celle-ci et utiliser les recettes au profit des travailleurs qui seront affectés. Autre solution proposée par ce rapport : la semaine de 32 heures, sans réduction de la rémunération, contre les 40 heures actuelles. En substance, l’objectif est que les travailleurs profitent aussi des avancées technologiques.
Une idée qui a déjà été évoquée par Bill Gates
Notons que Bernie Sanders n’est pas le seul à penser qu’il faudra taxer l’automatisation. En 2017, lors d’une interview avec Quartz, le fondateur de Microsoft avait expliqué que, si le travail d’un ouvrier dans une usine est taxé, le travail d’un robot qui fait le même travail devrait être taxé à un niveau similaire. Cette taxe permettrait de financer les programmes de protection sociale.
Selon Business Insider, Bernie Sanders avait validé cette idée, dans son livre publié en 2023. “Si les travailleurs doivent être remplacés par des robots, comme ce sera le cas dans de nombreux secteurs, nous devrons adapter les politiques fiscales et réglementaires afin de garantir que ce changement ne devienne pas simplement un prétexte pour une course vers le bas visant à maximiser les profits des multinationales”, lit-on dans ce livre, indique le média.
Pour rappel, si la forme actuelle de l’IA permet déjà de gagner beaucoup de temps, les géants de la tech et les laboratoires d’intelligence artificielle développent déjà des agents qui sont capables d’accomplir des tâches sur un ordinateur. D’autre part, les robots humanoïdes pourraient remplacer les humains pour de nombreuses tâches répétitives dans les usines, dans quelques années.
- Dans un rapport, le sénateur américain Bernie Sanders propose différentes solutions contre l’impact de l’IA sur le marché du travail
- Parmi celles-ci, il y a l’idée d’une taxe sur les robots, dont les recettes bénéficient aux travailleurs impactés par l’IA
- Le document propose d’autres idées, comme la réduction du temps de travail
- Bill Gates avait eu une idée similaire en 2017
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