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Éternuer : pourquoi notre corps en a-t-il besoin ?

Ce réflexe est commun à de nombreux mammifères, mais nous sommes les seuls qui ayons conscience de celui-ci. Justement, pourquoi éternuons-nous ?

L’éternuement, cette réaction involontaire et parfois retentissante, revêt une importance bien plus cruciale qu’une simple riposte à une irritation nasale. Il s’agit, en réalité, d’un mécanisme de défense vital pour notre organisme dont nous a doté le processus d’évolution pour expulser les intrus indésirables et préserver l’intégrité de nos voies respiratoires.

Nous autres, humains, éternuons en moyenne une à deux fois par jour. Bien sûr, cette fréquence peut considérablement varier d’un individu à l’autre et dépend de plusieurs facteurs (allergies, condition individuelle, environnement, etc.). Ce réflexe est si habituel que nous n’y prêtons plus vraiment attention ; que nous dit la science à propos de celui-ci ?

Un réflexe de protection millénaire

Au fil des siècles, les éternuements ont été enveloppés d’un halo de croyances et de superstitions. Les premiers chrétiens y percevaient tantôt des manifestations divines, tantôt des ruses diaboliques, tandis que les anciens Grecs les interprétaient comme des augures, favorables ou néfastes.

De nos jours, la science moderne a dissipé ces mythes en apportant une explication physiologique limpide : l’éternuement est un acte défensif inné, visant à éjecter toute substance étrangère cherchant à s’infiltrer dans notre corps par les voies nasales. Cecelia Damask, spécialiste en otorhinolaryngologie à Orlando ENT and Allergy, explicite : « Tout comme la peau nous protège, une des fonctions primordiales du nez est d’assurer notre protection ».

Lorsque des éléments indésirables comme du pollen, des particules de poussière ou des virus s’immiscent dans nos sinus, ils provoquent une irritation de la muqueuse. Cette agression déclenche la libération de substances chimiques qui stimulent le nerf trijumeau, nerf majeur responsable des sensations faciales. Ce dernier transmet alors un signal électrique à la moelle allongée, composante essentielle du tronc cérébral (structure qui relie le cerveau à la moelle épinière). En réponse, le cerveau initie un réflexe physiologique visant à neutraliser la menace potentielle : vient alors le moment où vous éternuez.

Une réaction en chaîne pour un grand nettoyage

Le mécanisme de l’éternuement est un processus d’une complexité et d’une vivacité remarquables. En un infime instant, une série d’actions s’enchaîne : les paupières se closent, la langue s’applique contre le palais, le diaphragme se contracte de concert avec les muscles thoraciques et abdominaux, tandis que les cordes vocales se resserrent pour accroître la pression intrapulmonaire. Puis, tel un barrage cédant sous la pression, tout se libère brusquement, propulsant une puissante expiration d’air vers la bouche et les narines.

La vitesse de l’air projeté peut atteindre 150 km/h, transporter avec lui jusqu’à 40 000 gouttelettes dans l’air jusqu’à huit mètres de distance (voir vidéo ci-dessus à 3 minutes 40 environ). « Tout cela se produit en quelques secondes », précise Damask. « Cela expulse toute substance étrangère ».

Néanmoins, il arrive qu’un unique éternuement s’avère insuffisant pour évacuer intégralement les intrus. En pareils cas, une succession d’éternuements peut s’avérer nécessaire. Quant à la raison exacte de ce phénomène, elle demeure encore mystérieuse aux yeux de la science.

Des déclencheurs variés et parfois étranges

Si l’éternuement est principalement destiné à purger l’organisme de contaminants, il peut également être déclenché par des stimuli parfois nettement plus insolites. Ainsi, environ 20 à 35 % de la population mondiale peut éternuer en fixant le soleil, un phénomène baptisé « réflexe photique » ou  « éternuement héliotropique ». Bien que cette réaction soit assez répandue, sa cause exacte reste encore nébuleuse pour les scientifiques.

L’hypothèse la plus répandue suggère une anomalie qui se situerait au niveau des connexions nerveuses. Il semblerait qu’un court-circuit se produise entre le nerf optique, qui transmet les informations visuelles au cerveau et le nerf trijumeau. Ainsi, lorsqu’une personne est soumise à un changement de luminosité important, comme en passant de l’ombre à la lumière, le nerf optique serait surstimulé et enverrait des signaux au nerf trijumeau, déclenchant involontairement le réflexe d’éternuement.

Autre déclencheur, un peu moins courant : la nourriture. D’autres personnes peuvent être sujettes à des éternuements une fois un copieux repas avalé, une réaction curieusement nommée « snatiation », fusion néologique entre « sneeze » (éternuer en anglais) et  « satiation » (satiété). Certains individus ressentent même la nécessité de nettoyer leurs sinus en éternuant après un orgasme ou par la simple évocation de pensées érotiques.

Dans l’hypothèse ou ne pourrions pas éternuer, les conséquences pour l’organisme seraient désastreuses. Sans ce réflexe, ces irritants pourraient s’accumuler dans les voies respiratoires supérieures, entraînant potentiellement des infections plus fréquentes et plus graves, des inflammations chroniques, des difficultés respiratoires ou des complications encore plus importantes (pneumonies, réactions allergiques sévères, etc.). Si l’espèce humaine n’avait pas développé le réflexe d’éternuer, il est hautement probable que nous n’existerions pas sous notre forme actuelle, voire pas du tout.

  •  L’éternuement est un réflexe involontaire qui permet d’expulser les particules irritantes des voies respiratoires.
  • Déclenché par une irritation de la muqueuse nasale, l’éternuement implique une série d’actions coordonnées
  • Bien que principalement associé à des irritants nasaux, l’éternuement peut également être provoqué par des stimuli inattendus.

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Par : Gouvernement français
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1 commentaire
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  1. Dans la série ‘Le mec qui cherche la p’tite bête’ :
    “l’éternuement est un acte défensif inné, visant à éjecter toute substance étrangère cherchant à s’infiltrer dans notre corps par les voies nasales”
    Toute substance, fine en tous les cas. Nous avons procédé ici en labo (salle de bain à vrai dire) à une expérience au protocole rigoureux consistant à introduire un coton-tige dans une narine, puis dans l’autre, puis enfin dans l’une et l’autre simultanément (en ayant bien entendu recours à deux coton-tiges, cela va de soi mais il s’agit d’être précis quand l’expérience se veut rapportée sans équivoque, tout en remerciant Dame Nature de nous avoir muni que de deux narines). Résultats : aucun éternuement.
    Et toc 🙂

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