Quand ChatGPT est arrivé, on craignait que cette IA ultra-puissante soit utilisée par les étudiants pour tricher à l’université. Ces préoccupations étaient fondées, puisque d’après un article du New York Magazine, l’utilisation des outils d’intelligence artificielle pour rédiger des devoirs est désormais très répandue dans le milieu universitaire aux États-Unis. L’article évoque aussi les différentes techniques que les étudiants ont développées pour faire passer leurs devoirs rédigés par ChatGPT pour des originaux, notamment pour échapper aux logiciels détecteurs d’IA.
Et l’une de ces techniques consiste à réécrire le texte produit par ChatGPT, puis ajouter des fautes, pour que ce texte soit plus humain. Certains demanderaient aussi à l’IA d’écrire leurs devoirs “comme un étudiant en première année d’université qui est un peu bête”. Sinon, un étudiant cité par l’article évoque également une technique qui consisterait à générer le devoir sur ChatGPT, puis faire passer le résultat du prompt par deux autres systèmes d’IA. Le résultat serait en effet plus difficile à détecter pour les logiciels spécialisés.
Les profs s’y mettent aussi
Comme les étudiants, de nombreux professeurs ont adopté les outils comme ChatGPT. Récemment, nous avons d’ailleurs évoqué la frustration d’étudiants qui ont découvert que leurs profs utilisent l’IA pour rédiger les cours, ou pour noter les devoirs. Par exemple, une étudiante a découvert que son cours était rédigé avec l’aide de l’IA, parce que le prof a oublié de supprimer le prompt qu’il a utilisé avant d’envoyer le cours.
Face au chamboulement provoqué par l’IA générative, les universités pourraient progressivement modifier la façon dont les étudiants sont évalués, pour s’adapter à ce nouveau contexte. Cette année, le think tank britannique Higher Education Policy Institute a publié les résultats d’un sondage réalisé auprès de plus de 1 000 étudiants. “En 2025, nous constatons que l’utilisation de l’IA par les étudiants a bondi au cours de l’année écoulée, la quasi-totalité des étudiants (92 %) utilisant désormais l’IA sous une forme ou une autre, contre 66 % en 2024, et quelque 88 % ayant utilisé la GenAI pour les évaluations, contre 53 % en 2024”, indique celui-ci.
Dans ses recommandations, le think tank recommande aux institutions de réévaluer constamment leurs pratiques d’évaluation, pour tenir compte des évolutions de l’IA et de la maîtrise de celle-ci par les étudiants. “Toutefois, les établissements ne devraient pas adopter une approche essentiellement punitive ; au contraire, leurs politiques en matière d’IA devraient refléter le fait que l’utilisation de l’IA par les étudiants est inévitable et souvent bénéfique”, a néanmoins ajouté l’Higher Education Policy Institute.
- L’utilisation de l’IA par les étudiants est déjà très répandue
- Et certains utilisent des techniques, telles que l’ajout de fautes, pour que les textes rédigés par l’IA semblent plus humains
- L’utilisation de l’IA par les étudiants étant inévitable, les universités devraient progressivement revoir leurs systèmes d’évaluation
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.