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Faut-il un “malus” pour les véhicules électriques trop lourds ?

L’idée d’un malus pour décourager l’achat de véhicules électriques jugés trop lourds fait son chemin en France.

  • Un malus s’applique déjà en France pour les ventes de voitures thermiques (essence ou diesel) dont le poids total dépasse 1 800 kg
  • Or, le gouvernement réfléchit à appliquer un malus semblable aux ventes de voitures électriques neuves qui dépassent un certain poids
  • Le poids d’un véhicule est directement corrélé à celui de son impact environnemental, fabrication comprise – quelle que soit sa motorisation

Depuis le 1er janvier 2022, la France ajoute un malus au prix des véhicules thermiques neufs dépassant un poids à vide de 1 800 kg. Le barème est de 10 euros par kilo supplémentaire. Le malus s’ajoute par ailleurs à d’autres mesures fiscales incitatives, comme le malus CO2, pour tous les véhicules qui émettent plus de 123 g de CO2 par kilomètre.

Le barème va de 50 € pour des émissions de 123 g/km à 50 000 € pour les véhicules qui émettent plus de 225 g/km. Le cumul des deux mesures ne peut dépasser 50 000 € de taxes supplémentaires, et des exonérations et réductions existent dans certains cas, par exemple les familles nombreuses. Une façon de rediriger les consommateurs vers les voitures électriques ou tout du moins des voitures thermiques hybrides et/ou moins polluantes, plus en phase avec les objectifs de transition énergétique.

Un “malus poids” pourrait bientôt s’appliquer aux ventes de voitures électriques en France

Le poids d’un véhicule est en effet directement lié à son impact environnemental. Un véhicule lourd, émet en effet énormément dès la phase de fabrication : il faut mobiliser plus de ressources, ce qui suppose souvent de les extraire et de les transporter sur le lieu d’assemblage. Ce type de véhicule suppose également une consommation de carburant plus élevée, car chaque kilo implique une dépense de carburant supplémentaire par kilomètre.

Or, ces problèmes ne sont pas exclusifs aux voitures thermiques – les voitures électriques sont elles aussi concernées. Malgré le paradoxe que cela implique à l’égard des objectifs de transition rapide du parc automobile, le gouvernement réfléchit donc à appliquer un malus poids semblable à celui qui frappe les ventes de voitures électriques neuves. L’annonce a été faite par Clément Beaune, le ministre délégué chargé des Transports.

Ce malus étendu aux véhicules électriques pourrait s’appliquer dès 2024 ou 2025. Ses dispositions précises restent un mystère. On imagine que les montants devraient être un peu moins élevés – positionnant la catégorie plus favorablement face aux voitures classiques. Si le barème restait proche ou équivalent à celui qui s’applique aux voitures thermiques, plusieurs véhicules “lourds” verraient leur prix augmenter.

Nos confrères du Journal du Geek citent la Tesla Model Y, la Mercedes GLC 300de ou encore le SUV ID.4 de Volkswagen. Le gros pickup Ford F-150 Lightning ou encore le Tesla Cybertruck qui devrait prochainement débarquer sur les routes devraient voir en particulier leur prix flamber en France si ce malus s’applique. Pour l’heure, à notre connaissance, cette taxe est uniquement en préparation en France. Il ne semble pas que la Commission européenne s’est (encore) emparée du sujet…

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