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Pourquoi l’UFC-Que choisir s’attaque à l’industrie du jeu vidéo ?

L’UFC-Que Choisir et 19 autres associations mettent en demeure Electronic Arts et interpellent dix autres éditeurs de jeux vidéo. Elles estiment que l’industrie se joue des consommateurs. Explications.

C’est une première dans l’industrie du jeu vidéo. L’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir se joint à 19 autres associations de consommateurs européennes pour dénoncer les mauvaises pratiques des éditeurs de jeux vidéo. Ensemble, elles mettent en demeure EA Games, développeur de FIFA, Battlefield, NBA Live, Madden, NHL.

Alors que près de 500 millions de consommateurs jouent régulièrement aux jeux vidéo en Europe, l’UFC-Que Choisir tire la sonnette d’alarme sur l’absence de réglementation en matière d’achats in-game, devenus une source majeure de revenus pour les éditeurs depuis une vingtaine d’années. Ces derniers ont en effet engrangé plus de 15 milliards de dollars de chiffre d’affaires depuis 2020.

Les achats in-game, ce sont ces packs payants que l’on trouve dans les jeux. Ces derniers permettent d’améliorer les compétences des personnages, d’intégrer des joueurs plus forts dans les jeux de sport (FIFA, NBA Live, NHL, Madden) ou encore d’obtenir des atouts afin de battre ses adversaires en ligne plus facilement. Le fameux pay-to-win (payer pour gagner).

Payer sans savoir pour quoi

L’UFC-Que Choisir dénonce plus précisément le système de lootboxes dans les jeux vidéo. Présentées sous forme de pack (par exemple les pack FUT dans FIFA), ces « pochettes surprises » incitent les joueurs à payer pour des contenus inconnus. Dans FIFA par exemple, on paie pour obtenir de nouveaux joueurs plus ou moins forts. Mais on ne sait jamais sur quel joueur on peut tomber.

Les 20 associations de consommateurs européennes basent leur argumentaire sur deux points clés. D’abord, ces packs incitent les consommateurs à dépenser des sommes importantes, notamment « en exploitant les vulnérabilités de leur jeune public ». Pour cela, les éditeurs misent sur « un marketing agressif, de nombreux biais cognitifs et des probabilités de gains trompeuses ».

Par ailleurs, l’opacité des sommes dépensées pose aussi problème. En effet, les éditeurs utilisent souvent des monnaies virtuelles pour « masquer ou déformer les coûts réels des ces contenus ».

Ainsi, les joueurs procèdent à un paiement en deux étapes. Ils dépensent d’abord des sommes d’argent bien réel pour obtenir des jetons, points etc. (les éditeurs ne manquent pas d’imagination pour varier le vocabulaire). Ensuite, iles joueurs ne peuvent utiliser ces monnaies virtuelles que dans un seul jeu. « Tout est organisé pour faire oublier au consommateur le prix du contenu qu’il paye » dénonce l’UFC-Que Choisir dans son communiqué.

Mise en demeure et demande de régulation

Pour mettre fin à ces pratiques, l’UFC-Que Choisir et les 19 autres associations de consommateurs européennes mettent en demeure EA Games, passé maître dans l’art des achats in-game, d’afficher les prix des contenus qu’il vend dans ses jeux vidéo. Si l’éditeur n’accepte pas, les associations porteront l’affaire en justice.

Dans le même temps, « elles exigent une réglementation plus stricte au niveau européen .» Elles réclament  aussi « l’interdiction de designs trompeurs, l’instauration de protections supplémentaires pour les mineurs ainsi que la transparence des transactions ».

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