La matinée du 2 février 2026 restera dans les annales de l’histoire de la Bourse coréenne. L’indice Kospi de Séoul a clôturé en baisse de 5,26%, terminant la séance à 4 950 points après avoir frôlé les 6% de perte en cours de journée. Cette correction massive met fin à une série de records historiques qui avaient propulsé le marché sud-coréen au rang des plus performants au monde ces derniers mois.
Les moteurs de cette débâcle ? Les entreprises technologiques, notamment Samsung et SK Hynix. Samsung Electronics, fleuron national et premier fabricant mondial de semi-conducteurs, a cédé 4% de sa valeur. Son compatriote SK Hynix, spécialiste des puces mémoire adulé par les investisseurs pour son exposition à l’IA, a fait pire encore avec un plongeon de 8%. Ces deux mastodontes, qui pèsent lourd dans la capitalisation boursière coréenne, ont entraîné dans leur sillage l’ensemble du secteur technologique.
La contagion s’est rapidement étendue au-delà de la Corée du Sud. Hong Kong a dévissé de 13%, Tokyo a reculé de près de 2%, tandis que les places occidentales s’apprêtaient à ouvrir dans le rouge. Même les valeurs refuges n’ont pas été épargnées : l’or a perdu 9% et l’argent s’est effondré de 28%, signant l’une des pires séances pour les métaux précieux depuis des années.
Tensions politiques
Trois facteurs majeurs expliquent cette correction surprise. Le premier et principal catalyseur réside dans l’annonce vendredi par Donald Trump de la nomination de Kevin Warsh à la présidence de la Réserve fédérale américaine. Ancien gouverneur de la Fed entre 2006 et 2011, Kevin Warsh est partisan de taux d’intérêt élevés pour contenir l’inflation. L’ère de l’argent facile touche donc à sa fin.
Les investisseurs qui pariaient sur des baisses de taux agressives de la Fed ont donc dû réviser leurs anticipations. Malgré un récent assouplissement de son discours pour s’aligner sur les souhaits de Donald Trump, Kevin Warsh reste perçu comme moins accommodant que d’autres candidats potentiels. Sa confirmation par le Sénat s’annonce toutefois délicate, le sénateur républicain Thom Tillis ayant promis de bloquer toute nomination tant qu’une enquête sur la Fed n’est pas close.
Le deuxième facteur tient au retour des interrogations sur la viabilité économique de l’intelligence artificielle. Microsoft a récemment annoncé une hausse spectaculaire de ses investissements dans les infrastructures IA, alimentant les doutes sur la rentabilité à court terme de ces dépenses colossales.
Le Wall Street Journal a par ailleurs révélé des incertitudes concernant la concrétisation du méga-accord d’investissement entre Nvidia et OpenAI, ravivant les craintes d’une bulle spéculative. Jensen Huang, le PDG de Nvidia, a bien tenté de rassurer en affirmant que l’investissement serait “colossal”, mais ses propos n’ont guère convaincu lundi matin à Séoul.
Enfin, les tensions commerciales entre les États-Unis et la Corée du Sud ajoutent une couche d’incertitude. Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane plus élevés si Séoul ne ratifie pas rapidement la loi sur les investissements américains, même si le gouvernement sud-coréen a indiqué qu’une approbation pourrait intervenir d’ici fin février ou début mars.
Explosion de la bulle IA ?
La violence de la correction s’explique aussi par le niveau de valorisation atteint par le marché sud-coréen. Porté par l’euphorie autour des semi-conducteurs et de l’IA, le Kospi avait enchaîné les sommets historiques, créant un terrain propice à une correction technique. Des appels de marge liés aux matières premières ont amplifié le mouvement, déclenchant des ventes paniques en cascade. Les investisseurs institutionnels et étrangers ont mené la déroute, se délestant massivement de leurs positions sur les valeurs technologiques.
Cette séance noire intervient alors que Wall Street avait déjà enchaîné plusieurs journées de turbulences. Les valorisations stratosphériques des entreprises liées à l’IA commencent à inquiéter même les plus optimistes.
Pour les marchés européens et américains, la contagion semble inévitable. Les contrats à terme indiquaient lundi matin des ouvertures en forte baisse. Comprenez que la correction partie d’Asie pourrait gagner l’ensemble des marchés financiers. La question est désormais de savoir si cette correction marquera un simple ajustement technique ou un premier pas vers l’explosion de la bulle IA.
- La Bourse de Séoul s’effondre de 5,26%, sa pire performance depuis novembre 2025, entraînée par Samsung (-4%) et SK Hynix (-8%).
- Les raisons du décrochage : une situation géopolitique tendue ainsi qu’une crainte autour de la rentabilité de l’IA.
- Cette chute a entraîné d’autres valeurs comme l’or ou l’argent, pourtant considérées comme valeurs refuges.
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