« Follow Me Drones » : ces incroyables projets qui vont révolutionner le secteur des drones de loisirs

Les drones suiveurs, ou « Follow Me Drones » pourraient bien faire entrer la vidéo et la photo aérienne dans le domaine grand public. A condition que la législation le permette…

Le secteur du drone de loisirs est en pleine effervescence, et les évolutions technologiques se succèdent à un rythme effréné. Un rythme largement soutenu par le crowdfunding (financement participatif par les internautes) puisque l’on compte actuellement plusieurs projets en cours sur les différentes plateformes comme Kickstarter, dépassant souvent leur objectif initial.

Le premier signal avait été donné par le pionnier français de Parrot, l’AR.Drone, puis la star DJI Phantom a tout renversé sur son passage, avec ses multiples déclinaisons dont certaines versions sont même utilisées par des professionnels. Côté « amateur » la gamme des micro-multirotors Hubsan X4 continue à époustoufler les utilisateurs avec les possibilités offertes, notamment par le X4 H107D FPV qui offre le vol en immersion (retour vidéo en direct sur le grand écran de la télécommande) dans un package prêt-à-voler pour moins de 150 euros.

L’engouement du public pour ces petites « caméras volantes » ne se dément pas et devrait même encore s’amplifier quand on voit les projets que certaines startups ont dans leurs cartons. Outre le futur Parrot BeBop, une nouvelle merveille de technologie, une tendance émerge nettement : les « Follow Me Drones » ou drones suiveurs.

De quoi s’agit-il exactement ?

Les drones suiveurs sont des machines de taille réduite, dont les dimensions du châssis se situent généralement en-dessous des 50 cm d’envergure, offrant une caractéristique particulière : ils ne se pilotent plus, mais sont programmés pour suivre un sujet précis. Et bien sûr, comme ils sont équipés de caméras, ils ne se contentent pas de vous suivre comme un bon toutou à hélices, mais ils vous filment aussi sur demande. A l’époque des selfies, des caméras d’action filmant en vue subjective vos exploits sportifs et du grand narcissisme généralisé affiché sur les réseaux sociaux, on peut aisément  imaginer que cette possibilité offerte par les Follow Me Drones a du sens et devrait avoir aussi un bel avenir.

Comment ça marche ?

Techniquement, plusieurs approches de cette technologie sont expérimentées, mais la méthode est à peu près toujours la même : le drone est lié à un émetteur récepteur que vous portez sur vous et le suit comme s’il était relié à celui-ci par un fil invisible. Cela peut être un simple smartphone connecté en WiFi, ou un module spécial que vous portez au poignet. Le point commun à tous ces projets : une application iOS et/ou Android qui offre des possibilités que vous n’auriez peut-être même pas imaginées dans vos rêves les plus fou-fous. Ainsi, pour vous la faire courte, sachez qu’à l’aide de l’application dédiée, vous pouvez d’un simple clic faire décoller le drone, qui va se mettre en stationnaire stabilisé à X mètres du sol en attendant vos consignes. Puis, toujours avec l’application, grâce à une interface visuelle très intuitive, vous allez déterminer plusieurs paramètres de vol et de prise de vue, à savoir : l’altitude à laquelle va voler le drone, son angle de positionnement par rapport à vous, ainsi que les réglages de prise de vue de la caméra, et notamment la cible à filmer. Et c’est fait. Tout le reste va se dérouler de façon automatisée : vous enfourchez votre VTT ou tout autre moyen de déplacement, et vous faites votre truc sans vous occuper de rien, puisque le drone va se mettre en mouvement, vous suivre comme votre ombre et vous filmer pendant que vous être concentré dans votre activité.

Quand vous aurez fini de pédaler ou de skier ou de piloter ou de surfer ou de courir ou de glisser, la machine va s’immobiliser de nouveau en vol stationnaire à quelques mètres de vous, et vous n’aurez plus qu’à appuyer de nouveau sur un bouton de l’app sur l’écran de votre smartphone pour faire atterrir l’engin. Notez que ces drones suiveurs embarquent également des dispositifs de sécurité tels que le « fail-safe » qui leur permet par exemple de se poser en douceur en cas de perte de signal de la radio, ou de retourner à un point donné préalablement enregistré manuellement via le GPS intégré.

A vous le selfie vidéo HD dont vous pourrez si vous le souhaitez extraire les meilleures images, par exemple pour les poster dans la rubrique « Dronies » de Dronestagram 🙂

Ça vous fait rêver ? Vous pouvez, c’est magique. C’est magique et c’est du concret puisque pas moins de trois projets sont actuellement en phase de développement avancé, dont deux sont en cours de financement sur Kickstarter, et qu’ils ne devraient pas tarder à être disponibles dans auprès du grand public.

Voyons ces trois projets d’un peu plus près.

Hexo+

Commençons par le régional de l’étape, qui est en même temps l’un des plus prometteurs. Hexo+ est à l’origine un projet français développé par Squadrone System, (anciennement Next Level Aerial Filming, dont nous avions déjà parlé ici) une société née à Grenoble, mais qui s’est également implantée à Palo Alto au cœur de la Silicon Valley. Le projet Hexo+ a déjà commencé par un record qui fait le buzz depuis quelques jours : la somme impressionnante récoltée sur Kickstarter en seulement quelques heures, puis quelques jours après le lancement du projet sur la plateforme de financement participatif : en trois jours, ce sont pas moins de 535,777 dollars qui ont  été levés alors que l’objectif initial était de 50,000 dollars. On peut dire qu’un projet qui déclenche une telle ruée jusqu’à atteindre plus de 1000% de l’objectif en quelques jours est très certainement bien né.

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Il faut dire qu’il y a de quoi saliver. L’Hexo+ est un drone équipé de 6 rotors et d’une caméra GoPro stabilisée à l’aide d’une nacelle intelligente qui se pilote donc d’un doigt à l’aide d’une application pour smartphone permettant de faire les paramétrages en quelques clics sur une interface visuelle en 3D. Tout est automatisé, pas besoin de pilote, ni de caméraman. L’appareil, dont les bras sont pliables pour un transport facile, peut atteindre 70 km/h et donc suivre sans trop de difficultés la plupart des sujets en action, à part peut-être une voiture ou une moto sur circuit. Concernant les tarifs, ils s’échelonnent de 300 à 1000 dollars selon le niveau d’options, pour une disponibilité prévue en mai 2015 si tout va bien. Oui ça va être long d’attendre.

AirDog

Un projet qui rappelle un peu le précédent, mais d’origine… lettonne cette fois. C’est également un drone aux bras pliables équipé d’une GoPro stabilisée, mais celui-ci est un peu plus brut du point de vue design. La principale différence avec Hexo+ réside dans le fait qu’il est accompagné d’un module de télécommande au look assez improbable de montre des science-fiction des années 80, qui se fixe au poignet. Cette « laisse des airs » (AirLeash) fonctionne en BlueTooth longue portée et c’est elle qui commande le drone, et que ce dernier suit à la trace. Le module est étanche et résistant au chocs, et offre selon ses concepteurs une bien meilleure performance que les smartphones en matière de précision de localisation et de connectivité. Autre avantage, s’il vous prend l’envie de réellement piloter manuellement, celui-ci se transforme en télécommande classique et vous pouvez prendre la main sur le drone.

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Le système proposé par AirDog offre plusieurs modes de suivi : Follow Me (le drone suit le module à une hauteur et un angle déterminés), Relative Position (angle constant), Follow Track (trajectoire répétitive), et enfin Hover and Aim, qui commande au drone de rester à une hauteur et une position fixe, mais à l’objectif de la caméra de garder constamment le focus sur la même cible. En gros dans ce dernier mode, c’est vous qui tournez autour du drone comme si la caméra était sur un pylone fixe et qu’elle tournait sur son axe en étant reliée à un vous par un fil. Le AirDog sera proposé à 1195 dollars prêt à voler et sa commercialisation devrait débuter en novembre 2014. L’objectif de financement sur Kickstarter est déjà atteint, avec 201,243 dollars pour un objectif initial de 200,000 dollars.

3D Robotics Follow Me

La société américaine 3D Robotics, fondée par Chris Anderson, ancien rédacteur en chef de Wired et éditeur du site spécialisé DIYDrones, qui est déjà à l’origine du quadricoptère Iris, n’est pas en reste avec son projet Follow Me, dont la phase beta vient de démarrer. Ici il s’agit simplement d’une application pour smartphones Android, nommée DroidPlanner, qui entre autres fonctionnalités de contrôle, vient de se doter d’une option « Follow Me » permettant s’asservir un drone au smartphone. C’est plus basique mais cette fonctionnalité offre l’avantage d’être gratuite et – même si ce n’est pas expliqué clairement – de pouvoir probablement fonctionner avec n’importe-quel drone équipé d’un GPS. Pour accéder à la beta de DroidPlanner, il suffit de reoindre la communauté Google+, de devenir beta testeur, et enfin de télécharger l’application sur télécharger l’application sur le Play Store.

Quelles applications pour ces Follow Me Drones ?

Elles sont évidemment multiples, mais on pense en premier lieu au grand public. Quand on connait le succès des caméras GoPro, on peut facilement imaginer que ces petits engins bourrés d’intelligence seront probablement le prolongement logique de ces dernières, permettant en outre de passer d’une vue subjective à une vue objective sans pour autant avoir recours à un tiers caméraman, et encore moins à un hélicoptère, ou même un pilote de drone. Mais vu le niveau d’automatisation, on peut aussi envisager des usages professionnels, pour de la vidéo indoor par exemple, ou pour tout usage pour lequel le suivi d’une cible s’avère nécessaire. Seul bémol : aucune de ces machines ne propose encore pour le moment de système de détection et d’évitement d’obstacles. Il faudra encore se contenter de les utiliser dans un environnement dégagé. Mais il ne fait aucun doute que ces dispositifs arriveront certainement dans les prochains mois.

C’est bien beau tout ça, mais que dit la législation ?

C’est là que se trouve peut-être la seule limite à ces dispositifs. Si l’on s’en tient à la très contraignante législation française, qui dit en gros que tout ce qui vole avec une caméra est interdit sauf agrément spécifique de la DGAC, attribuée au compte-gouttes aux seuls professionnels, ces Follow Me Drones seront inutilisables par ici. C’est regrettable et très énervant, mais c’est la loi. Et c’est même encore pire pour les drones autonomes, puisque la législation en vigueur précise que que tout aéronef sans pilote à bord doit être contrôlé par « un télépilote qui est à tout instant en mesure de contrôler directement sa trajectoire pour éviter les obstacles et les autres aéronefs ». Des fois que notre drone évoluant à quelques mètres au-dessus de nous pendant une sortie en VTT prenne l’idée d’aller s’encastrer tout seul dans un Boeing qui passait par là. Outre les aspects technologiques et de financement, c’est peut-être aussi l’une des raisons qui font que l’équipe de Hexo+ est allée s’installer en Californie, cette digression n’étant bien sûr que le fruit de mon interprétation personnelle. Cela étant, on ne peut qu’espérer une fois de plus que le législateur sache évoluer avec la technologie, et adapte ses textes, car il parait assez logique qu’un drone autonome bien programmé présente des gages de sécurité en termes de précision de trajectoire qu’un pilote pas très expérimenté ne pourrait pas forcément assumer, même si je ne conteste pas l’obligation d’être en mesure de reprendre le contrôle de l’engin à tout moment. Il faudrait éclaircir ce point et probablement l’assouplir (comme beaucoup d’autres).

Les drones semi-autonomes, ou en tout cas « intelligents » sont promis probablement à un avenir radieux, qui s’inscrit plus généralement dans plusieurs tendances allant de la robotique au besoin de se filmer, de se voir et de s’exposer. De là à dire que tous ceux qui utilisent des GoPro s’équiperont de ce genre de machine, il y a probablement un pas, d’autant que le législateur veille et pourrait bien entraver le développement de ces nouveaux usages. Mais après tout le monde est grand, et nombre de pays seront probablement moins tatillons que notre DGAC nationale, ce qui promet encore de belles images aériennes : bienvenue dans le monde des « AirSelfies » !


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14 commentaires

  1. petite rectif: Airdog est 100 % Lettonien , l’adresse US est un besoin par rapport à kickstarter, de même sur HEXO+ sur ce qui est de la localisation aux US donc pas lié à la législation française.

  2. Eric

    @MATT : c’est corrigé, merci. J’avais vu une adresse à Palo Alto aussi pour AirDog mais sans aucune indication autre sur le site. Pour Hexo+ je précise bien que ce n’est que mon interprétation 🙂

  3. Pingback: Photos aériennes avec drone : quand les stars de la TV s'y mettent aussi

  4. Une petite modification de l’article s’impose : Concernant la legislation, beaucoup choses sont dites mais pas forcement vérifiées. Il est possible en FRANCE de voler avec un drône équipé d’une caméra dans les conditions suivantes (désignation d’un vol à caractère loisir) :
    – Ne pas voler prêt d’une Zone habitée ou d’une route
    – Respecter les zones de survol (aéroport ou autre)
    – Ne pas publier les images / vidéos sans autorisations

    Toutes les informations sont disponibles ici : http://www.helicomicro.com/reg.....oint-dgac/

  5. Je suis vraiment en désaccord avec la partie sur la législation, c’est vrai que c’est souvent un point qui évolue moins vite que la technologie (mais aussi pour des questions de lobbying), mais dire que les drônes qui sortent de start up inconnues ne posent aucun problème (parce qu’ils ne volent pas à coté de Boeing), ce n’est pas vrai. Avez vous récemment descendu une piste de ski ? Une personne sur 3 possède une goPro (pour faire des films que personne ne regardera jamais ;p) et lorsque les drônes suiveurs sortiront je fais confiance aux gens pour en voir fleurir une dizaine par piste. Pareil auprès des plages ou tout autre lieux où l’on trouve des gens avec un ego à flatter (le temps du tournage, pendant le visionnage ça flatte par toujours). Bref, tout ça pour dire que le législateur doit quand même se poser la question de ce qui se passe quand toute une population à le droit et la possibilité de faire quelque chose.

    • Eric

      @Roméro : je ne dis pas qu’il ne faut pas de réglementation, je dis que la réglementation actuelle est trop contraignante, trop compliquée et pas adaptée, bref qu’elle est déjà obsolète et liberticide. Il n’y a pas de réglementation et encore moins d’interdiction pour les cerf-volants sur les plages, et pourtant s’en prendre un sur la tête peut causer aussi des blessures (un vrai cerf-volant pèse aussi lourd qu’un AR.Drone et chute souvent plus violemment, et maintenant certains sont aussi équipés de GoPro), et c’est statistiquement beaucoup plus probable vu le nombre.

  6. @romero cela peut vous paraître absurde ou pas. La loi est la loi.
    Donc si vous lisez la loi, vous verrez que vous pouvez voler un drone avec camera sous certaines conditions.

  7. @ouicher Je ne dis pas que c’est absurde, je dis juste que le législateur peut mettre des limites aux vols de drônes, je trouve ça normal. Je n’ai rien contre les drônes, comme tout le monde je profite de très belle images issues de ceux ci. Après, et c’est tout à fait personnel, je pense que 90% des films issus de drônes (et même de goPro) sont sans aucun intérêt.

  8. Pingback: Vidéos | Pearltrees

  9. Je connaissais déjà Hexo+ mais pas AirDog ni Follow Me qui est une bonne alternative s’il on a déjà un drone. Après, législation ou pas, cela n’empêchera jamais quelqu’un d’acheter un Hexo+ ou un AirDog et de l’utiliser sur un terrain privé ou reclus… Il y a tant de chose interdite au pays de la “Liberté”…

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