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France : le Smic va augmenter de 2,4 % dans quelques jours, mais le gouvernement a refusé un coup de pouce

Une hausse qui est directement liée au retour de l’inflation.

En écoutant le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, annoncer l’augmentation du smic de 2,4 % dès le 1er juin prochain, on aurait presque l’impression qu’il fait un “cadeau” aux salariés les plus modestes.

Cela dit, ce dernier précise rapidement qu’il ne s’agit ici que « d’une revalorisation mécanique du smic qui est liée à notre système social français ». En effet, la loi française prévoit que le salaire minimum soit réévalué plusieurs fois par an en s’alignant sur le niveau de l’inflation.

Suite au déclenchement de la guerre d’Iran, la hausse des prix dépasse justement désormais 2 % d’après les derniers chiffres de l’Insee. Dès lors, le gouvernement n’a fait que valider automatiquement cette augmentation. Elle sera de l’ordre de 44 euros bruts par mois pour un salarié au Smic, un chiffre qualifié de « substantiel » par Jean-Pierre Farandou.

Mais le ministre semble aussi assumer de ne pas avoir donné de coup de pouce supplémentaire au salaire minimum au-delà de l’inflation. Il préfère en effet voir le verre à moitié plein et mentionne la prime carburant sur les gros rouleurs d’une cinquantaine d’euros par mois qui sera versée à partir du 27 mai. Signalons que cette aide ne concerne qu’un peu plus de 2 millions de personnes sur près de 70 millions d’habitants.

Un danger pour le pouvoir d’achat des ménages ?

Il mentionne par ailleurs la hausse de la prime d’activité qui va permettre à partir du 1er juillet à 3 millions de foyers de toucher 50 euros de plus par mois.

La revalorisation du smic n’a finalement rien de surprenante. Interviewé par France Info, Dorian Roucher, responsable du département de la conjoncture à l’Insee, expliquait récemment :

Quand on franchit le seuil de hausse de 2%, mécaniquement on raugmente le SMIC deux mois plus tard. Donc, à l’été, on devrait avoir une revalorisation du SMIC qui va se transmettre plus largement aux prix de services. On peut s’attendre également à ce que certains industriels répercutent cette hausse sur les prix de certains biens, comme les ordinateurs. (…) Il faut avoir en tête que pour l’industrie chimique ou l’industrie de la verrerie, l’augmentation des coûts est très marquée puisque ce sont des industries qui utilisent massivement du gaz.

C’est aussi l’angle mort de ce débat, car si le smic augmente, les travailleurs dont la rémunération se situe juste au dessus risquent de ne pas suivre le niveau de l’inflation, et verront leur pouvoir d’achat se réduire comme peau de chagrin. Signalons d’ailleurs que certains pays, comme la Belgique, prévoient une indexation de l’ensemble des salaires sur la hausse des prix (c’était aussi le cas en France par le passé), de sorte que cette préoccupation est écartée.

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