Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, l’Europe vit une période très mouvementée. Les budgets militaires explosent, les armées se rééquipent et chaque incident vient rappeler que le continent n’est plus à l’abri. Ces derniers mois, plusieurs États, dont l’Allemagne et le Danemark, ont par exemple rapporté des intrusions de drones russes dans leurs espaces aériens.
Même son de cloche dans le maritime, alors qu’un navire russe a été repéré à plusieurs reprises ces dernières années à proximité de câbles et d’infrastructures critiques. Une véritable course à l’armement est donc engagée. Et la sécurisation de la mer Baltique est devenue cruciale, tant elle est stratégique.

Taillé pour la Baltique
C’est dans ce climat électrique que Saab a présenté, plus tôt dans le mois, son nouveau sous-marin : l’A26, aussi appelé classe Blekinge. L’entreprise suédoise le décrit comme un modèle « cinquième génération », une manière d’annoncer qu’il introduit un saut technologique majeur dans le domaine.
À noter, tout d’abord, qu’il ne s’agit pas d’un sous-marin nucléaire. L’A26 est un modèle conventionnel, bien plus compact que les mastodontes américains ou russes. Il mesure 66 mètres de long, contre près de 170 mètres pour certains modèles nucléaires. Mais cette taille réduite le rend parfaitement adapté aux eaux peu profondes et pièges de la Baltique.
Surtout, il peut rester plusieurs semaines sous l’eau. Un exploit pour un sous-marin non nucléaire, rendu possible grâce à son système AIP Stirling, une propulsion anaérobie ultra-silencieuse qui n’a pas besoin d’air pour fonctionner. Là où un diesel-électrique classique doit remonter régulièrement, l’A26 peut disparaître durablement dans les profondeurs.

Furtivité et renseignement
La carcasse du sous-marin est fabriquée dans un acier spécial assurant robustesse et discrétion. Pas de titane ici, un matériau rare et réservé aux vaisseaux russes, mais un assemblage optimisé pour réduire toutes les signatures sonores, magnétiques, radar ou hydrodynamiques. Saab assure qu’il permet de « frapper fort tout en restant caché ».
L’A26 embarque aussi un portail avant de grande taille pour déployer drones, véhicules sous-marins télé-opérés et équipes de plongeurs pour des réparations d’urgence, un enjeu central depuis le sabotage du Nord Stream. Il intègre en outre des torpilles de dernière génération, dont les SLWT numériques et filoguidées, ainsi que des mines. En revanche, il ne peut pas tirer de missiles, un choix assumé, Saab privilégiant la furtivité et le renseignement.
La Pologne a déjà passé commande pour trois exemplaires dans l’un des plus gros contrats militaires de son histoire récente. Un accord qui symbolise la nouvelle réalité du Vieux Continent.
- L’Europe réarme à grande vitesse depuis le début de la guerre en Ukraine, poussée par les intrusions russes et la menace qui pèse sur ses infrastructures sous-marines.
- Dans ce contexte, Saab a dévoilé son nouveau sous-marin A26, un modèle conventionnel ultra-discret capable de rester des semaines sous l’eau grâce à sa propulsion anaérobie.
- La Pologne en a déjà commandé trois exemplaires, preuve de l’urgence stratégique qui domine désormais le continent.
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