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Une fusée lancée par un avion qui sauve un satellite en perdition : la nouvelle mission complètement folle de la NASA

C’est une mission digne des plus grands films de science-fiction. La NASA donne huit mois à une entreprise spatiale pour sauver son télescope Swift, qui risque de venir s’abîmer dans l’atmosphère.

Depuis vingt ans, le télescope Neil Gehrels Swift tourne autour de la Terre pour scruter l’un des phénomènes les plus violents de l’Univers : les sursauts gamma. Lancé en 2004, cet instrument de 500 millions de dollars a permis de caractériser ces explosions cataclysmiques qui surviennent lorsque des étoiles massives meurent, ou lorsque deux objets compacts, comme des étoiles à neutrons, fusionnent. Mais il rencontre désormais un problème de taille : son orbite s’effondre.

À l’origine positionné à environ 600 kilomètres d’altitude, Swift dérive aujourd’hui autour de 400 kilomètres, sans aucun système de propulsion pour corriger sa trajectoire. C’est trop bas pour espérer continuer longtemps, d’autant plus que la friction atmosphérique accélère sa chute. Si rien n’est fait, la NASA estime qu’il se désintégrera dans l’atmosphère d’ici à la fin 2026. Une perspective difficile à accepter pour l’agence, car aucun remplaçant n’existe.

Voilà pourquoi elle a décidé de tenter une opération sauvetage inédite. En septembre dernier, elle a confié à la startup américaine Katalyst Space Technologies la mission de remonter Swift en orbite et de prolonger sa vie d’au moins dix ans.

Telescope Swift
Le télescope Neil Gehrels Swift de la NASA. © Laboratoire d’images conceptuelles du Centre spatial Goddard de la NASA

Une mission de sauvetage spatiale jamais tentée

Le pari est fou, mais indispensable pour préserver une source de données scientifiques unique. Afin d’accomplir ce sauvetage en urgence, Katalyst a annoncé qu’elle utiliserait Pegasus XL, la fusée aérienne de Northrop Grumman.

Ce lanceur atypique, largué en plein vol depuis l’avion L-1011 Stargazer, allume ses moteurs à 12 000 mètres d’altitude. Selon le communiqué de l’entreprise, Pegasus est « le seul système capable de respecter l’orbite, le calendrier et le budget » imposés par la NASA. Et pour cause, la mission doit impérativement décoller en juin 2026, soit moins de huit mois après la signature du contrat.

Une fois en orbite, le petit vaisseau de Katalyst, équipé de trois bras robotiques, passera deux à trois semaines à s’approcher de Swift, à l’inspecter, puis à tenter une prise ferme et sûre. Un défi extrême, car le télescope n’a pas été conçu pour être capturé. Pire encore, ses instruments sensibles ne doivent jamais être orientés vers le Soleil, la Terre ou la Lune, sous peine de dommages irréversibles.

Si la manœuvre réussit, le vaisseau repositionnera Swift à environ 600 kilomètres d’altitude. Et ce serait tout bonnement historique, la première fois qu’un satellite scientifique du gouvernement américain est attrapé et remonté par un appareil privé. Cet exploit technique pourrait redéfinir le marché du service en orbite. Et surtout, cela ouvrirait la voie à une nouvelle génération de missions rapides, réactives, capables d’intervenir en quelques mois au lieu de plusieurs années.

  • Le télescope Swift, lancé en 2004, est en train de perdre de l’altitude et risque de se désintégrer dans l’atmosphère d’ici fin 2026.
  • La NASA a confié à la startup Katalyst une mission express pour le remonter en orbite, grâce à un vaisseau robotique lancé par la fusée Pegasus XL.
  • Si l’opération réussit, ce sera la première capture d’un satellite gouvernemental par une entreprise privée, et un tournant pour les futures missions de service en orbite.

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