On sait dès le départ que les IA dans le style de ChatGPT sont promises à un bel avenir dans le secteur de l’éducation. Mais l’on pouvait tout aussi bien penser que son arrivée dans les lycées français prendrait encore quelques années. Et pourtant, l’ex-ministre de l’Éducation Nationale Gabriel Attal (Premier ministre depuis quelques jours) a lancé MIA Seconde, dans l’une des toutes premières (mondiales !) du genre.
Destinée dans un premier temps aux élèves de seconde cette application s’appuie sur une technologie semblable à ChatGPT pour mieux aider les élèves à évaluer et améliorer leur niveau en français et en mathématiques. L’IA peut s’autoévaluer et améliorer ses recommandations en s’appuyant sur les données collectées auprès de tous ses utilisateurs. Au-delà de l’IA, MIA intègre des tutoriels vidéo, un mode pour la classe ainsi qu’un mode pour réaliser des exercices en binôme.
La France est l’un des premiers grands pays de l’OCDE à tenter l’aventure de l’IA dans l’éducation
Lorsque l’élève lance l’application pour la première fois, un questionnaire permet à l’IA de rapidement déterminer le niveau de l’élève. Questionnaire qu’il ou elle pourra refaire par la suite pour évaluer son niveau à un instant T. Plus de 800 000 étudiants y auront accès dès la rentrée de septembre 2024, tandis que 200 000 volontaires recevront un accès anticipé dès le mois de février.
Son utilisation restera par la suite “volontaire” et n’aura aucun caractère obligatoire, même si on imagine le système, s’il a du succès, prendre une place grandissante dans les programmes. Il reste également à comprendre quelles autres classes pourraient bénéficier de MIA en priorité, qui a tout sur le papier du parfait “prof de soutien” entièrement gratuit et disponible à volonté.
Son concepteur EvidenceB veut croire que MIA est un début de solution pour faire remonter le système éducatif français dans le classement PISA. Le pays est en effet 23e sur un total de 79 (2023). Or cette année, plusieurs observateurs ont pointé une “chute” du niveau des élèves français dans ce classement réalisé tous les trois ans, en particulier en mathématiques.
Reste que l’initiative française est une des premières expériences à grande échelle du genre dans le monde. De la réception de l’application par les étudiants comme les profs à ses effets sur les notes, tous les résultats seront donc, on imagine, auscultés à la loupe par les différentes autorités du monde entier.
- Destinée aux classes de secondes, elle vise à évaluer les élèves et à améliorer leur niveau en français et en mathématiques.
- Deux points qui ont fait sombrer la France dans le classement PISA en 2023, et qui semblent faire partie des objectifs de cette nouvelle application destinée aux lycéens.
- Son utilisation restera facultative, même après la phase d’expérimentation qui devrait débuter auprès d’un échantillon de 200 000 élèves en février 2024.
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Au yeux du gouvernement, c’est une solution plus simple et moins chère que de former et payer correctement le personnel enseignant. C’est catastrophique et honteux, de penser que les problèmes accumulés par l’éducation nationale depuis plus de 30 ans vont se régler à l’aide d’une IA débile, alors que les différents gouvernements successifs depuis Chirac V2 détruisent le système éducatif à coup de matraque.
L’utilisation de l’IA, comme MIA Seconde, devrait être vue comme un complément aux enseignants, et non comme un substitut. Cet outil offre un soutien personnalisé aux élèves, en particulier pour des compétences spécifiques en français et en mathématiques, mais il ne remplace pas l’interaction et le développement socio-émotionnel que les enseignants apportent.
Les enseignants jouent un rôle bien plus large que la simple transmission de connaissances, un aspect que les technologies comme l’IA ne peuvent pas imiter. L’intégration de l’IA est une opportunité pour les enseignants de se concentrer davantage sur ces aspects importants de l’enseignement.
L’innovation dans l’éducation est nécessaire pour répondre aux défis d’un monde qui change rapidement. L’IA peut faire partie de cette évolution, mais elle doit être utilisée en complément de l’enseignement traditionnel, en aidant les enseignants plutôt qu’en les remplaçant.