C’était l’une des décisions les plus attendues de l’année au sein de la Silicon Valley. Le sort de Google se jouait dans un procès qui devait déterminer jusqu’où la justice américaine allait oser aller face à l’un des géants les plus puissants de la tech. Et au final, la firme de Mountain View s’en sort sans casse majeure. Résultat immédiat, son action a bondi de plus de 7 % en Bourse après l’annonce.
Pas de démantèlement
Pour rappel, le juge fédéral Amit Mehta a reconnu en 2024 que Google détenait un monopole illégal dans la recherche en ligne et la publicité associée, restait à savoir quelles mesures correctives allaient s’imposer.
Dans le pire des cas, l’entreprise aurait pu être contrainte de céder des actifs stratégiques comme Chrome ou son système Android. Mais cette hypothèse radicale a été écartée, au grand dam d’entreprises comme OpenAI ou Perplexity qui ont exprimé leur intérêt pour racheter le très populaire navigateur. « Le gouvernement a outrepassé ses demandes », a écrit le magistrat, estimant qu’une telle cession aurait dépassé le cœur du problème.
Pour rendre son verdict, le juge a notamment pris en compte la montée en puissance fulgurante de l’intelligence artificielle (IA), qui rebat déjà les cartes dans le marché marché des moteurs de recherche.

Des obligations inédites pour Google
L’entreprise n’échappe toutefois pas à des sanctions. Google devra désormais partager une partie de ses données de recherche avec ses concurrents, de quoi nourrir des moteurs alternatifs et accélérer le développement de modèles d’IA concurrents. Microsoft, DuckDuckGo, mais aussi OpenAI ou Perplexity pourraient ainsi s’appuyer sur ces données pour renforcer leurs produits.
« Nous avons des préoccupations quant à l’impact de ces obligations sur nos utilisateurs et leur vie privée », a réagi Lee-Anne Mulholland, vice-présidente des affaires réglementaires chez le géant de la tech. À noter également que la société ne pourra plus imposer de contrats d’exclusivité aux fabricants de smartphones et d’ordinateurs.

Apple, grande gagnante
L’autre vainqueur de cette décision est sans conteste Apple. Le juge a confirmé que le groupe de Cupertino pourra continuer de percevoir les quelque 20 milliards de dollars que Google lui verse chaque année pour rester le moteur de recherche par défaut sur iPhone. Une manne colossale pour ses revenus de services, alors que l’entreprise est déjà dans le viseur de multiples régulateurs.
Cette décision de justice ne sera pas sans conséquence. Elle marque une étape cruciale dans le bras de fer engagé depuis plusieurs années entre Washington et les géants de la tech, Meta, Amazon ou encore Apple étant visés par des procédures similaires. L’issue de ce procès montre que si la justice américaine veut corriger les excès de domination, elle le fait avec prudence, et bien moins brutalement que ne le craignaient les investisseurs. Moins d’impunité certes, mais pas de quoi rendre la vie dure aux mastodontes de la Silicon Valley.
Reste à voir si les sanctions imposées à Google dans son autre procès, portant sur la publicité en ligne, ira dans le même sens. Là aussi, le groupe est menacé de démantèlement.
- Google échappe au démantèlement dans son procès antitrust historique aux États-Unis.
- Le juge lui impose toutefois le partage de données et la fin des exclusivités, ouvrant la porte à plus de concurrence.
- Cette décision fait figure d’avertissement prudent à l’ensemble des géants de la tech.
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