Ah Noël ! Son sapin, son festin, ses cadeaux, les enfants qui rient, tonton qui fait des blagues gênantes et… sa grève SNCF. Il y a en effet des traditions dont on se passerait bien. Celle de la grève des cheminots menée durant les fêtes de fin d’année en fait partie.
Dans un courrier envoyé le 9 novembre aux trois autres syndicats de cheminots (CGT Cheminots, Unsa Ferroviaire, CFDT Cheminots), Sud Rail appelle à une “puissante mobilisation” pour les fêtes de fin d’année. En cause, des augmentations de salaires jugées insuffisantes au regard de la situation inflationniste du pays.
4,6% d’augmentation de salaire en moyenne
Sud Rail n’est visiblement pas satisfait des propositions de la direction faites pendant la table ronde sur les salaires du 8 novembre (dans le cadre des négociations annuelles obligatoires). L’accord prévoit une augmentation de “4,6% en moyenne” indique Le Parisien, ainsi qu’une “prime de partage de la valeur” de 400 euros.
Si bon nombre de Français se satisferaient pleinement d’une telle proposition, Sud Rail estime que ce n’est pas assez. “En réalité, c’est 1,8% d’augmentation générale, et ce n’est pas suffisant, peste Julien Troccaz, secrétaire fédéral Sud Rail. Nous courons en permanence derrière l’inflation. Tout augmente, et les cheminots ne s’en sortent pas !”.
Sud Rail souhaite obtenir une augmentation de 400 euros pour “tous les cheminots”, soit “un peu moins de 700 millions d’euros” à verser pour la SNCF. “Quand nous voyons qu’elle réalise 2 milliards d’euros de bénéfices et qu’elle reverse 1 milliard au fonds de concours (qui permet d’entretenir le réseau ferroviaire), cela ne nous semble pas insurmontable” ajoute Julien Troccaz.
Circulez, y a rien à voir
Cette demande des syndicats a peu de chance de trouver une issue favorable. La semaine dernière, Philippe Bru, nouveau DRH du Groupe SNCF, rappelait que les cheminots avaient déjà bénéficié d’une augmentation de 12% sur les deux dernières années et entre “17 et 21% sur trois ans”. C’est plus que l’inflation cumulée sur trois ans qui s’élève à 13%.
Des explications que Didier Mathis, secrétaire général de l’Unsa Ferroviaire, balaie d’un revers de main. Les propos de Philippe Bru sont pour lui “des éléments de langages faux et insupportables qui visent à faire du cheminot bashing”.
Y aura-t-il des trains à Noël ?
Pour les usagers, la question la plus importante est donc de savoir s’il y aura des trains à Noël. De nombreux Français ont d’ores et déjà réservé leurs billets, profitant des tarifs réduits proposés lorsque l’on achète un billet longtemps à l’avance et des offres promotionnelles de la SNCF.
L’année dernière, les fêtes de fin d’année avaient été largement perturbées par la grève des contrôleurs. 200 000 voyageurs s’étaient retrouvés à quai sans pouvoir rejoindre leurs familles. Une situation qui les avait mis en rogne, estimant que les salariés de la SNCF en demandaient toujours plus sans tenir compte des déboires subis par leurs concitoyens.
“Le SNCF bashing, ça fait des années qu’on le supporte, alors un peu plus ou un peu moins, ça ne change rien, balaie un contrôleur. Ce qu’on veut, c’est plus de reconnaissance” avaient alors déclaré les syndicats, faisant fi de toute considération pour les voyageurs.
La fin d’année 2023 sera-t-elle aussi périlleuse que l’année 2022 ? Pour l’instant, aucune date de mobilisation n’a été fixée. Mais Sud Rail se dit prêt à renouveler un mouvement massif.
“Il paraît évident que les grands départs en vacances seront visés par des préavis, si on devait en arriver là” confie un responsable d’un autre syndicat. Même son de cloche chez un troisième syndicat. “Ils ont montré que pour obtenir des choses importantes, il fallait mettre une grosse pression”.
Préparez-vous donc au pire si vous avez prévu de retrouver vos familles en train. Si la direction de la SNCF ne cède pas, fin 2023 ressemblera sans doute à fin 2022. Et joyeux Noël !
Les 3 infos à retenir
- Le syndicat Sud Rail appelle les trois autres syndicats de cheminots à un mouvement de grève massif pour les fêtes de fin d’année
- En cause, une augmentation des salaires insuffisantes
- Les ressources humaines de la SNCF rappelle que les cheminots ont bénéficié d’augmentations de salaires de 17 à 21% sur trois ans alors que l’inflation cumulée s’élève à 13%.
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Apparemment faire du journalisme c’est dur !
Ne retenir que les infos des directions mais pas des syndicats montre un parti pris…
Bref, j’espère que cette grève n’aura pas lieu, mais quoiqu’il en soit les chiffres sont faux et l’information incomplète.
Jamais la SNCF ne pourrait se permettre une augmentation de 17 à 21% de ses employés surtout en moyenne, jamais l’augmentation proposée cette année n’atteint les 4%.
Oublier de dire que l’augmentation de l’an dernier est une réponse de 8 ans sans rien du tout, c’est faire une demi vérité ! Oublier de préciser que certains cheminots ne touchent pas le smic, là aussi c’est mettre des œillères. Pour rappel après 8 ans sans augmentation les fonctionnaires ont été augmenté par décision de l’état, sans aucune revendication, comme quoi c’est possible mais la SNCF a attendu que ses agents fassent grève.