L’application i.Avocat a été lancée au mois de janvier par un entrepreneur lyonnais. Disponible sur IOS et Android, celle-ci se présente comme un substitut d’avocat virtuel, disponible 24/7, fonctionnant grâce à l’intelligence artificielle. L’utilisation de l’IA dans le domaine juridique suscite déjà de nombreux questionnements et reste un sujet de préoccupation majeur pour l’avenir des différents métiers du droit. Si le modèle d’IA Harvey existait déjà comme partenaire pour les professionnels, i.Avocat s’adresse aux particuliers ; les questionnements soulevés diffèrent forcément : confidentialité, éthique et authenticité des services proposés, les sujets à débattre ne manquent pas.
La promesse d’une assistance juridique permanente
L’objectif de l’application est clair comme de l’eau de roche : devenir un véritable avocat de poche virtuel, capable de soutenir ses utilisateurs dans toutes les questions d’ordre juridique qu’ils peuvent se poser.
Le modèle d’IA se cachant derrière i.Avocat a été entraîné grâce à une gigantesque base de données regroupant un demi-siècle de programmes de l’école du barreau et de la magistrature, ainsi que de multiples décisions judiciaires.
Sur la page d’accueil de l’application, on peut y lire : “iAvocat peut analyser vos documents PDF légaux, interpréter le langage juridique et vous fournir des insights pertinents”. Un ensemble de services qui provoque nécessairement des débats plutôt houleux dans le milieu.
Des controverses et des critiques prononcées
Au même titre que remplacer son psychologue par une IA, imaginer un avocat en chair et en os remplacé par un algorithme n’est pas une innovation anodine. Si i.Avocat se dit “prêt à répondre à toutes vos questions juridiques avec précision et fiabilité“, on ne peut s’empêcher d’affirmer qu’elle ne peut remplacer un cerveau humain et un professionnel formé.
Le public visé par l’application est principalement celui qui n’a pas les moyens de s’offrir les services d’un professionnel. BFM Lyon a rapporté qu’une vidéo promotionnelle de l’application mentionnait les prix très accessibles de cette dernière : “là où un avocat mettrait un an, je mets une minute, là où un avocat t’aurait coûté 1.000 euros, je ne coûte que 69 euros”. En effet, i.Avocat est disponible pour un tarif mensuel placé à 9 euros.
BFM TV souligne également un sujet plutôt brûlant : celui de la confidentialité des données. Pour que l’application fonctionne correctement, il sera nécessaire de lui transmettre des documents potentiellement sensibles. Qui nous assure ensuite que ces données ne seront pass utilisés à des fins commerciales ? Des doutes encore plus importants lorsqu’on sait que le siège social de la société est situé à Dubaï.
Le Barreau de Paris n’a pas tardé à réagir et aurait mis en demeure le créateur de l’application en lui sommant de la supprimer. Encore un très bel exemple du potentiel disruptif de l’IA, qui s’évanouit très vite lorsqu’il touche à des secteurs très concernés par les principes éthiques.
- i.Avocat est une application lancée en janvier, se présentant comme un avocat virtuel fonctionnant grâce à l’IA.
- Entraîné à l’aide d’une immense base de données juridiques, ce modèle d’IA se veut être un substitut plus économique aux avocats réels.
- L’application a suscité de nombreux débats concernant l’éthique et la confidentialité, et le Barreau de Paris aurait mis en demeure son propriétaire.
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Pour votre conclusion bien naïve…
– plutôt parce que ça touche un secteur qui reste une caste avec un fort lobbying au même titre que les médecins et les notaires