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Ikea va procéder à deux vagues de baisses de prix, pour 450 références d’articles

Alors que le marché du meuble traverse sa troisième année consécutive de baisse, Ikea remet la main à la poche. Le géant suédois lance une nouvelle campagne de baisses de prix en Europe, avec un focus sur le rayon rangement en France.

Ikea remet le couvert. Après avoir déjà procédé à plusieurs baisses de prix ces dernières années, l’enseigne suédoise annonce une nouvelle baisse des tarifs sur des centaines de références en France. Une stratégie qui vise à contrer l’effondrement du marché du meuble par des ventes en volumes.

En France, la baisse de prix concernera donc 450 références, contre 1 500 en Allemagne, répartie en deux vagues. La catégorie rangement est cette année la priorité commerciale d’Ikea, qui ouvre sa nouvelle année fiscale début septembre, après un exercice précédent centré sur les cuisines.

Les incontournables Besta, Billy et Kallax verront leurs étiquettes reculer de 16 % à 25 % selon les références. La célèbre étagère Billy passe de 49,99 euros à 34,99 euros. De quoi stimuler la créativité des amateurs de “Ikehacks”, tendance consistant à personnaliser des meubles Ikea abordables pour obtenir un rendu premium.

Un effort de 60 millions d’euros

Selon Laurent Tiersen, directeur commercial d’Ikea France, cette campagne représente au total plus de 60 millions d’euros, ce qui en fait le plus gros investissement de l’année pour l’enseigne dans l’Hexagone. « Nous redonnons aux clients les gains de volumes », justifie le dirigeant, qui annonce 6 millions de pièces supplémentaires produites cette année pour le marché français.

Cette nouvelle salve de baisses intervient alors que le secteur reste très fragile. En France, le marché du meuble a atteint 13,6 milliards d’euros en 2025, en repli pour la troisième année d’affilée, plombé par un contexte géoéconomique anxiogène et un marché immobilier toujours en berne. À cela s’ajoutent les inquiétudes liées au blocage du détroit d’Ormuz et à la guerre entre les États-Unis et l’Iran.

Pour Delphine David, analyste chez Xerfi et autrice d’une étude sur le marché du meuble à l’horizon 2030, la reprise n’est pas pour tout de suite. Elle n’anticipe aucun redressement avant 2028 et situe le retour au pic de 15 milliards d’euros atteint dans l’euphorie post-Covid autour de 2030 seulement.

Une concurrence agressive

En plus du contexte macro-économique, Ikea doit répondre à une concurrence de plus en plus agressive. L’enseigne, qui réalise 40 % de ses ventes sur la décoration, se retrouve prise en étau entre plusieurs types d’acteurs : les discounters physiques comme Action, Centrakor ou La Foir’Fouille, les plateformes en ligne à bas coût comme Temu, qui s’est récemment mise à vendre du mobilier de cuisine, ainsi que les acteurs de l’occasion comme Leboncoin ou Vinted.

Cette stratégie de baisse des prix sera-t-elle efficace ? Oui, si l’on en croit les résultats d’Ikea dans la cuisine. L’année dernière, 230 000 unités ont été vendues, un chiffre supérieur aux attentes de l’enseigne, avec des pics à plus de 1 000 cuisines vendues par jour lors d’une opération promotionnelle en mai. Le dernier quadrimestre de l’année, sur lequel Ikea France réalise environ 40 % de son chiffre d’affaires annuel, sera déterminant pour vérifier si le rangement suit la même trajectoire que la cuisine.

  • Ikea investit 1,2 milliard d’euros en Europe pour faire baisser ses prix à partir du 1er septembre.
  • En France, 450 références sont concernées, réparties en deux vagues (septembre puis octobre).
  • L’opération représente 60 millions d’euros, le plus gros investissement de l’année pour Ikea France.

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