C’est une victoire contre l’ultra fast-fashion. Alors que les enseignes comme Shein, Temu et AliExpress gagnent de plus en plus de terrain, malgré les controverses, le Parlement a définitivement adopté une proposition de loi destinée à freiner le développement de l’ultra fast-fashion et à enrayer l’essor de la mode éphémère dans l’Hexagone.
Malus financiers sur les produits, encouragement à la sobriété et à la réparation, interdiction de publicité… De nombreuses mesures vont être mises en place pour endiguer le succès de ces plateformes e-commerce régulièrement pointées du doigt. Mais est-ce que cela sera suffisant ?
Une loi anti-ultra fast-fashion adoptée en France
Il y a quelques mois, Shein ouvrait son premier magasin physique à Paris et plus précisément au sixième étage du BHV de la capitale. Cette annonce avait eu l’effet d’une véritable bombe dans l’industrie du textile. Malgré les nombreuses polémiques, les enseignes d’ultra fast-fashion à l’instar de Shein, Temu ou encore AliExpress continuent de séduire les consommateurs grâce à des catalogues très riches et variés, et des prix vraiment mini.
Alors que l’Union européenne a la volonté d’appliquer une nouvelle taxe concernant les petits colis en provenance de Chine, voilà que le Sénat vient de valider la proposition de loi pour lutter contre l’ultra fast-fashion deux ans et demi après son dépôt. Les grosses plateformes asiatiques comme Shein, Temu et AliExpress sont, évidemment, dans le viseur de ce texte selon Serge Papin, le Ministre du Commerce. Effectivement, ce sont les principaux acteurs de la fast-fashion en inondant le marché avec des produits bas de gamme à prix sacrifiés alors que le secteur du textile représente près de 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Ainsi, les acteurs de l’ultra fast-fashion subiront des pénalités et des malus financiers, qui augmenteront avec le temps. Ce n’est pas tout : la loi les obligera à encourager leurs consommateurs à la sobriété, au réemploi et à la réparation. Mais, surtout, Shein, AliExpress, Temu et compagnie ne pourront plus faire de la publicité à la télévision, sur Internet ni même via des influenceurs. Toutefois, ce dernier point n’est pas forcément conforme avec le droit européen. Le gouvernement français rêve d’activer les principes dérogatoires qui ont permis à la loi Evin de réglementer la publicité pour l’alcool et le tabac, notamment.
De leur côté, les enseignes européennes et françaises comme Zara, Kiabi ou encore H&M passeront entre les mailles du filet. Si la coalition d’associations Stop fast-fashion, regroupant Emmaüs, Max Havelaar ou encore Les Amis de la Terre, regrette une version très amoindrie du texte, c’est un premier pas vers un changement des habitudes de consommation des Français. Reste à voir si cela sera réellement efficace.
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