Connaissez-vous les “PDG boomerang” ? Derrière ce terme assez étrange se cache une expression finalement assez simple à comprendre. Il désigne un dirigeant qui quitte la tête d’une entreprise, puis y revient plus tard pour reprendre son poste de président. Ce retour s’effectue souvent après une période d’absence, avec l’objectif de redresser ou relancer une société. Et justement, ce phénomène n’a jamais été aussi massif au sein des grandes compagnies américaines.
Une tendance en vogue
Comme l’a constaté le Financial Times dans une récente analyse, 22 entreprises du S&P 1500 sont désormais dirigées par des PDG reconduits à ce poste, selon le cabinet de recrutement Spencer Stuart.
Et ce ne sont pas des inconnus, parmi eux, on peut notamment citer Bob Iger chez Disney ou le fondateur de Dell Technologies, Michael Dell, qui effectue actuellement un second mandat à son poste. En son temps, Steve Jobs fit aussi de même après son retour fracassant chez Apple.
Pourquoi un tel engouement pour les comebacks ? Jim Citrin, responsable du département PDG de Spencer Stuart, explique à nos confrères : « Les conseils d’administration sont devenus plus performants et plus systématiques en matière de planification de la succession. La question clé est : quelles sont les options ? Les PDG boomerang ont tendance à être très en vue, c’est donc désormais une option à envisager dans chaque discussion sur la planification de la succession. »
Ces retours à la barre ne sont d’ailleurs pas toujours une réussite. Selon les observations du cabinet Spencer Stuart, les “PDG boomerang” surprerforment de 5,5 % les attentes du marché lors de leur premier mandat, mais sous-performent de 7,4 % lorsqu’ils reprennent les rênes d’une compagnie, d’après les chiffres de 86 PDG analysés depuis 2000.
Si faire appel à un taulier, qui est parfois aussi le fondateur d’une entreprise, peut s’avérer salutaire, cela n’exonère pas l’heureux élu de préparer sa succession, car nul n’est éternel. Il faut enfin savoir que faire appel à un “PDG boomerang” peut parfois être mal vu des marchés.
Jun Frank, responsable du conseil en gouvernance et en rémunération chez ISS-Corporate, conclut à cet égard : « Demander à quelqu’un de revenir n’est pas un signe de mauvaise gouvernance en soi, mais cela met en évidence les défis auxquels l’entreprise est confrontée et peut indiquer des difficultés potentielles au niveau du conseil d’administration ».
Ce qu’il faut retenir :
- Les “PDG boomerang” reviennent diriger leur ancienne entreprise. Il s’agit d’une tendance croissante parmi les grandes sociétés américaines
- Des exemples comme Bob Iger chez Disney ou Michael Dell montrent que leur retour vise souvent à relancer ou assurer une continuité stratégique
- Cependant, leurs seconds mandats ont souvent des performances inférieures aux premiers, et ces comebacks peuvent susciter des doutes sur la gestion de la succession
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