L’été 2026 est marqué par une vague d’incendies particulièrement violente sur le territoire français. Si la Gironde concentre les brasiers les plus spectaculaires avec des dizaines de milliers d’hectares ravagés, d’autres fronts mobilisent massivement les pompiers, notamment dans les Landes, en Dordogne ou sur l’arc méditerranéen.
Et pour faire face à la multiplication des départs de feux, la Sécurité civile déploie l’ensemble de sa flotte aérienne. D’un côté, les Canadairs effectuent des écopages rapides sur les plans d’eau pour larguer de l’eau directement au cœur des flammes. De l’autre, des appareils comme le Dash 8 ou l’A400M de l’armée déversent d’impressionnantes traînées d’un liquide rouge vif.
Congratulations to the @Armee_de_lair and Sécurité Civile @SecCivileFrance for the first successful #A400M deployment to fight the wildfires in South West of France.
On July 25, a FFrench Air & Space Force A400M has been equipped with a Roll-on/Roll-off (RO-RO) firefighting… pic.twitter.com/ArWdhwUzeR
— Airbus Defence (@AirbusDefence) July 26, 2026
Empêcher les flammes de se propager
Il s’agit d’un produit retardant déposé stratégiquement en amont du brasier pour couper la route aux incendies ; il ne permet pas d’éteindre les flammes, mais d’empêcher leur propagation. Sa formule chimique est conçue pour être stockée sous forme de poudre ou de concentré, puis mélangée à de l’eau juste avant le décollage de l’avion. Il se compose à 80 % d’eau, puis de sels minéraux, le plus souvent du phosphate ou du sulfate d’ammonium. Ces molécules, extrêmement proches de certains engrais agricoles, constituent l’agent actif destiné à stopper la combustion de la végétation.
Sa couleur est purement pratique. Elle provient d’un pigment naturel à base d’oxyde de fer ou d’argile ajouté à la préparation. Cet additif offre un repère visuel essentiel aux pilotes depuis leur cockpit : il permet de repérer précisément où la barrière a déjà été posée afin d’éviter les oublis ou les doublons lors des passages successifs.
Le produit contient enfin des agents épaississants pour aider le mélange à bien adhérer aux feuilles et aux branches, ainsi que des anticorrosifs pour préserver les réservoirs métalliques des bombardiers d’eau.

Comment ça marche
Exposé à la chaleur, le phosphate d’ammonium se décompose et modifie la structure de la végétation : la cellulose du bois est transformée en charbon ignifugé, empêchant la formation de gaz inflammables. Alors que le bois nu s’enflamme dès 250 degrés Celsius, les végétaux recouverts de ce produit résistent jusqu’à près de 700 degrés Celsius. Même une fois l’eau du mélange évaporée par la chaleur ambiante, la barrière chimique conserve toute ses propriétés isolantes tant qu’il ne pleut pas.
Malheureusement, le retardant présente une toxicité avérée pour les milieux aquatiques en raison de sa forte concentration en ammoniac, susceptible de provoquer la mort des poissons et d’altérer les cours d’eau. Pour cette raison, les règles de la Sécurité civile interdisent strictement aux pilotes de larguer ce produit à proximité directe des fleuves, des lacs et des zones humides protégées.
- Largué en amont des flammes par des avions comme le Dash 8, un produit à base de phosphate d’ammonium bloque la combustion de la végétation jusqu’à 700 degrés Celsius.
- Sa couleur rouge vive provient d’un pigment à l’oxyde de fer qui permet aux pilotes d’identifier précisément les zones déjà traitées depuis le ciel.
- Si ce liquide agit comme un fertilisant sur les sols, sa toxicité pour la faune aquatique interdit tout largage à proximité des cours d’eau et des lacs.
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