C’est un pas de géant outre-Atlantique pour le fleuron français du calcul quantique. Dès ce vendredi 28 août, Pasqal fait ses débuts sur le Nasdaq, la célèbre Bourse américaine dédiée aux géants de la tech. Ses actions s’y échangent désormais sous le symbole PSQL.
Pour concrétiser son arrivée sur les marchés financiers, l’entreprise a choisi la voie du SPAC en fusionnant avec la société spécialisée Bleichroeder Acquisition Corp. II. Ce type d’opération qui consiste à lier une jeune pousse prometteuse avec une firme déjà cotée en Bourse, offre un raccourci plus rapide et moins lourd à gérer qu’une introduction en Bourse (IPO) traditionnelle, comme celle de SpaceX au mois de juin.
Pasqal vient ainsi de mettre la main sur un beau pactole de 360 millions de dollars, de quoi la propulser, à terme, au rang d’acteur incontournable sur la scène internationale.
C’est quoi, l’informatique quantique ?
Tandis que les ordinateurs classiques traitent l’information avec des 0 ou des 1, l’informatique quantique exploite les lois physiques de l’infiniment petit. Elle utilise des qubits, capables d’exister dans une infinité d’états simultanés. Le résultat : une capacité à résoudre des problèmes d’une complexité vertigineuse en quelques minutes, contre des milliers d’années pour un supercalculateur traditionnel. À terme, elle pourrait révolutionner de nombreux domaines.
Mais qui est Pasqal ?
Née en 2019 dans les laboratoires de l’Institut d’Optique, la startup francilienne a été cofondée par Alain Aspect, lauréat du prix Nobel de physique 2022. En quelques années, elle s’est imposée comme un joyau européen du calcul quantique.
Alors que les géants américains comme IBM ou Google misent sur des circuits supraconducteurs très lourds à refroidir proches du zéro absolu, l’entreprise tricolore privilégie les atomes neutres pour bâtir ses puces. Elle les manipule à l’aide de paires de lasers, une méthode qui lui offre une flexibilité inédite, facilite la montée en puissance du nombre de qubits et consomme beaucoup moins d’énergie, fait valoir l’entreprise.
Pasqal compte 7 ordinateurs quantiques déployés à travers le monde, et séduit déjà des poids lourds comme le Crédit Agricole, LG Electronics ou Saudi Aramco.

Un trésor de guerre
Elle compte désormais investir massivement pour augmenter la production de ses unités de traitement quantique (QPU) et étendre son réseau commercial en Amérique du Nord, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. De même, ce nouvel apport financier doit lui permettre de pousser ses recherches pour concevoir des machines capables de corriger leurs propres anomalies en temps réel.
Car aujourd’hui, les puces quantiques sont très sensibles aux interférences environnementales, ce qui peut générer des erreurs de calcul. « Nous avons installé des systèmes quantiques dans des environnements d’exploitation réels, connecté nos processeurs aux infrastructures informatiques déjà utilisées par nos clients et établi une feuille de route reposant sur une plateforme matérielle unique. Celle-ci offre aujourd’hui un calcul quantique analogique de pointe et est conçue pour permettre, à terme, un calcul quantique tolérant aux fautes de premier plan », étaye Wasiq Bokhari, directeur général de Pasqal. La feuille de route est tracée.
- Le champion français du quantique Pasqal rejoint le Nasdaq sous le symbole PSQL via une fusion SPAC.
- Les fonds récoltés vont financer la production de ses ordinateurs et accélérer son déploiement international.
- La firme utilise des atomes neutres piégés par laser, une méthode plus flexible et moins gourmande que celle de ses concurrents américains.
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