Passer au contenu

En France, les retraités résistent mieux à l’inflation que les actifs. Voici pourquoi

Les inégalités continuent de se creuser, selon l’Insee.

En France, les retraités résistent mieux à la pauvreté que les actifs. C’est l’un des enseignements majeurs de la dernière étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) sur les niveaux de vie et la pauvreté en 2023.

Le taux de pauvreté atteint son plus haut niveau depuis 1996

Durant cette période, le niveau de vie annuel médian en France métropolitaine a atteint 25 760 euros par unité de consommation, soit environ 2 150 euros par mois pour une personne seule. Cela représente une hausse de 0,9 % en euros constants, autrement dit en tenant compte de l’inflation, qui s’est élevée à 4,9 % sur l’année.

Cette progression modérée s’explique principalement par une conjoncture favorable à l’emploi salarié et une hausse des revenus financiers. Mais derrière cette moyenne se cache surtout une réalité plus sombre : les inégalités se creusent. Le taux de pauvreté est ainsi grimpé à 15,4 %, son niveau le plus élevé depuis 1996, avec 9,8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté fixé à 1 288 euros mensuels.

Une dégradation qui s’explique notamment par la fin des aides exceptionnelles versées en 2022 et le recul des revenus d’activité des ménages modestes, particulièrement ceux des indépendants et des bénéficiaires de temps partiels très courts.

Auto Entrepreneur Chomage
© Hananeko_Studio / Shutterstock.com

Les chômeurs et les familles monoparentales très exposés

Si le niveau de vie médian a progressé en 2023, tous les groupes sociaux n’ont pas été logés à la même enseigne. Les retraités s’en sortent mieux dans un contexte de dégradation générale : leur niveau de vie a augmenté de 1,2 % en euros constants, une progression supérieure à celle de l’ensemble de la population. Ils ont notamment profité de la hausse des retraites complémentaires et des revenus du patrimoine. Leur taux de pauvreté est resté stable, à 11,1 %, et n’a augmenté que de 0,3 point, contre +0,9 point pour l’ensemble de la population.

À l’inverse, les actifs ont vu leur situation se dégrader malgré un niveau de vie plus élevé. Chez les salariés, le taux de pauvreté est passé de 6,1 % à 6,6 % en raison d’une inflation plus forte que l’évolution des salaires. Les indépendants, eux, sont particulièrement exposés : leur taux de pauvreté a atteint 19,2 %, en hausse notable. Quant aux chômeurs, un tiers, soit 36,1 %, vit toujours sous le seuil de pauvreté.

Les familles monoparentales sont, elles aussi, très exposées à la pauvreté. En 2023, plus d’un tiers d’entre elles (34,3 %) vivait sous le seuil de pauvreté, un taux en forte hausse par rapport à 2022 (+2,9 points). La fin des aides exceptionnelles, comme la prime de rentrée, a pesé lourd, tout comme la revalorisation insuffisante des allocations logement. Cette précarisation se répercute sur les enfants : près de 22 % des moins de 18 ans sont désormais pauvres.

  • En 2023, les retraités ont mieux résisté à la hausse de la pauvreté que les actifs, grâce à la progression de leurs pensions complémentaires et de leurs revenus financiers.
  • Le niveau de vie médian a certes légèrement augmenté en France, mais les inégalités se sont creusées, avec un taux de pauvreté atteignant un record de 15,4 %.
  • Les actifs les plus précaires, indépendants, chômeurs, familles monoparentales, ont vu leur situation se dégrader fortement, sous l’effet de l’inflation et de la fin des aides exceptionnelles.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech