Les troubles du sommeil affectent une grande part de la population. En effet, selon les données de l’Inserm, « 15 à 20 % de la population est atteinte d’insomnie, selon les études. Et 9 % des personnes concernées souffriraient d’une forme sévère avec un impact important sur la vie quotidienne ». Anxiété, dépression, maladies chroniques somatiques, prédispositions génétiques, omniprésence des écrans bleus, les facteurs qui la provoquent sont nombreux.
Plusieurs méthodes pour amenuiser les effets de l’insomnie existent, plus ou moins efficaces, mais nous allons ici traiter d’une technique développée par un certain Luc Beaudouin. Ce dernier propose une approche contre-intuitive de l’endormissement basée sur la stimulation contrôlée des processus cognitifs : le « shuffle cognitif » que l’on pourrait traduire par « remaniement mental ».
Une déconnexion mentale progressive pour mieux dormir
Cette méthode s’articule autour d’un protocole précis, mais peu complexe. La première étape consiste à sélectionner une lettre de l’alphabet, par exemple « P ». Il faudra choisir ensuite un mot d’au moins cinq lettres commençant par cette lettre – prenons « prisme ». L’essence du shuffle réside dans la déconstruction du terme sélectionné : pour chaque lettre du mot initial, l’esprit doit générer une nouvelle association lexicale. Ainsi, « prisme » pourrait engendrer « pendule », « roseau », « instant », « silence », « mélodie » et « eau », par exemple.
La visualisation mentale de chaque mot créée alors une cascade d’images mentales sans cohérence narrative spécifique.
Les fondements neurobiologiques du processus
L’efficacité de cette technique repose sur sa capacité à exploiter les mécanismes neurobiologiques de l’attention. En contraignant le cerveau à effectuer des associations lexicales aléatoires, le shuffle cognitif crée une forme de « bruit blanc mental » qui inhibe progressivement l’activité des zones cérébrales impliquées dans la réflexion analytique et l’anxiété (cortex préfrontal et amygdale). Ces cognitions alternatives détourneront l’attention des stimuli anxiogènes, induisant une réponse de relaxation physiologique et favorisant l’endormissement.
Beaudouin explique que cette méthode fournit au cerveau une quantité optimale de stimuli, suffisante pour maintenir une activité cognitive légère, mais insuffisante pour déclencher les mécanismes qui maintiennent l’état de veille. Toutefois, dans son étude de 2014, Beaudoin reconnaît que son modèle théorique en est encore au stade préliminaire et appelle à des recherches empiriques approfondies pour valider ces hypothèses.
- Le shuffle consiste à générer des associations mentales aléatoires en décomposant un mot pour imaginer successivement des termes sans lien narratif.
- En créant un « bruit blanc mental », le shuffle désactive graduellement les zones responsables de l’anxiété et de la réflexion analytique, privilégiant ainsi la relaxation.
- Bien que prometteuse, cette technique reste à confirmer par des études empiriques pour valider pleinement son efficacité.
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