Mieux connaître notre planète, voilà en quelques mots comment on peut résumer la mission CO3D du CNES qui décollera ce soir depuis le centre spatial européen de Kourou en Guyane à bord d’une fusée Vega-C. Pensés pour cartographier la Terre depuis l’espace, ils survoleront notre planète couvrant toutes les terres émergées comprises entre les latitudes -60° et +70°.
Le CNES et Airbus, qui ont collaboré sur cette mission, assurent que ces satellites pourront produire des images en 3D avec un niveau de précision de l’ordre du mètre. Un grand château de sable réalisé pendant vos vacances devrait donc être visible depuis l’espace !
Inspirés de l’œil humain
Pour arriver à une telle prouesse, les scientifiques ont utilisé un procédé bien connu, appelé la parallaxe. Vous pouvez en faire l’expérience chez vous, en quelques secondes. Il suffit de fixer un point, fermer un œil, puis l’autre. Magie, vous avez l’impression que ce point a bougée.
Dans les faits le corps humain est fait pour observer les objets avec ses deux yeux. Si vous bloquez une partie de votre vision, vous la déformez. C’est exactement la même chose avec les satellites CO3D. Ils fonctionnent par paires, et n’observent que d’une façon incomplète notre environnement.
En complétant les deux images, les scientifiques arrivent à avoir un rendu net, et avec un niveau de détail encore jamais atteint. Une vraie prouesse, directement inspirée de nos capacités naturelles et du cycle de l’évolution.
Deux satellites, pour une image
Concrètement, les satellites vont fonctionner par paire. Ils seront distants l’un de l’autre de 100 kilomètres, mais fixeront le même point. Pour Laurent Lebegue, responsable de cette mission pour le compte du CNES, CO3D est une vraie démonstration du savoir-faire français.
Avec des satellites travaillant ensemble, en simultané, il sera possible de figer des éléments mobiles comme des véhicules, des vagues ou même un panache de fumée. « C’est une capacité encore jamais réalisée par des missions spatiales. »
Des satellites « low-cost » ?
Ce n’est un secret pour personne, la France tente par tous les moyens de faire des économies. Le monde du spatial est victime, lui aussi, de cette baisse des subventions. Alors il faut réfléchir, innover, et trouver des solutions pour avancer, avec moins d’argent.
Avec les satellites CO3D, la France intègre des composants venant du commerce grand public. Une procédure en rupture totale avec les besoins classiques du monde spatial. D’après le CNES c’est une solution beaucoup moins onéreuse, mais qui permet d’atteindre les mêmes niveaux de qualité dans le rendu final.
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