Intelligence artificielle cherche ingénieurs spécialisés

Selon un rapport de Tencent, il y a pénurie d’ingénieurs spécialisés en intelligence artificielle alors que les besoins sont énormes.

IA

Selon une étude compilée par le Tencent Research Institute et rapportée par The Verge, il n’ y a que 300 000 « chercheurs et praticiens de l’IA » dans le monde, alors que la demande du marché se situerait à des millions de profils.

Si l’étude du géant chinois Tencent n’offre pas beaucoup de détails sur la façon dont ces chiffres ont été calculés (peut-être par une IA ?), il se pourrait bien qu’ils soient révélateurs d’une véritable tendance. Partout dans le monde, les géants de la technologie se plaignent régulièrement de la difficulté d’embaucher des ingénieurs spécialisés en intelligence artificielle, et la pression de la demande a déjà fait flamber les salaires. Selon le New York Times, les profils qui n’ont que quelques années d’expérience peuvent déjà prétendre à un salaire variant entre 300 000 $ et 500 000 $ par an (incluant des avantages complémentaires comme des stock options), alors que les meilleurs peuvent accéder à des rémunérations qui se compteraient en millions ! Selon Element AI, un laboratoire indépendant de Montréal spécialisé dans l’IA, il n’ y avait que 10 000 personnes dans le monde possédant les compétences requises pour mener à bien de nouveaux projets d’IA. Il faut dire que résoudre des problèmes avec l’intelligence artificielle représente un autre défi que développer une application pour smartphone (même si l’une est parfois dans l’autre).

Un problème de formation ?

Le nouveau « 2017 Global AI Talent White Paper » (PDF en chinois) de Tencent suggère que le la pénurie se situerait déjà en amont, au stade de la formation. Selon ce rapport, 200 000 des 300 000 chercheurs actifs travaillent déjà dans diverses industries (et pas seulement dans le domaine de la technologie), tandis que les 100 000 autres étudient encore. Ces dernières années, la fréquentation des cours consacrés au Machine Learning et à l’IA a grimpé en flèche, de même que l’inscription aux cours en ligne, ce qui n’évite pas un décalage entre la demande de talents et le moment où ceux-ci terminent leurs études. En outre, alors que le secteur de la high-tech est largement préempté par des entreprises américaines, de nombreux experts s’alarment du fait que les États-Unis sont à la traîne par rapport à des rivaux comme la Chine dans la course mondiale à l’IA.

Le rapport lui-même identifie les États-Unis, la Chine, le Japon et le Royaume-Uni comme des acteurs clés, Israël et le Canada méritant également d’être mentionnés. Le Canada, dit-il, possède une solide formation (qui a attiré de nombreuses grandes entreprises pour y ouvrir des laboratoires de recherche), tandis que le Royaume-Uni est le meilleur vivier de profils en ce qui concerne les aspects éthiques et juridiques de l’IA, alors que le Japon quant à lui prend les devants dans le domaine de la robotique.

Il n’en demeure pas moins que les États-Unis mènent quand même encore la danse en matière d’intelligence artificielle, et qu’ils seraient même actuellement « loin devant » en termes de profils de haut niveau, avec davantage d’universités qui enseignent le Machine Learning et les matières connexes, et également le nombre de startups le plus important dans ce secteur. (Le rapport estime que l’Amérique abrite plus de 1 000 personnes sur un total de 2 600 dans le monde, tandis que la Chine en compte près de 600. Et ce sans perdre de vue que l’ambition politique déclarée du gouvernement chinois de devenir un leader mondial de l’IA d’ici 2030.


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