C’est un énorme coup de filet qui vient d’être porté contre le piratage en Belgique. DAZN et 12th Player, tous deux diffuseurs du championnat de football professionnel dans le plat pays, ont obtenu une décision judiciaire favorable qui leur a permis de mener une opération spectaculaire. Faisons le point.
Une centaine de sites bloqués
Comme le rapporte le journal L’Écho, le week-end dernier, une centaine de sites de streaming et cinq plateformes IPTV ont été bloqués avant le début des matchs. D’après l’ordonnance du tribunal belge prononcée fin mars et consultée par nos confrères, VOO, Orange Belgium, Proximus, Telenet, Digi, Cloudfare, Google et Cisco n’ont eu d’autre choix que de « mettre en œuvre, à leurs propres frais, des mesures de “DNS blocking” empêchant l’accès en Belgique aux sites cibles ».
La justice estime en effet que ces portails sont « structurellement contrefaisants et n’hébergent aucun contenu licite ». Ce qui est particulièrement novateur dans cette initiative c’est qu’il s’agit d’un blocage dynamique. En clair, les sites miroirs qui sont souvent utilisés par les pirates pour contourner les blocages ont également été mis hors d’état de nuire.
La nouvelle tombe à pic pour DAZN et les diffuseurs belges, d’autant que d’après eux, le piratage des droits télé pèse pour 50 % de l’ensemble des connexions aux sites internet proposant du contenu piraté. La plateforme britannique s’est d’ailleurs félicitée :
En tant que détenteur des droits du football belge, nous endossons, depuis plus d’un an, le rôle de pionnier dans la lutte contre le piratage. L’action en référé déposée fin mars auprès du tribunal de l’entreprise francophone de Bruxelles démontre ainsi la volonté de DAZN défendre ses droits de propriété intellectuelle et la valeur de son contenu auprès de ses abonnés.
Le piratage préoccupe aussi en France
À noter que DAZN est également très préoccupé par le piratage et l’utilisation d’IPTV en France, qui l’empêche pour l’heure de rentabiliser la diffusion de la Ligue 1. Un souci qui a clairement envenimé ses relations avec la Ligue de Football professionnel, ce qui fait craindre un divorce entre ces deux entités.
Deux sénateurs ont d’ailleurs pris le sujet à bras le corps dans une proposition de loi. Ils demandent notamment à ce qui les revendeurs d’IPTV s’exposent à une peine de 300 000 euros d’amende et de trois ans d’emprisonnement.
De même, ils souhaitent aussi renforcer les pouvoirs de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) via le déploiement d’un système automatisé qui améliorerait sa réactivité en cas de violation des droits. Il semble donc être question d’un “Piracy Shield” qui a connu plusieurs ratés en Italie.
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