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75 millions de $ pour Isar Aerospace, l’Europe aussi a son New Space

La jeune entreprise allemande dispose de 180 millions de dollars pour developper son lanceur léger Spectrum.

L’Amérique a peut-être SpaceX ou Blue Origin, mais l’Europe n’est pas en reste. Avec des jeunes entreprises, bien moins connues que leurs consoeurs outre Atlantique, le vieux continent veut lui aussi se faire une place dans le monde du New Space. À ce titre, l’un des meilleurs exemples européens est sûrement Isar Aerospace, la jeune entreprise de lanceurs légers venue d’Allemagne vient d’ailleurs de boucler une deuxième levée de fonds, qui a permis à la société de récupérer près de 75 millions de dollars. Une somme suffisante pour continuer le développement de Spectrum, le lanceur léger de la firme jusqu’à son premier vol. Ce tour de table avait été entamé en décembre dernier par l’entreprise qui avait déjà récolté plus de 100 millions de dollars lors d’une première recherche d’investisseurs.

Parmi les entreprises qui ont cru au projet d’Isar Aerospace, plusieurs grands noms de l’industrie germanique se bousculent, le constructeur automobile Porsche mais aussi HV Capital ou le groupe bancaire Lombard Odier.

“Maintenant, nous voulons étendre nos capacités de lancement, nos capacités de fabrication et de production”, a déclaré Stella Guillen, directrice commerciale d’Isar, dans une interview. Ce nouveau financement devrait permettre à Isar de travailler sur la réutilisabilité de ses lanceurs, un point clé dans le développement d’une entreprise spatiale. Avec près de 180 employés, Isar Aerospace est aujourd’hui le projet spatial privé européen le plus prometteur.

Spectrum : le lanceur léger européen qu’il fallait ?

Le développement de Spectrum intéresse beaucoup de monde en Europe et les retombées de son avancée pourraient être exponentielles pour Isar qui ne souffre de (presque) aucune concurrence sur le vieux continent. En effet si l’ÉSA, l’agence spatiale européenne travaille bien sur un lanceur léger public, Véga, ce dernier souffre de nombreux problèmes et est pour le moment plus un gouffre financier qu’une réussite technologique pour l’agence spatiale. Les déboires du lanceur italien (Véga est construite près de Milan) pourraient donc être bénéfiques à Isar, qui bien que privé, semble être la solution idéale pour continuer de lancer des satellites en orbite depuis l’Europe.

Techniquement, Spectrum est un lanceur léger des plus classiques. Il est composé de deux étages et peut placer une tonne en orbite terrestre basse. Il utilise des moteurs Aquila, eux aussi sortis de l’usine d’Isar, ce qui lui donne une indépendance rare dans le monde de l’aérospatial.

Les tests de ces moteurs devraient d’ailleurs bientôt commencer. Un banc d’essai en Suède attend les engins, qui pourraient être mis à contribution avant la fin de l’été. L’entreprise allemande devrait ensuite restée en Scandinavie, Isar travaillant en effet sur la construction d’un pas de tir en Norvège.

La société avait déjà passé un accord en avril dernier avec Andøya Space pour l’utilisation exclusive d’une plateforme sur le site de lancement norvégien. Un positionnement stratégique pour Isar, très loin de l’autre base européenne de Kourou, qui lance elle sur des orbites proche de l’équateur. Un départ depuis la Norvège pourrait ainsi permettre d’avoir des orbites bien différentes, une nouvelle façon de se démarquer pour Isar Aerospace, dans ce marché très concurrentiel.

Premier lancement en 2022

Concernant le calendrier de la jeune société, un premier lancement est attendu depuis Andøya à la fin de l’année prochaine. En 2023, Isar espère pouvoir lancer 3 à 4 fois avant de trouver son rythme de croisière, avec près d’un tir tous les mois. Pour remplir les fusées Spectrum de charge utile au cours de ces premières missions, la jeune entreprise peut compter sur plusieurs clients comme Airbus Defence and Space ainsi que de l’agence spatiale allemande DLR.

Cette dernière avait mis en place un concours entre trois entreprises allemandes pour remporter le contrat, finalement Isar a devancé Rocket Factory Augsburg et HyImpulse Technologies.

La DLR, et dans une autre mesure l’ÉSA sont des soutiens de poids pour Isar qui a annoncé travailler “main dans la main” avec les deux agences. Fort de nombreux contrats, la jeune entreprise germanique ne veut pas se limiter au vieux continent pour aller chercher des nouveaux clients. “De toute évidence, l’Europe est un grand marché pour nous, mais nous voyons également le potentiel de croissance en Asie et aux États-Unis”, a déclaré Gullien.

La directrice commerciale de l’entreprise est très confiante quant à l’avenir de cette dernière, elle qui pense que l’espace va devenir une économie de mille milliards de dollars d’ici 2040“. 

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