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Israël-Palestine : pourquoi l’UE menace YouTube

Le commissaire européen, Thierry Breton, a transmis un courrier à Sundar Pichai, le PDG d’Alphabet (Google).

C’est un message on ne peut plus clair qu’a transmis, Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, dans un courrier adressé à Sundar Pichai, PDG d’Alphabet, la maison-mère de YouTube.

https://twitter.com/ThierryBreton/status/1712866215591379259

Le dirigeant explique en effet : “À la suite des attaques terroristes menées par le Hamas contre Israël, nous constatons une recrudescence des contenus illégaux et de la désinformation diffusés dans l’UE par le biais de certaines plateformes“.

Des risques de sanctions sévères

YouTube est concerné par ce constat, et en conséquence, Thierry Breton lui demande de prendre des “mesures d’atténuation proportionnées et efficaces” pour lutter contre ces dérives.

Ce texte est à prendre au sérieux. En effet, les grandes plateformes comme YouTube ont des obligations très strictes de modération en vertu du Digital Services Act (DSA) récemment adopté en Europe. Sans quoi, elles s’exposent une amende équivalente à 6% du chiffre d’affaires mondial de Twitter, en plus de 5% des revenus générés par jour de non mise en conformité. La sanction ultime étant une mesure de blocage mettant de facto le site et l’application hors ligne en Europe.

Le commissaire européen se montre par ailleurs inquiet pour les prochains scrutins, notamment suite aux récents progrès enregistrés dans le domaine de l’intelligence artificielle : “Je vous invite à informer mon équipe des détails des mesures que vous avez prises pour atténuer tout deepfake, notamment à la lumière des élections à venir en Pologne, aux Pays-Bas, en Lituanie, en Belgique, en Croatie, en Roumanie et en Autriche, ainsi que des élections au Parlement européen”.

Mis en cause, YouTube n’a pas manqué de réagir par le biais d’une porte-parole. Ivy Choi a ainsi expliqué à nos confrères de The Verge :

À la suite des attaques dévastatrices en Israël et de l’escalade du conflit en cours en Israël et à Gaza, nous avons supprimé des dizaines de milliers de vidéos nuisibles et mis fin à des centaines de chaînes. Dans le même temps, nos systèmes continuent d’offrir aux internautes des nouvelles et des informations de grande qualité.

Elle ajoute : “Nos équipes travaillent 24 heures sur 24 pour surveiller les séquences préjudiciables et restent vigilantes afin de prendre rapidement des mesures si nécessaire pour tous les types de contenu, y compris les courts métrages et les livestreams”.

Dans la foulée des événements survenus au Proche-Orient, Thierry Breton a également écrit à Mark Zuckerberg, PDG de Meta, à Shou Zi Chew, PDG de TikTok, et à Elon Musk, propriétaire de X. Prétendant ne pas comprendre, l’entrepreneur s’est d’ailleurs demandé ce que l’UE reprochait à sa plateforme. Vous pouvez relire notre article à ce sujet ici.

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Par : Opera
1 commentaire
1 commentaire
  1. J’imagine que nous aurons corrigé de nous-mêmes :
    “En effet, les grandes plateformes comme YouTube ont des obligations très strictes de modération en vertu du Digital Services Act (DSA) récemment adopté en Europe. Sans quoi, elles s’exposent une amende équivalente à 6% du chiffre d’affaires mondial de Twitter” : 6% de leur chiffre d’affaire propre, va sans dire.

    Qu’il s’agisse des grandes plateformes numériques, qu’il s’agisse des gouvernants (en particulier en période crise, à fortiori de conflit), qu’il s’agisse en fait jusqu’au dernier de chacun d’entre nous, il y a les textes de loi, en principe contraignants, et puis il y a ce qui forge les convictions profondes de chacun, et quand la conviction est en désaccord avec les textes on rentre dans une spirale sans fin : les grandes plateformes ne considèrent tout simplement pas que leur responsabilité est engagée dans la nature des commentaires qu’elles diffusent, tout comme un état peut obstinément refuser la création d’un autre qui lui serait voisin et avec lequel il saurait vivre en paix.

    A partir de là, les chiens aboient, la caravane passe. Rien n’est éternel, ni le meilleur mais ni le pire.

Les commentaires sont fermés.