Avant toute chose, il convient de déterminer ce qu’est la ROG Ally X, ou plutôt ce qu’elle n’est pas : en l’occurrence, une nouvelle génération de console portable pour ASUS. En effet, la ROG Ally X est en réalité une révision de sa console originelle, la ROG Ally. Amélioration de l’autonomie, capacité de stockage et mémoire vive plus étendues et une prise en main plus agréable, voilà les promesses de cette nouvelle ASUS ROG Ally X.
Avec cette itération, l’objectif d’ASUS est clair : faire de l’ombre au Steam Deck, qui a su s’imposer avec les années comme la console PC portable la plus avantageuse du marché grâce à son prix concurrentiel et ses belles performances. Pour ce faire, le constructeur met le paquet sur la fiche technique, mais on le sait : il y a parfois une énorme différence entre des performances théoriques et les performances effectives.

Ergonomie, batterie, performances, système d’exploitation, portabilité… On revient ici sur les qualités et défauts principaux de la ROG Ally X, avec en filigrane une question : tout ceci sera-t-il suffisant pour me pousser à mettre mon Steam Deck de côté ?
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La ROG Ally X en a sous le capot
La fiche technique de la ROG Ally X est tout aussi, voire plus impressionnante que celle de la précédente itération. Jugez par vous-mêmes :
- Écran de 1080P, 120 Hz, 7 pouces, LCD
- CPU: AMD Ryzen Z1 Extreme
- GPU: AMD Radeon Graphics
- Mémoire vive : 24Go LPDDR5x
- 1 To de stockage interne SSD
- Wi-Fi 6E et Bluetooth 5.2
- 2 ports USB-C : 1 USB 4 Type-C et 1 USB 3.2 Gen 2 Type-C
- Batterie : 80 W
Le processeur ne change donc pas : c’est toujours le Ryzen Z1 Extreme qui s’occupe d’alimenter la bête. Cependant, il s’accompagne désormais de 24 Go de mémoire vive à 7500 MT/s au lieu des 16 Go à 6400 MT/s de la ROG Ally classique. Autrement dit, dans l’idée, cette amélioration doit offrir une hausse certaine des performances, surtout si elle se retrouve couplée à une ventilation améliorée.

Bonne nouvelle : ASUS y a pensé et a complètement revu l’acheminement d’air dans sa console en augmentant le flux d’air de 24 %, et en promettant une baisse de 6 degrés sur la température des composants. Il faut rappeler que la ROG Ally classique a pu rencontrer de nombreux problèmes de surchauffe, ce qui impactait directement la fréquence du processeur et donc les performances de la console.
Pour cette nouvelle itération, la ROG Ally X double son stockage interne, passant désormais à 1 To. Voilà qui devrait désormais être largement suffisant pour installer une dizaine de jeux triple A dans la console sans avoir à jongler entre les installations.
Notons par ailleurs que le port XG Mobile de la ROG Ally disparaît au profit d’un deuxième port USB-C. La Ally X profite donc de deux ports USB-C, l’un d’eux étant USB-C 4, pour plus de rapidité et de performances. D’autre part, le lecteur de cartes micro-SD a été changé au profit d’une norme UHS-II. Pour les profanes, cette norme signifie que les transferts peuvent désormais passer à 312 mo/s. Cela dit, ce changement impactera peu de joueurs, car peu de cartes microSD accessibles sur le marché proposent de telles performances.

Côté ergonomie, la prise en main est plutôt agréable de prime abord, notamment grâce à une disposition plus pratique des poignées et des sticks et boutons de la console. Sur une longue session de jeu, le phénomène de la main morte commence à se faire sentir, un peu plus rapidement que sur un Steam Deck par exemple, ce qui s’explique principalement par le poids élevé de la console (678 grammes).
L’autonomie, nerf de la guerre
Nous n’avons pas encore mentionné l’autonomie de la batterie. Pourtant, c’était assurément l’un des plus gros défauts de la première ROG Ally. Pour peu que l’on joue à un triple ou à un jeu gourmand, la console ne tenait que très rarement au-dessus de l’heure de jeu en autonomie. Autrement dit, c’était largement insuffisant, surtout lorsque l’on souhaite s’imposer sur le marché de la console portable. Quelle est en effet l’utilité d’une console portable si l’on doit la laisser branchée au secteur en permanence ?
L’une des principales améliorations théoriques de cette ROG Ally X tient donc sur cette augmentation de la capacité de la batterie de 40 W à 80 W. Comme pour le stockage interne, on double le tout, sans pour autant trop souffrir côté poids de la console : en effet, la ROG Ally X pèse 678 grammes, contre les 608 grammes de la précédente itération.

Alors, quand on teste la console, quel est le ressenti sur la batterie ? D’abord, l’amélioration est évidente. Sur une session Elden Ring, il aura fallu environ 2 heures et 15 minutes pour voir la batterie baisser de 100 % à 10 %. Pour Cyberpunk 2077, comptez environ 1 heure et 55 minutes. Autrement dit, le fait d’avoir doublé la capacité de la batterie a également doublé son autonomie réelle en jeu.
Notez que ce test d’autonomie a été effectué avec la luminosité à 80 % et le mode turbo à 25 W. Il est tout à fait possible d’augmenter la capacité de la batterie en baissant un peu plus la luminosité, en utilisant soit le mode performance (17W) ou le mode silencieux (13W). De même, si vous jouez à des jeux moins gourmands (jeux indépendants par exemple), vous devriez vous en tirer pour de nombreuses heures (entre 4 et 6) d’autonomie sans avoir à recharger votre appareil.
L’amélioration de l’autonomie est donc substantielle, et ce faisant, la ROG Ally X corrige le défaut principal de sa grande sœur. Il est désormais possible de la considérer comme une vraie console portable que l’on peut balader partout sans avoir la crainte de ne pouvoir jouer qu’une toute petite heure à un jeu avant d’avoir à la recharger.
Et l’écran, alors ?
Si les performances de la batterie sont à saluer, ASUS a malgré tout loupé une opportunité. Celle de proposer un écran OLED, qui aurait été bien plus agréable à l’œil, comme l’a fait Valve avec le Steam Deck ou Nintendo avec sa Switch. Malheureusement, le choix du constructeur a été assez simple concernant l’écran : on prend les mêmes et on recommence.
On a donc ici à nouveau droit au fameux écran LCD de 7 pouces de la ROG Ally et à ses grosses bordures pas très esthétiques. Celui-ci nous fait instantanément regretter l’écran OLED du Steam Deck ayant des bordures plus discrètes.

En soi, l’écran de la ROG Ally X n’est pas mauvais, il n’est juste pas nécessairement au niveau de ce que l’on pourrait attendre d’un appareil à presque 1000 euros. Son gros avantage réside dans le fait qu’il s’agit d’un écran 1080p, ce qui le rend instantanément plus intéressant que celui du Steam Deck, limité à une définition de 1280 x 800p. Le fait de pouvoir passer à 1920x1080p apporte une clarté non négligeable à l’image, que l’on souhaiterait voir arriver chez la concurrence.
La ROG Ally X assure là où d’autres capotent
Venons-en maintenant aux performances en jeu. Le nerf de la guerre, n’est-ce pas ? D’abord, la première bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de jouer à n’importe quel jeu récent sur cette console, qu’il s’agisse d’un triple A gourmand en performances ou d’un jeu plus confidentiel, nécessitant moins de demandes techniques.
Dans le cadre de ce test, nous avons notamment essayé avec curiosité Dragon’s Dogma 2, ce dernier n’étant pas compatible avec le Steam Deck (sur lequel il tournait à moins de 15 FPS constants avec tous les paramètres en low). Sur l’ASUS ROG Ally X, aucun problème de taille. En jouant un peu avec les paramètres, le jeu tourne à 30 FPS avec une résolution en 1920×1080, le tout en profitant d’une image flatteuse.

Sur Elden Ring, la console portable d’ASUS montre son plein potentiel, en tournant à 45-50 FPS constants avec tous les paramètres en high et la même résolution. Idem pour le gourmand Death Stranding, qui s’offre même le luxe d’atteindre les 60 FPS sans problème.
Il est possible de bloquer les FPS de la ROG Ally X jusqu’à 120, notamment pour ne pas utiliser inutilement plus de puissance sur des jeux qui en requiert peu. Mais soyons clairs : les chances que vous atteignez un tel framerate sur un triple A sans faire de concessions majeures côté graphismes sont minimes. En revanche, la promesse des 60 FPS ou avoisinant sur de nombreux jeux à gros calibre est parfaitement respectée, ce qui en fait à cet aspect un concurrent majeur face au Steam Deck, incapable d’atteindre de telles performances avec sa puce vieillissante.
Autre grosse qualité unique à la console d’ASUS par rapport à celle de Valve, le catalogue de la Ally X est beaucoup plus étendu. On peut certes jouer aux jeux Steam, mais pas seulement : Game Pass, GoG, Epic Games, Origin, toutes ces plateformes sont aisément accessibles depuis la console, pas limitée par un système d’exploitation restrictif dans les choix natifs offerts (on te regarde, SteamOS).

La ROG Ally X dispose aussi d’un autre avantage sur le Steam Deck, avec le format 16/9 de son écran . Autrement dit, contrairement au 16/10 un peu bizarre du Steam Deck qui souffre d’une compatibilité limitée de sur de nombreux jeux, la ROG Ally X promet un remplissage complet de l’écran à chaque lancement d’une nouvelle partie, ce quel que soit le jeu.
Et puis, il y a l’émulation. La première ROG Ally s’était distinguée comme une force à ne pas sous-estimer dans le domaine, capable de faire tourner parfaitement des émulateurs un peu capricieux comme Xenia et Xqemu (pour la Xbox 360) ou RPCS3 (pour la PS3). Cette nouvelle itération de la ROG Ally ne déroge pas aux exploits de sa grande sœur, et parvient à offrir de vraies belles performances pour l’émulation. Voilà qui la rend à cet aspect plus attractive qu’un Steam Deck, une fois de plus limité dans ses capacités.

Mais voilà, malgré ses performances en jeu particulièrement impressionnantes, la ROG Ally X a un défaut de taille, qui ne manquera pas de causer des frustrations et problèmes pour nombre d’utilisateurs : Windows.
Windows, ton univers impitoyable
Le principal problème de l’Asus ROG Ally X est le même que celui de la précédente itération. Et d’ailleurs, cela vaut pour toutes les consoles portables qui font l’affreux choix de proposer Windows en système d’exploitation. Qu’on se le dise, Windows est très loin d’être à la page lorsqu’il s’agit de proposer un OS de qualité pour une console portable.
Sur la période de test du produit, l’inconvenance liée à l’installation inopinée d’une mise à jour s’est faite régulière. Au point de parfois donner l’irrépressible envie de lâcher la console pour en prendre une autre, qui elle lancera le jeu instantanément sans poser de questions, sans prérequis superfétatoire préalable. Devoir patienter 5 voire 10 minutes avant de lancer un jeu, voilà qui tue instantanément toute envie de se plonger dedans.
Soyons honnêtes : la qualité même d’une console portable réside dans son immédiateté. On la prend, on l’allume, et l’on tombe directement sur le jeu que l’on a choisi. En tout et pour tout, on ne devrait pas avoir à patienter plus de 30 secondes avant de voir le jeu apparaître à l’écran. Or, avec la ROG Ally X et Windows, c’est un peu la roulette russe à chaque nouveau démarrage. Parfois, le jeu se lance immédiatement. Parfois, il faut effectuer 4 ou 5 tâches à l’écran et patienter 5 à 6 minutes pour y parvenir.

Et puis, il y a ce fichu bouton d’alimentation. Là encore, c’est la foire aux imprévisions. Le but d’un tel bouton devrait être de permettre à l’utilisateur de mettre en veille la console, même s’il est en pleine partie, pour ensuite pouvoir la reprendre au même endroit. Autant dire que deux fois sur trois, le fait d’appuyer sur ce bouton va certes mettre la console en veille, mais aussi sortir du jeu en cours. Alors si vous n’avez pas sauvegardé au préalable, vous l’avez dans le baba.
En comparaison, le Steam Deck bénéficie fortement de SteamOS, largement amélioré depuis quelques années et avec un développement spécifique pour la machine de Valve. Le Steam Deck peut se targuer d’être une véritable console portable, avec les avantages recherchés dans un produit du genre : immédiateté, simplicité d’utilisation, mises à jour non intrusives…
Il y a bien l’Armoury Crate SE, dont le but est d’offrir une interface plus agréable en surcouche, mais il faut avouer que ce dernier s’avère particulièrement incomplet et perfectible par bien des aspects.

En l’état, la ROG Ally X aura beau être un monstre technique, elle sera toujours diminuée par son OS monstrueusement inadaptée à l’emploi que l’on devrait pouvoir en faire. Alors oui, elle peut faire tourner plus de triple-A, mais au prix de toute conception de bon sens sur une quelconque portabilité. En fait, la ROG Ally X s’apparente plus à un petit PC portable gaming sur lequel on aurait greffé une manette qu’à une véritable console portable.
Petit mot sur le prix
899 €. Pour ce prix, on peut s’acheter deux Steam Deck LCD avec 256 Go de stockage interne. On peut s’acheter trois Odin 2 basiques si l’on est plutôt porté sur l’émulation et les qualités offertes par Android. C’est par ailleurs 100 euros de plus que le prix de base de la ROG Ally classique, que l’on peut retrouver pour encore moins cher grâce à son ancienneté.
Alors, pour ce prix, les performances permises par la ROG Ally X sont-elles au niveau ? La réponse à cette question est difficile. Sur les performances en jeu, oui, assurément, la ROG Ally X tient le bon bout. En revanche, le trop-plein de problèmes générés par un Windows trop capricieux sous cette forme (d’autant qu’il faudra passer par l’écran tactile à chaque fois que l’on a un souci avec le système d’exploitation) a un côté « cheap » qui ne justifie en aucun cas un tel prix. Pour ce tarif, nous aurions par ailleurs pu espérer un écran OLED.

Notre avis sur la Asus ROG Ally X
La ROG Ally X est une bête techniquement parlant, voilà qui ne fait aucun doute. Mais la puissance et l’autonomie ne sauraient être aussi indispensables qu’un système d’exploitation adapté au type de produit que l’on souhaite vendre. Surtout lorsqu’il s’agit de convaincre des joueurs chevronnés capables de débourser presque 900 euros. Windows est une véritable plaie pour une console portable, et vient avec son lot de bugs, de mises à jour inopinées et de défauts structurels qui le rendent inopérable sur la longue durée.
Malgré ce défaut de premier ordre, quand Windows ne fait pas des siennes, la ROG Ally X offre une expérience de jeu largement satisfaisante. Elle permet l’accès à l’immense majorité du catalogue de jeux PC, triple A inclus, avec un bon framerate et une solide résolution de 1920x1080p, le tout dans un format 16/9 parfaitement adapté à la plupart des titres. Ainsi, si un Dragon’s Dogma 2 ne pouvait tout simplement pas tourner sur Steam Deck (on n’y dépasse pas les 15 FPS avec tous les paramètres en low), il s’avère ici parfaitement jouable.
Et puis, il nous faut répondre à notre question initiale : cette ROG Ally X peut-elle nous faire oublier le Steam Deck ? S’il s’agit de jouer à certains jeux inaccessibles sur le support de Valve, alors oui, la ROG Ally X s’avère être une solution à considérer. Mais restons honnêtes : cela ne concerne qu’une petite part du catalogue PC. Est-ce suffisant pour justifier une différence de prix de plus de 400 euros entre les deux ? Pas vraiment. Et il y a surtout un côté très grisant à allumer son Steam Deck et tomber directement sur son jeu grâce à SteamOS.
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La ROG Ally X est un monstre technique qui voit ses ambitions réduites par l’intégration d’un système d’exploitation inadapté, fourré de bugs et d’ennuis en tous genres qui ne permettent pas un usage sporadique. C’est un outil de gaming pour les joueurs les plus assidus et les plus réguliers, ceux qui ne pesteront pas contre un peu d’attente, voire la nécessité de bricoler de temps en temps.
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ASUS ROG Ally X
899 €On aime
- Les performances en jeu
- Du 1980x1080p en 60 FPS (minimum) pour des tonnes de triple A
- Plus agréable à tenir en main que sa grande sœur
- Une bête pour l'émulation (jusqu'à PS3/Xbox 360/Switch)
- L'autonomie, largement améliorée
On aime moins
- Windows, il faut arrêter
- Une console portable pas très portable
- 400 euros de plus qu'un Steam Deck OLED
- Le bouton d'alimentation, qui n'en fait qu'à sa tête
Pour moi c’est le contraire, Windows est le point fort de la ROG Ally, comme quoi…
Dans quel sens c’est son point fort selon toi ? Les possibilités de bidouillage/optimisation/émulation offertes ? Parce qu’en lisant une majorité des test de cette console, seuls Presse Citron et Otaku sont sévères avec le fait que W11 soit une usine à gaz, tout en reconnaissant que l’OS permet beaucoup de possibilités.
C’est ça,
Après je suis très à l’aise avec Windows et je bidouille beaucoup dessus (en même temps je bosse en informatique) donc ça joue,
Par exemple j’ai désactivé Armoury Crate au démarrage et créé des raccourcis pour tous mes jeux sur le bureau Windows direct, c’est plus intuitif pour moi.