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Juni débarque en France : tout savoir sur la néobanque pour e-commerçants

La fintech suédoise Juni débarque en France. Créée en 2020, elle s’est imposée comme la néobanque des e-commerçants. Mais qui est-elle ?

Juni ne vous dit probablement rien mais ce n’est qu’une question de temps. Cette fintech suédoise part à la conquête de l’Europe et du Royaume-Uni avec une offre on ne peut plus claire : séduire les e-commerçants.

La promesse de Juni est simple : fournir aux commerçants en ligne un compte courant, une carte bancaire, des moyens de paiements divers ou encore du cashback avec la souplesse et la flexibilité qui caractérisent les néobanques .Au Royaume-Uni, Juni propose même une carte de crédit (comme American Express par exemple).

Les e-commerçants boudés par les banques traditionnelles

A première vue, l’offre de Juni ressemble à celle de toutes les néobanques. Ce n’est pas le cas. La start-up suédoise a ajouté de nombreux services dédiés à sa cible. Par exemple, elle se connecte aux outils utilisés quotidiennement par les e-commerçants comme Google Ads.

Surtout, en s’adressant aux e-commerçants, Juni comble un vide sur le marché bancaire. Les banques traditionnelles “sont très peu friandes de nouveaux modèles de l’e-commerce” confie aux Echos Nima Karimi, cofondateur de Silvr, start-up finançant les e-commerçants.

Les entreprises entièrement digitales (DNVB), celles qui vendent sur les marketplaces ou ayant adopté le modèle économique du dropshipping ont “beaucoup de mal à ouvrir un compte” précise-t-il. C’est là que Juni entre en jeu.

Attention, la porte n’est pas ouverte à n’importe qui non plus. Même si elle n’a pas obtenu de licence bancaire, Juni reste une entreprise régulée, au même titre que Revolut ou N26 (qui a d’ailleurs écopé d’une amende de 4,25 millions d’euros pour avoir failli dans son dispositif anti-blanchiment).

Déjà des couacs

Autre problématique : Juni est une entreprise jeune qui connaît déjà quelques déboires. Comme d’autres néobanques, elle dépend de prestataires pour l’émission de cartes bancaires physiques ou virtuelles ou du moteur bancaire. Dès lors, tout peut arriver.

Il y a peu, elle a dû trouver un autre partenaire, l’un d’entre eux ayant bloqué les comptes de nombreux clients. Si le problème est résolu, ces situations ne sont pas rassurantes, surtout lorsqu’on s’adresse à un public de professionnels.

Enfin, le modèle économique de la start-up demeure fragile. Juni ne propose pas d’abonnement mais base tout son modèle sur une commission d’interchange et des frais pour les transactions en devises étrangères.

Il lui faudra donc beaucoup (beaucoup, beaucoup) de volume avant de devenir rentable. En attendant, comme beaucoup de start-up, Juni mise sur des levées de fonds pour se financer. La dernière, d’un montant de 52 millions de dollars, date de fin 2021.

Il y a donc encore pas mal de travail à délivrer chez Juni pour qu’elle rejoigne ses compatriotes Tink (agrégateur de données bancaires) et Klarna (paiement en plusieurs fois) au rang de licorne.

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