L’iPhone finalement ouvert aux applications externes ?

Cette dernière annonce d’Apple concernant la possibilité pour tout développeur de proposer ses applications pour l’iPhone est une information importante, mais j’hésite à la qualifier de bonne nouvelle, même si j’aurais bien aimé pouvoir le faire, car je ne suis pas certain de tout comprendre. De quoi parlons-nous exactement ?"(…) iPhone™ will run applications created

Cette dernière annonce d’Apple concernant la possibilité pour tout développeur de proposer ses applications pour l’iPhone est une information importante, mais j’hésite à la qualifier de bonne nouvelle, même si j’aurais bien aimé pouvoir le faire, car je ne suis pas certain de tout comprendre.

De quoi parlons-nous exactement ?
"(…) iPhone™ will run applications created with Web 2.0 Internet standards when it begins shipping on June 29. Developers can create Web 2.0 applications which look and behave just like the applications built into iPhone."
L’iPhone sera compatible avec des applications compatibles avec les standards Web 2.0. Les développeurs peuvent créer des applications qui se présenteront et se comporteront comme les applications intégrées dans l’iPhone.

Des applications Web 2.0, génial, mais qu’est-ce que cela signifie exactement ?
Cette première explication, aussi alléchante qu’elle soit, me laisse un peu dubitatif : il semblerait qu’Apple considère que terme un peu fourre-tout de Web 2.0 définisse un standard, pour ne pas dire un langage de développement. Alors que j’ai toujours cru qu’il s’agissait d’un ensemble d’éléments qui englobait aussi bien les technologies applicatives (Ajax…) que les usages (réseaux sociaux). Parce-que de Youtube à Digg, de Twitter à Wikipedia, de Flickr à Del.icio.us, le champ est plutôt vaste et assez peu délimité.
Maintenant si l’on considère que le Web 2.0 est avant tout une technologie, alors que met-on dedans ? De l’Ajax, principalement, non ? Dans ce cas, quel est le rapport entre une application en Ajax et une sonnerie de mobile, pour ne prendre qu’un exemple un peu caricatural ?
Ce point mériterait probablement d’être éclairci. Quitte à adopter une définition "officielle" de ce qu’est une application Web 2.0 et des technologies qu’elle doit contenir.

Des applications connectées exclusivement ?
"Web 2.0-based applications are being embraced by leading developers because they are far more interactive and responsive than traditional web applications, and can be easily distributed over the Internet and painlessly updated by simply changing the code on the developers’ own servers."
Les applications Web 2.0 sont largement adoptées par les principaux dévloppeurs car elles sont plus beaucoup interactives et réactives que les applications web traditionnelles, et peuvent être aisément distribuées par internet et mises à jour sans difficultés en modifiant simplement le code côté serveur.
Alors là, je ne vois pas mieux : faut-il comprendre qu’en ne diffusant pas de SDK (Software Development Kit), Apple condamne le développement d’applications tiers à se limiter aux web services ? Autrement dit que hors connexion, aucune d’entre elles ne pourra fonctionner correctement, voire pas du tout ?
Bien sûr, le javascript étant interprété côté client par le navigateur, on peut développer des petites applications "web" destinées à être utilisées hors ligne (il m’est déjà arrivé pour des clients souhaitant avoir une version simplifiée de leur catalogue sur leur smartphone/Pocket PC de développer celle-ci en HTML+Flash et de compiler – ou pas – le tout avec un utilitaire de façon à lui fournir un simple exécutable à lancer sur son appareil), mais dans ce cas on ne parle pas de serveur, et encore moins de mises à jour à partir de ce dernier.

D’autre part, les languages utilisés pour le web 2.0 (principalement Javascript, HTML et CSS), aussi évolués qu’ils soient, ne possèdent à ma connaissance pas la puissance de vrais langages de programmation : ne risque-t-on pas de limiter quelque peu l’intérêt de ces applications ?

Cette annonce constitue donc une nouvelle à double lecture :

  • bonne nouvelle pour les développeurs web, voire les webmasters, qui, sans posséder de compétences particulières dans des langages de développement complexes, pourront développer leures propres applications pour l’iPhone. Je suis le premier à m’en réjouir.
  • mauvaise nouvelle (ou moins bonne nouvelle en tout cas) pour l’intérêt des applications tiers, qui seront – d’après ce que je comprends – limitées à des applications connectées.

Quoiqu’il en soit, cette annonce est à rapprocher de la précédente : il se peut que l’on ait impérativement besoin de Safari pour développer pour l’iPhone.

Vous voyez ça comment, vous ?

(PS : la rumeur dit qu’après les MMS, l’iPhone ne supporterait pas non plus Flash…)


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12 commentaires

  1. C’est mieux que rien mais il est clair qu’un widget, meme en ajax, n’aura jamais la puissance d’une application en cocoa (language de programmation Apple) développée avec Xcode.
    Ceci dit, la version Google Maps (hallucinante) de L’iphone serait de l’Ajax. Il y a donc quand même du potentiel pour les bons développeurs..

  2. super analyse… Je pense qu’ils ouvriront pas vraiment la platforme, mais plutot à la manière de Widget Mac OS, qui sont fait en JavaScript.
    D’ailleurs, JavaScript, contrairement à beaucoup d’idée reçu, n’est pas qu’un langage de Script… c’est un vrai language objet qui peut se réveler très puissant…
    Bon je commence à économiser pour ce bijou qui vaudra surement une fortune (et que dire de la logique d’Apple pour qui 1 dollar = 1 euro)…

  3. je pense aussi que cela n’est pas bien clair et même s’il est certain que nous pourrons naviguer facilement sur le net pour avoir accès à des services je ne suis pas non plus persuadé qu’hors ligne ça sera la même chose. Ce sont les opérateurs téléphoniques qui vont être content…

  4. Je ne pense pas comme blazouf que le Google Maps de l’iPhone soit si extraordinaire. C’est plutôt Google Maps qui est extra ordinaire, sur l’iPhone c’est juste un redimensionnement et une adaptation au multitouch. D’ailleurs l’annonce de Jobs c’est un peu du vent, c’est juste rappelé qqch que tout le monde savait déjà: le navigateur de l’iPhone supportera l’Ajax et tous les nouveaux standards du web.

  5. D’accord avec cette analyse sous forme de bonne/mauvaise nouvelle, j’en suis parvenu au même point dans un billet – certes largement moins détaillé – rédigé suite à la conf de Jobs.

    Cela dit, ne perdons pas espoir. Rien ne dit que nous ne pourrons pas un jour développer directement pour l’OS et non juste dans le carcan que représente le navigateur.

  6. Il faut voir les discours qui parlent entre autre des collaborations avec Google Gears. Cette structure permettra donc d’avoir des applications qui fonctionneront avec une sauvegarde locale sur l’iPhone. Autrement dit, les applications pourront fonctionner en ligne et hors ligne.

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