Le café est l’une des substances les plus consommées au monde et également l’une des plus étudiées pour ses effets sur l’organisme. S’il a souffert d’une mauvaise réputation dans les années 1970-1980, principalement en raison d’études observationnelles qui l’associaient, à tort, aux maladies cardiaques et au cancer, le discours scientifique a changé. Une réhabilitation basée sur des milliers de recherches sérieuses, qui ont éliminé les biais de celles qui lui prêtaient des défauts inexistants.
Parmi les terrains les plus récemment explorés : en 2025, une méta-analyse avait établi la dose optimale entre trois et quatre tasses quotidiennes pour rester en bonne santé sur le long terme. Une autre avait mis en évidence l’effet du timing de consommation sur l’humeur. Une nouvelle étude publiée le 15 avril dans la revue Journal of Affective Disorders a approfondi ce lien, et selon ses conclusions, en consommer deux à trois tasses par jour serait la dose optimale à partir de laquelle les composés bioactifs du café exercent un effet protecteur sur la santé mentale.
La caféine : un effet « anti-dépresseur » naturel ?
Pour mesurer cette association, les chercheurs ont exploité les données de la UK Biobank, une cohorte prospective britannique regroupant plus de 460 000 participants âgés de 40 à 69 ans, suivis en médiane sur 13,4 ans. Chacun avait renseigné ses habitudes de consommation : quantité quotidienne et type de café (décaféiné, instantané, moulu). Lors du suivi les cas de troubles mentaux déclarés par les personnes testées ont tous été recensés. Une fenêtre temporelle suffisamment longue pour établir une tendance suffisamment robuste.
L’effet dose-réponse ne suit pas une courbe linéaire : que l’on soit un petit consommateur de café ou, au contraire un adepte des grandes quantités, la protection contre les troubles mentaux observée est moindre qu’à dose modérée. En dessous de deux tasses par jour, l’association protectrice reste faible. Entre deux et trois, elle atteint son maximum. Au-delà de cinq, elle s’inverse et le risque de voir un trouble mental se développer repart à la hausse. C’est ce qu’on appelle, en statistique, une courbe en J : une représentation où le risque relatif diminue aux doses modérées avant de croître exponentiellement aux doses élevées.
Selon les auteurs, cet effet s’expliquerait, en partie, grâce à l’action de la caféine sur deux types de récepteurs de l’adénosine. Une molécule produite par le métabolisme cellulaire du cerveau, dont le rôle est de réguler l’activité neuronale : en se fixant sur ses récepteurs, elle freine la transmission nerveuse et favorise le repos. La caféine, proche dans sa structure chimique, vient occuper ces mêmes récepteurs sans déclencher leur effet inhibiteur, empêchant l’adénosine de produire ses effets sédatifs.
Deux sous-types de récepteurs seraient particulièrement impliqués : les A1R, qui jouent un rôle dans la régulation de l’humeur et dont la modulation par la caféine serait associée à des propriétés antidépressives, et les A2AR, qui régulent la réponse cérébrale au stress et dont le blocage atténuerait les altérations neuronales liées au stress chronique.
Peut-on pour autant en conclure que la caféine, et par extension, le café, serait anti-dépresseur ? Non, car une fois encore, il est nécessaire de faire la distinction entre corrélation et causalité. La mesure principale de cette étude est une association statistique entre des habitudes déclarées de consommation et des diagnostics de troubles mentaux répertoriés. Même sur une période de treize ans, cela ne prouve pas forcément que le café protège qui que ce soit d’un trouble mental. D’autres variables difficiles à intégrer peuvent entrer en jeu : type d’alimentation, qualité du sommeil, activité physique, statut socio-économique ou prédispositions génétiques, par exemple. Il existe bien une tendance, biologiquement et statistiquement plausible, mais elle ne démontre pas forcément que la caféine soit à l’origine du bénéfice observé plutôt qu’un simple corrélat d’autres habitudes de vie. Si vous lisez ça en regardant le fond de votre tasse de café vide, vous pouvez toujours aller vous en resservir une deuxième ou une troisième, vous êtes encore dans les clous.
- Une étude révèle qu’une consommation modérée de café (2 à 3 tasses par jour) est liée à un risque réduit de troubles mentaux.
- Des recherches antérieures avaient déjà suggéré que le café offre des bénéfices sur la santé, en corrigeant des idées reçues des décennies passées.
- Cependant, il est important de noter que l’étude montre une association et non une causalité, d’autres facteurs pouvant influencer les résultats.
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