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La dette de la France grimpe encore en flèche : les investisseurs la jugent désormais plus risquée que l’Italie et la Grèce

La France emprunte désormais à près de 5 %, signe que les investisseurs doutent de ses capacités à redresser ses comptes. La dette publique, elle, continue de grimper.

La dette de la France poursuit son effrayante ascension. Elle atteint désormais 3 595,5 milliards d’euros, soit 119 % du PIB, selon l’Insee. Elle a ainsi subi une hausse de 59,6 milliards en trois mois seulement, et risque de dépasser 121 % du PIB d’ici à la fin de l’année. Dans ce contexte, le taux d’emprunt à 10 ans se situe désormais autour des 5 %, et la France se voit réclamer une prime de risque plus élevée que l’Italie ou la Grèce.

À titre de comparaison, l’Allemagne emprunte autour de 3,5 %. En conséquence, la charge de la dette s’alourdit et devrait aller au-delà des 90 milliards d’euros en 2027, c’est plus que les budgets de la Défense ou de l’Éducation. « Ce mouvement est sans ambiguïté lié au risque budgétaire et à la prime de terme », étaye la banque, citée par BFM Business. Les investisseurs doutent de la capacité de la France à redresser ses comptes.

Sans surprise, les analystes tirent la sonnette d’alarme. Les marchés ont ainsi changé de regard sur la France, estime Barclays : alors qu’elle faisait partie du « cœur » de la zone euro avec l’Allemagne, elle compte désormais parmi les pays « périphériques » comme l’Italie, l’Espagne, la Grèce ou le Portugal.

France Dette Publique
© Natanael Ginting / Shutterstock.com

L’incertitude politique pèse

La France est aussi victime de la situation mondiale. Car la guerre en Iran a fait exploser les coûts de l’énergie et l’inflation, poussant la Banque centrale européenne (BCE) à relever ses taux à deux reprises.

Et si le projet de budget de l’État prévoit un effort de redressement de 54 milliards d’euros, il s’annonce très difficile à faire adopter dans le contexte politique actuel. Certaines mesures passent mal, à l’instar de la fin de l’indexation des retraites sur l’inflation, ou le gel partiel des salaires des fonctionnaires.

L’arrivée de l’élection présidentielle n’arrange rien. Les projets des candidats, eux, sont très éloignés les uns des autres : quand Jean-Luc Mélenchon propose de « geler » la dette détenue par la BCE, ce qui reviendrait à l’effacer, Marine Le Pen entend réduire le déficit d’au moins 0,5 point de PIB par an. Un véritable flou qui rend frileux les investisseurs.

« Trop grosse pour être sauvée »

Un plan de sauvetage, comme ce fut le cas pour la Grèce en 2010, paraît également difficilement envisageable. Car la France représente 20 % de l’économie de la zone euro, contre 2 % pour la Grèce en 2011. Or, les outils de la BCE ont été conçus pour soutenir des petits pays, si elle devait acheter massivement des obligations françaises, les montants n’auraient rien de comparable.

« La France est trop importante pour faire faillite, trop grosse pour être sauvée », constate Barclays. Elle note, néanmoins, que le système bancaire est solide. Concrètement, le pays ne va pouvoir compter que sur lui-même : cette situation risque de mettre une pression durable sur l’économie, obligeant les responsables politiques à réduire le déficit.

  • La dette de la France atteint les 3 595,5 milliards d’euros, soit 119 % du PIB.
  • Le pays emprunte à près de 5 % sur dix ans, contre environ 3,5 % pour l’Allemagne.
  • Selon Barclays, les marchés ne voient plus la France comme un pays solide du « cœur » de la zone euro, mais comme un pays « périphérique ».

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