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Une première depuis la crise des subprimes : les taux à 10 ans français et américains explosent, que se passe-t-il ?

Face à des dettes publiques abyssales et une inflation tenace, les taux d’intérêt à 10 ans français et américains viennent de franchir des seuils oubliés depuis la crise des subprimes. Un virement brutal qui menace d’alourdir encore plus la facture pour les deux États.

C’est un chiffre méconnu, mais il pilote en réalité l’ensemble du système financier. Le taux à 10 ans correspond au rendement des obligations d’État émises à cette échéance. Concrètement, c’est le taux d’intérêt auquel les pays empruntent de l’argent auprès des investisseurs pour financer leurs budgets.

Et il est en train de s’affoler en France, où il vient de grimper à 4,51 %, prenant plus de 43 points de base en un mois seulement. Même son de cloche aux États-Unis, où il a franchi la barre des 5 %. Pour retrouver des niveaux aussi élevés de part et d’autre de l’Atlantique, il faut remonter jusqu’à la crise financière de 2008.

Problème, ce baromètre sert de référence ultime. Lorsque le taux souverain grimpe, toutes les autres formes de crédit s’ajustent dans son sillage : cela signifie des emprunts immobiliers et des crédits professionnels directement plus chers.

C’était quoi, la crise des subprimes ?

Survenue tout d’abord aux États-Unis en 2007, la crise des subprimes a été déclenchée par la distribution massive de crédits immobiliers rechargeables à des ménages peu solvables. Lorsque la Réserve fédérale a augmenté ses taux d’intérêt, ces emprunteurs ne pouvaient plus rembourser.

Les banques, qui avaient découpé et revendu ces créances toxiques dans le monde entier sous forme de produits financiers complexes, ont essuyé des pertes colossales. La faillite de la banque Lehman Brothers en septembre 2008 a transformé ce crash immobilier en une crise financière et bancaire mondiale d’une ampleur inédite, gelant le crédit et poussant les taux souverains à des niveaux extrêmes.

Pourquoi une telle situation

Cette situation ne doit évidemment rien au hasard, et s’explique, tout d’abord, par la persistance de l’inflation, alimentée par la hausse des cours de l’énergie et des matières premières. La Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) n’ont d’autre choix que de maintenir leurs taux directeurs à des niveaux élevés plus longtemps que prévu.

Mais ce n’est pas tout. Afin de financer leurs déficits publics vertigineux, la France comme les États-Unis émettent des volumes massifs de nouvelles obligations. Et le marché se retrouve littéralement saturé de titres de dette. Il faut aussi réussir à écouler cette avalanche de créances et séduire des acheteurs de plus en plus frileux en montant les enchères avec des des rendements toujours plus attractifs. Ce mécanisme propulse logiquement les taux vers des sommets.

La note s’annonce salée du côté des finances publiques. Car chaque fraction de pourcentage supplémentaire alourdit le remboursement de la dette nationale, déjà cataclysmique. Cette charge réduit les marges de manœuvres budgétaires, et contraint à faire des arbitrages complexes dans les dépenses. Il s’agit d’une tendance mondiale : le Royaume-Uni, le Japon ou l’Allemagne ne sont pas épargnés par cette hausse.

  • Les taux à 10 ans atteignent 4,51 % en France et 5 % aux États-Unis, signant un retour aux niveaux de la crise des subprimes.
  • Cette hausse s’explique par le maintien de taux élevés par les banques centrales et l’avalanche d’emprunts émis par les États pour financer leurs déficits.
  • Elle alourdit la charge de la dette publique et risque d’encore faire grimper le coût des prêts immobiliers pour les particuliers.

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