Eutelsat ne pourra pas vendre ses antennes terrestres à EQT Partners, un fonds suédois qui lorgnait l’infrastructure de l’opérateur français pour les communications à la fois civiles et militaires. Présenté comme « seul concurrent de Starlink » (du moins en Europe), Eutelsat a été bloqué par le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, Roland Lescure, en début de semaine.
La France possède 29,9 % du capital de l’opérateur de satellites commerciaux, via l’Agence des participations de l’État (APE). Sur le plateau de TF1, vendredi 30 janvier au matin, Roland Lescure a expliqué la décision du gouvernement par les préoccupations de sécurité nationale liées à Eutelsat. « Ces antennes servent aux communications civiles et militaires. Eutelsat est le seul concurrent européen de Starlink. Il s’agit clairement d’un atout stratégique. C’est pourquoi j’ai dit non », a-t-il dit.
Eutelsat comptait générer 550 millions d’euros avec la vente de ses antennes
Cette transaction bloquée d’une cession des antennes terrestres n’a pas plu aux investisseurs alors que l’action Eutelsat perdait 5 % en début de séance à Paris. La veille au soir, Eutelsat avait déjà averti que cette transaction ne passerait pas, alors que le blocage aurait été acté en début de semaine. L’opération avait été initialement annoncée en 2024 et devait générer 550 millions d’euros.
Du côté de ses marges bénéficiaires, un porte-parole d’Eutelsat déclarait que l’entreprise aurait les augmenter de 5 % grâce aux économies réalisées sur la fin de la location de ces antennes terrestres, qui coûte de l’argent à l’opérateur. En complément, sur le réseau social Bluesky, Roland Lescure a écrit que « cette décision est exclusivement liée au caractère critique de cette activité au regard de la souveraineté française et n’est en aucun cas liée à la qualité de l’investisseur », EQT Partners.
En plus d’être un investisseur important, l’État français a signé avec Eutelsat un contrat à 1 milliard pour la fourniture de services satellitaires à l’armée française, sur les dix prochaines années. En parallèle, la France a accepté (et contribué) à la vente de LMB Aerospace, qui fabrique notamment les ventilateurs des Rafales et des sous-marins nucléaires, à la société américaine Loar Holdings, suscitant une polémique.
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