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La France ne veut plus sanctionner Alisher Ousmanov, un oligarque russe proche de Vladimir Poutine : voici pourquoi

La France vient de créer la stupeur à Bruxelles en s’opposant au renouvellement automatique des sanctions ciblant les oligarques russes. Paris vaut absolument qu’Alisher Ousmanov, à la tête d’un véritable empire, soit épargné.

Imbroglio à Bruxelles. Alors que les sanctions individuelles ciblant la Russie devaient expirer ce mardi 15 septembre, les ambassadeurs des 27 États membres, le Coreper, se sont retrouvés dans une impasse absolue. Après trois jours de négociations, impossible d’obtenir l’unanimité sur le renouvellement des sanctions, prévu tous les six mois. L’échéance a donc été repoussée à sept jours, une mesure exceptionnelle.

La date limite est désormais fixée au mardi 22 septembre à minuit, un sursis qui doit offrir une ultime fenêtre de dialogues aux pays membres pour débloquer le dossier. Car l’enjeu est colossal : dans le cadre de la réponse à l’invasion de l’Ukraine, ce régime de sanctions impose des gels d’avoirs et des interdictions de séjour sur le territoire européen à près de 3 000 individus et entreprises accusés de soutenir la machine de guerre du Kremlin.

Sans compromis, l’ensemble de cette liste noire tombera automatiquement, entraînant le déblocage immédiat des avoirs des personnalités visées. Et la France n’y serait pas pour rien.

Ukraine Royaume Uni
© Alim Yakubov / Shutterstock.com

La France plaide en faveur d’Alisher Ousmanov

Habituellement en première ligne pour durcir les mesures restrictives contre la Russie, l’Hexagone a surpris ses partenaires en s’associant aux exigences de la Slovaquie, et conditionne le renouvellement global du régime de sanctions au retrait d’un homme de la liste : Alisher Ousmanov, oligarque ouzbéko-russe.

Considéré comme l’une des plus grandes fortunes du secteur minier, métaux et télécoms, avec un patrimoine estimé à 18,8 milliards de dollars, l’homme d’affaires figure sur la liste noire de l’UE depuis 2022 en raison de ses liens étroits avec Vladimir Poutine. Mais selon le Financial Times, la France négocierait la libération de plusieurs de ses ressortissants retenus en Azerbaïdjan, dont Martin Ryan, accusé d’espionnage. Un échange de prisonniers nécessiterait en revanche un geste en faveur d’Ousmanov.

De son côté, la diplomatie tricolore invoque « un enjeu spécifique de sécurité nationale » et la volonté de « répondre positivement à des partenaires internationaux ».

Tempête diplomatique

Une posture qui suscite une vive amertume chez les alliés européens. Car jamais un État membre n’avait ouvertement conditionné le renouvellement des sanctions contre la Russie à l’obtention de la libération de ressortissants retenus par un État tiers. Certains craignent la création d’un précédent qui pourrait fragiliser l’unité des 27 face au Kremlin.

Et le Luxembourg a déjà prévenu : si la France obtient gain de cause, le Grand-Douché réclamera en retour la levée des sanctions ciblant Mikhail Fridman, un autre milliardaire russe influent. Sans surprise, la tension est également vive du côté de Kiev, où le président Volodymyr Zelensky est intervenu publiquement pour exhorter l’UE à ne pas céder au chantage.

Il ainsi rappelé que les oligarques constituent un rouage essentiel du système de Vladimir Poutine, et qu’alléger la pression économique sur ces figures en plein conflit enverrait un signal de faiblesse désastreux.

Le système oligarchique, rouage financier du Kremlin

Dans la Russie de Vladimir Poutine, la fortune des oligarques est indissociable de leur loyauté politique. Bâtis sur les ruines des privatisations post-soviétiques et consolidés sous l’ère Poutine, ces empires financiers, dirigés par un seul homme ou des partenaires, peuvent être considérés comme les intendants du pouvoir.

Le Kremlin confie à ces hommes la gestion des flux financiers stratégiques et la possession d’actifs clés, en échange d’une soumission totale. Dans ce contexte, l’objectif des sanctions est d’assécher les circuits financiers parallèles qui permettent de contourner les restrictions économiques et de financer l’effort de guerre.

  • L’UE repousse d’une semaine la fin des sanctions contre la Russie pour éviter qu’elles n’expirent.
  • La France demande d’enlever le milliardaire Alisher Ousmanov de la liste noire pour faire libérer des otages français.
  • Cette décision passe très mal auprès des autres pays européens et de l’Ukraine, qui y voient un cadeau fait à Moscou.

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