« L’espace est le nouveau Far West, nous devons en être le shérif ». C’est avec ces mots que l’administrateur de la NASA Bill Nelson avait expliqué le rôle de l’agence spatiale américaine. Derrière cette métaphore typiquement américaine, un problème planétaire : les débris spatiaux.
Allant d’un boulon de quelques centimètres à des étages de fusées de plus de 10 mètres de haut, les débris spatiaux existent dans toutes les tailles, et sur toutes les orbites. Très présents en LEO (orbite basse, entre 300 et 500 kilomètres d’altitude), ils perturbent de plus en plus les trajectoires des satellites et de l’ISS.
Le risque de collision est grand, et l’orbite basse terrestre est plus peuplée que jamais. Alors que les missions Kuiper d’Amazon ou Starlink de SpaceX vont encore envoyer des centaines de satellites dans l’espace, la NASA prend la question des débris « très au sérieux ».
Elle vient d’ailleurs d’annoncer le financement de trois missions de recherche distinctes. L’idée est de trouver des solutions pour « comprendre la dynamique de l’environnement orbital et montrer comment nous pouvons développer des politiques pour limiter la création de débris et atténuer l’impact des débris existants. »
L’AST : le scénario catastrophe
Aujourd’hui les chiffres de la NASA estiment que 23 000 débris plus grands qu’une balle de tennis orbitent autour de la Terre sans qu’ils soient contrôlables. Mais ces données pourraient être rapidement obsolètes, les tirs antisatellite étant le pire cauchemar de l’agence américaine.
Réalisés récemment par la Russie, ces tirs ont pour but de tester la capacité d’un État à détruire un satellite grâce à un missile parti depuis la Terre. Lors d’une démonstration sur un satellite russe obsolète, le Kremlin a entraîné un incident diplomatique sans précédent dans l’histoire du spatial.
Avec cette explosion en plein ciel, ce sont en effet des milliers de débris qui se sont retrouvés sur des trajectoires diverses, projetés en orbite autour de la Terre détruisant tout sur leur passage. Si aucune collision n’a eu lieu, l’ISS a dû modifier plusieurs fois sa trajectoire pour éviter des débris.
Des manœuvres qui sont de plus en plus courantes pour les astronautes présents au cœur de la station spatiale internationale. Présente sur cette même orbite basse ultra-saturée, l’ISS doit souvent jongler entre les trajectoires de satellites et de débris pour ne prendre aucun risque.
La NASA et l’ESA main dans la main face aux débris
Même si le débris est minuscule, ce dernier tourne autour de la Terre à 27 000 km/h. Une vitesse suffisante pour transpercer la paroi d’un module de l’ISS et ainsi mettre en danger tous les habitants de la station spatiale. En plus des travaux menés récemment par la NASA sur le sujet, l’Europe est très en avance sur la question des débris spatiaux.
Avec son agence spatiale (l’ESA), le vieux continent travaille déjà sur des solutions pratiques comme la mise en place de « filet » pour capturer les débris avant de les désorbiter. Une fois ralentis, ils vont simplement retomber vers la Terre ferme, et se consumer dans l’atmosphère avant même de toucher le sol.
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