- Après des mois, la renationalisation de EDF à 100% a été enfin actée ce jeudi 8 juin 2023
- L’État espère pouvoir s’appuyer sur le fournisseur d’énergie historique pour relancer le nucléaire et accélérer sur les énergies renouvelables
- Or, à cause du bouclier énergétique qui limite les prix de l’énergie payés par les clients, EDF est tributaire d’une dette qui dépasse aujourd’hui les 64 milliards d’euros
Ça y est : une action en justice des petits actionnaires en mai portant sur le prix de l’OPA avait quelque peu ralenti la procédure, mais depuis le jeudi 8 juin 2023, l’État possède de nouveau 100% des parts de EDF.
Avant que le rachat ne soit annoncé, l’État possédait encore 84% de l’entreprise. Le rachat du reste des parts a ainsi coûté quelque 9,7 milliards d’euros. Avec ce contrôle total, le gouvernement espère pouvoir s’appuyer sur l’opérateur pour concrétiser ses plans de relance du nucléaire, tout en accélérant dans les énergies renouvelables.
L’Etat va devoir se pencher sur la dette énorme accumulée par EDF
Il faut dire que la guerre en Ukraine rebat les cartes du secteur de l’énergie. Après des années de désinvestissement et de réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique, la France cherche de nouveau à produire l’essentiel de l’électricité consommée dans ses frontières toute l’année. Le gouvernement a, en la matière, de grandes ambitions.
D’ici l’horizon 2035-2037, pas moins de six nouveaux réacteurs nucléaires doivent être mis en service. Dans le même temps, l’opérateur doit développer les éoliennes et le solaire à un rythme accéléré pour rattraper le retard de la France sur les voisins européens.
Il y a pourtant un problème. En effet, avec l’éclatement de la guerre en Ukraine, et l’explosion du prix de l’énergie l’État avait décrété un encadrement des tarifs payés par le consommateur dans le cadre du “bouclier tarifaire”. EDF doit aussi vendre de l’énergie à bas prix à des fournisseurs d’énergie concurrents.
Le dispositif est d’ailleurs toujours en place, et devrait le rester jusqu’en 2025. Or, le coût de cette mesure est depuis le début pris en charge par le fournisseur d’énergie – dans un contexte où les capacités de production d’électricité sont particulièrement basses.
Ce qui signifie que EDF accumule les dettes, et que la note a déjà atteint un montant abyssal. Selon l’AFP, EDF compte à ce stade une dette nette s’élevant à 64,5 milliards d’euros. Un problème qu’il faudra régler d’une manière ou d’une autre pour autoriser les plans de relance du gouvernement.
Car rien que la construction de six nouveaux réacteurs EPR coûtera au moins 51 milliards d’euros, sans compter les hausses de coûts habituellement constatées (et assumées) en cours de route. EDF ne pourra jamais régler la note seul, ce qui signifie, probablement, à terme, des coûts en hausse assumés par le contribuable.
De son côté, le gouvernement continue de réfléchir aux options de financement de ces capacités nucléaires. Les contours de la stratégie de l’État devraient être rendus publics d’ici fin 2023.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.