C’est un accord pour le moins spectaculaire qui vient d’être scellé entre Oklo, la startup de Sam Altman, spécialisée dans l’énergie nucléaire, et Switch Inc, un opérateur de centre de données américain. Concrètement, Oklo doit construire des réacteurs d’une capacité totale de 12 gigawatts, ce qui serait suffisant pour alimenter 7,6 millions de foyers de l’État de New York. Explications.
Une technologie encore en développement
Interrogé par le Financial Times, Jacob DeWitte, cofondateur et directeur général d’Oklo n’y va pas par quatre chemins. Ce contrat vaut selon lui plusieurs milliards de dollars. Mais on ne peut pas le voir ainsi car il ne comprend aucune condition contraignante de réalisation.
Et pour cause, la technologie utilisée par l’entreprise de Sam Altman n’est pas encore au point et elle mettra encore plusieurs années à se concrétiser (si tel est le cas). Rappelons qu’Oklo met au point des petits réacteurs modulaires d’une capacité d’au moins 300 mégawatts, soit un tiers des installations actuelles de taille standard.
Avec la montée en puissance de l’IA générative, les géants de la Tech tentent de répondre aux besoins croissants en énergie et ils se tournent justement vers ces solutions nucléaires, en dépensant des milliards de dollars.
Mais au fait, ne pourrait-on pas miser sur les énergies renouvelables qui fonctionnent d’ores et déjà. Défendant son business, Jacob DeWitte se montre sceptique :
Nous entrons dans un nouveau monde en raison de l’ampleur de la demande énergétique. Vous ne pouvez pas le faire avec les énergies renouvelables, car vous auriez besoin d’une grande capacité de secours au gaz et beaucoup de gens veulent une solution propre.
D’autres analystes interrogés par le quotidien britannique sont plus sceptiques quant aux promesses de ces startups nucléaires. C’est le cas d’Edwin Lyman, directeur de la sécurité nucléaire pour l’Union of Concerned Scientists : « Ces accords ne semblent pas correspondre au type d’engagements financiers sérieux, substantiels et durables – de l’ordre de plusieurs milliards de dollars sur plusieurs décennies – qui seraient nécessaires pour réaliser pleinement ces projets nucléaires spéculatifs ».
Le pari de Sam Altman
Pour rappel, cela fait des années que Sam Altman défend ce projet qu’il juge indissociable des efforts déployés en matière d’IA générative. Peu avant l’entrée en Bourse de la compagnie, il soulignait ainsi : « Les deux ingrédients les plus importants d’un avenir prometteur sont l’abondance d’intelligence et d’énergie. »
Sa startup entend s’adresser à des clients, tels que des centres de données ou des bases militaires qui souhaitent augmenter leur capacité énergétique sans avoir d’accès au réseau électrique. Sa solution serait aussi une aubaine pour les entreprises qui veulent décarboner leur production.
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