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La valorisation de Revolut dévisse : la fête est finie pour les startups ?

Un vent froid souffle sur les startups, mais pourquoi exactement ?

  • La valorisation de Revolut et celle d’autres fintechs européennes connaît une chute vertigineuse
  • Les startups qui ne sont pas rentables ont du mal à se financer et certaines ont été rachetées ou ont fait faillite
  • Les startups doivent s’adapter à un environnement plus exigeant, mais aussi plus mature

La fintech britannique Revolut continue à perdre de la valeur, selon le Financial Times. Le 2e plus gros investisseur Molten Ventures annonce que son investissement dans Revolut a perdu 40% de sa valeur.

Un autre mastodonte, Schroder, juge cette baisse à 46% d’une année sur l’autre – alors que Revolut attend encore l’octroi d’une licence bancaire au Royaume-Uni.

Comment expliquer ce coup de froid sur le secteur des startups ?

Ce coup de froid s’explique en partie par la hausse des taux d’intérêt, qui rend plus difficile le financement des startups déficitaires, et par la concurrence accrue sur le marché des néobanques.

Revolut n’est pas la seule victime de ce retournement de tendance. D’autres fintechs européennes ont subi des dévaluations importantes, comme Klarna, le leader du paiement fractionné, qui a perdu un milliard de dollars de valorisation en 2022.

Klarna a notamment souffert d’un changement dans le sentiment des investisseurs. Mais ces baisses de valorisation sont d’autant plus spectaculaires que ces startups avaient connu des envolées vertigineuses lors des précédents tours de table, profitant de l’engouement des investisseurs pour le secteur de la finance numérique.

Or, la fête semble bel et bien être finie pour les startups qui misaient sur une croissance à tout prix, sans se soucier de leur rentabilité. La hausse des taux d’intérêt, amorcée par la Réserve fédérale américaine et suivie par la Banque centrale européenne, rend plus coûteux le recours à l’endettement pour financer leur développement. Ce retournement incite les investisseurs à être plus sélectifs et à privilégier les entreprises qui dégagent des bénéfices ou qui ont un modèle économique solide.

Des perdants, mais aussi des gagnants ?

C’est le cas de certaines fintechs françaises, qui ont su se différencier sur leur marché et qui affichent une croissance rentable. On peut citer l’exemple de Lydia, l’application de paiement mobile, qui revendique plus de 6 millions d’utilisateurs et qui a atteint l’équilibre financier en 2021. Ou encore celui de Qonto, la néobanque pour les professionnels, qui a levé plus de 100 millions d’euros en janvier 2020 et qui vise la rentabilité en 2023.

En revanche, d’autres startups françaises ont frôlé la faillite. C’est le cas de Luko, l’assureur en ligne, qui a été racheté par le groupe britannique Admiral la semaine dernière. Très endetté, le spécialiste de l’assurance-habitation avait demandé à être placé en procédure de sauvegarde pour étaler sa dette. Il avait été pénalisé par l’impossibilité de lever de nouveaux fonds après ses deux acquisitions en 2022.

Autant d’exemples qui montrent que le secteur de la fintech est en pleine mutation et que les startups doivent s’adapter à un environnement plus exigeant. Les valorisations stratosphériques ne sont plus garanties et les modèles économiques doivent être éprouvés pour ne pas trop s’exposer au risque.

Mise à jour 14h35 : dans une première version de cet article nous affirmions par erreur que Klarna avait souffert d’une augmentation des fraudes / impayés – cela a été modifié. 

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