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Lave-linge, frigos, lave-vaisselle : comment les géants de l’électroménager ont manipulé les prix

Le couperet est sur le point de tomber. Après une première salve d’amendes en 2018, l’Autorité de la concurrence (ADLC) s’apprête à infliger de nouvelles sanctions record aux géants de l’électroménager. Cette fois-ci, fabricants et distributeurs sont dans le collimateur pour des pratiques anticoncurrentielles présumées entre 2008 et 2014. L’addition promet d’être salée : plusieurs centaines de millions d’euros.

L’enquête, qui touche à sa fin, révèle un système d’entente dit “vertical”. Concrètement, les industriels auraient échangé des informations confidentielles ou se seraient accordés sur les prix de vente avec les commerçants. Ces pratiques, qui faussent la concurrence, se font au détriment du consommateur.

Whirlpool, déjà lourdement sanctionné en 2018, s’attend à payer le prix fort. Le groupe a provisionné 62,5 millions d’euros en prévision de l’amende. D’autres acteurs majeurs du secteur ont également mis la main au portefeuille : Miele (17,3 millions), le groupe chinois Haier (39 millions pour les marques Candy, Hoover et Rosières), BSH (20 millions pour les produits Bosch), et Smeg (4 millions).

Electrolux, coté en bourse, a dû jouer cartes sur table. Le géant suédois a annoncé avoir conclu un accord avec l’ADLC et provisionné 56 millions d’euros. Même son de cloche du côté de la distribution avec Fnac Darty, qui a choisi la procédure de transaction et mis de côté 85 millions d’euros.

Entente sur les prix

Ces sanctions interviennent dans un contexte délicat pour l’industrie de l’électroménager. “Le marché est difficile depuis un an et les marges sont déjà assez faibles”, confie un ancien dirigeant du secteur à L’Informé. Les amendes, calculées en pourcentage du chiffre d’affaires des lignes de produits concernées, risquent de laisser des traces.

Certains acteurs, comme Seb (Moulinex, Rowenta, Krups), ont choisi de contester les griefs qui leur sont reprochés. D’autres pourraient faire appel de la décision finale. Mais attention : en cas de recours, l’amende devra tout de même être versée en attendant l’issue définitive du dossier, qui peut prendre des années.

L’ampleur de cette affaire pourrait bien propulser ce dossier dans le top 10 des plus grosses sanctions infligées par l’ADLC depuis 2009. Le montant total des amendes devrait dépasser les 280 millions d’euros, uniquement pour les entreprises ayant déjà provisionné des sommes. Et la liste n’est pas exhaustive.

Déjà vu

Cette nouvelle affaire fait écho à celle de 2018. Six géants de l’électroménager avaient alors été condamnés à 189 millions d’euros d’amende pour s’être concertés sur des hausses de prix lors de réunions secrètes. La différence ? Cette fois-ci, les distributeurs sont également dans la ligne de mire.

L’enquête a été minutieuse. Des perquisitions ont eu lieu chez la quasi-totalité des entreprises citées, ainsi que dans les locaux français de Samsung, LG, de l’enseigne Pulsat ou du Gifam (groupement des marques d’appareils pour la maison). Les dernières auditions se sont déroulées au premier semestre 2024, laissant présager une décision imminente.

L’impact de ces sanctions pourrait être considérable pour le secteur. Au-delà de l’aspect financier, c’est l’image de marque de ces entreprises qui risque d’être écornée. Les consommateurs, déjà échaudés par la première affaire, pourraient perdre confiance dans ces grands noms de l’électroménager.

Cette affaire soulève également des questions sur les pratiques commerciales dans d’autres secteurs. L’ADLC envoie un message clair : les ententes, qu’elles soient horizontales ou verticales, ne seront pas tolérées.

Reste à savoir comment les entreprises sanctionnées réagiront. Certaines pourraient être tentées de répercuter le coût des amendes sur les prix, au risque de s’aliéner davantage les consommateurs. D’autres pourraient revoir en profondeur leurs pratiques commerciales pour éviter de futures sanctions. On peut toujours rêver.

  • L’Autorité de la concurrence s’apprête à infliger des amendes record aux géants de l’électroménager pour entente sur les prix.
  • Les sanctions pourraient dépasser les 280 millions d’euros, touchant à la fois fabricants et distributeurs.
  • Cette affaire pourrait avoir des répercussions importantes sur le secteur et inciter d’autres industries à revoir leurs pratiques commerciales.

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1 commentaire
1 commentaire
  1. Les amendes ne rendront pas aux consommateurs l’argent qu’ils ont payés en trop. Il faudrait pour cela faire un recours collectif pour obtenir un remnoursement des sommes payées en trop.

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