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L’avenir spatial de l’Europe se dessine à Séville

Ce lundi 6 novembre se tient un sommet très important. Les 22 pays faisant partie de l’Agence Spatiale Européenne se réunissent pour discuter de la place de l’Europe dans la conquête de l’espace.

La conquête spatiale est devenue un véritable far west : les acteurs (privés ou publics) se multiplient, le lancement de modules est de plus en plus accessible, la réglementation est devenue plus complexe et l’espace est utilisé pour un plus grand nombre d’activités. Les règles ont changé, et l’Europe doit s’adapter pour rester dans la course. C’est dans ce but qu’a lieu ce sommet à Séville : l’UE doit redéfinir sa stratégie spatiale pour ne pas se laisser distancer.

L’Europe dans l’impasse spatiale ?

L’année 2023 n’a pas été un bon cru pour la présence européenne dans le domaine du spatial. Ariane 5 est en fin de carrière, l’absence d’alternatives aux lanceurs Soyouz (en raison du boycott), retard conséquent de l’arrivée d’Ariane 6. On ne peut pas dire que les indicateurs soient au vert.

De l’autre côté, l’entreprise SpaceX peut se targuer d’avoir réussi 63 lancements cette année, contre trois pour l’Europe en 2023. Un bien triste constat, ironiquement aggravé lorsqu’on sait que ce sont les lanceurs Falcon 9 de SpaceX qui ont été choisis pour mettre en orbite les futurs satellites européens Galileo. Un projet censé concurrencer le système de radionavigation américain GPS, redorer notre souveraineté et symboliser l’autonomie européenne.

Cette rencontre organisée à Séville s’inscrit donc dans un contexte où l’Europe est dans une situation de dépendance croissante dans le domaine du spatial. Des décisions importantes devront être prises pour déterminer si le Vieux Continent peut assurer une présence indépendante au-delà de notre atmosphère.

Les clés du renouveau : financement et réorganisation

Ces deux thèmes seront au cœur des discussions, et celles-ci seront certainement épineuses. En mars de cette année, un groupe consultatif indépendant a présenté à l’Agence Spatiale Européenne un rapport nommé Revolution SpaceLes conclusions étaient claires : si l’Europe veut relancer le secteur spatial, elle devra augmenter ses investissements.

Problème : les États membres de l’UE n’ont pas le même avis concernant la stratégie à adopter. Pour l’Allemagne, l’Europe doit se calquer sur le modèle américain et capitaliser sur l’innovation grâce aux acteurs privés. La France et l’Italie sont plus prudentes sur l’adoption d’un tel modèle.

Pourtant, l’émergence de nouveaux acteurs européens comme The Exploration Company, une start-up franco-allemande, suggère qu’un nouvel élan allant dans le sens du privé est complètement envisageable.

Séville sera un tournant décisif pour l’avenir spatial de l’Europe. Les acteurs du continent devront ajuster leurs choix, qui détermineront si l’UE a toujours sa place dans la conquête spatiale. En tant que leader, ou comme suiveur, toute la différence est là.

 

  • Le sommet de Séville a lieu le lundi 6 novembre, et réunit les 22 pays de l’ESA.
  • Cette réunion déterminera comment situer l’Europe face au contexte économique spatial actuel.
  • L’Europe, par rapport à d’autres acteurs, est dans une période plutôt sombre de son histoire spatiale.

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