C’est une menace très concrète. Le 12 juillet dernier, Donald Trump a annoncé que des droits de douane de 30 % seraient appliqués dès le 1er août sur l’ensemble des importations en provenance de l’Union européenne (UE). Alors que des discussions sont toujours en cours pour tenter trouver un accord, un nouveau règlement adopté en Europe pourrait sérieusement impacter les géants américains. Faisons le point.
L’arme ultime de l’UE
En 2024, les états membres ont approuvé l’instrument anti-coercition (ACI). Ce dispositif permet à l’UE de répliquer lorsqu’un pays lui impose une pression économique et il est particulièrement adapté à la situation présente.
Concrètement, les entreprises américaines pourraient ainsi perdre l’accès à certains marchés publics ou voir certains de leurs projets sur le Vieux Continent remis en cause. Des autorisations jadis accordées pourraient aussi être supprimées. En clair, tout serait mis en place pour leur chercher des noises, sans pour autant qu’une taxe ou des droits de douane ne leur soient appliqués.
C’est sans doute un moyen pour l’UE d’éviter que les consommateurs ne soient touchés par des mesures de rétorsion des entreprises frappées, même si ces dernières pourraient aussi choisir d’impacter les coûts supplémentaires sur leurs clients au sein des États membres.
Ces mesures toucheraient de plein de fouet les services et les entreprises technologiques américaines et on peut clairement imaginer que la tension monterait encore d’un cran entre les deux blocs si l’ACI était mis en place. Autant dire que des géants comme Netflix, Google, Apple, Amazon, ou encore Disney et Microsoft ne verraient pas cette initiative d’un bon œil.
L’Europe tergiverse
Pour l’heure, la France semble soutenir une application de ces mesures si les discussions avec Washington venaient à échouer. C’est en tout cas ce qu’a expliqué Benjamin Haddad, ministre chargé des Affaires européennes, à Bloomberg :
Dans cette négociation, vous devez faire preuve de force, de force, d’unité et de détermination. Nous pouvons aller plus loin. (Il fait référence aux contre-mesures annoncées par la Commission européenne visant près de 100 milliards d’euros de commerce américain (NDLR).
Du côté de l’exécutif européen, on temporise. Ainsi, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, juge que l’ACI n’est là que « pour des situations exceptionnelles » et que nous « n’en sommes pas encore là ». De même, cette arme radicale ne peut être activée qu’au terme de plusieurs mois de procédure. Un temps long qui ne semble pas du tout adapté aux coups de sang quotidiens et à l’instabilité qui est de mise du côté du président américain.
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