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Le rêve américain tue : ce que révèle cette étude glaçante

Le rêve américain est toujours vivant. Les Américains, un peu moins.

L’Amérique s’enorgueillit depuis des décennies de son fameux « exceptionnalisme » ; cette vision selon laquelle elle incarnerait un modèle unique et supérieur au reste du monde. Pourtant, une nouvelle étude publiée le 2 avril menée par des chercheurs de l’Université Brown (Providence, Rhode Island) écrase cette arrogance en pointant du doigt une réalité macabre : les Américains meurent plus tôt que les Européens, quelle que soit leur fortune.

Le pays qui se targue d’être le plus puissant du monde échoue donc à son devoir le plus fondamental : maintenir ses citoyens en vie.

L’American dream : travailler dur pour mourir jeune et riche

Pour leur étude, les chercheurs ont examiné les trajectoires mortifères de 73 000 individus âgés de 50 à 85 ans. Elles sont le symptôme même de l’imposture du mode de vie américain : l’accumulation patrimoniale, même obscène, n’achète pas d’années supplémentaires dans cette prétendue terre d’abondance.

Ironie suprême, les nababs de Wall Street et autres ultrariches, malgré leurs comptes offshore et leurs quartiers sécurisés, périssent au même rythme que les chômeurs longue durée de Francfort ou les ouvriers précaires d’Amsterdam. Voilà donc l’« American way of life » dans toute sa splendeur : une mascarade létale où les riches paient grassement pour mourir comme les pauvres européens.

Une farce qui ridiculise la théologie néolibérale américaine jusque dans ses axiomes les plus sacrés. Sara Machado, chercheuse au Brown’s Center for Health System Sustainability et co-autrice de l’étude explique : « Il ressort de nos recherches que votre niveau de richesse au sein de votre pays a un impact sur votre longévité, et que votre position économique dans votre pays, comparée à celle des autres dans les leurs, joue également un rôle. Agir sur les déterminants de la santé ne concerne pas uniquement les plus démunis : même les plus aisés sont touchés ».

L’amplitude des écarts observés nous confinerait presque au vertige statistique. Les habitants d’Europe continentale esquivent la faucheuse 40 % plus efficacement que leurs cousins d’outre-Atlantique, l’Europe méditerranéenne maintient un avantage de 30 %. Même les anciens pays du bloc soviétique, qu’on aimerait parfois voir comme des cancres du développement occidental, préservent leurs citoyens 13 % à 20 % mieux que la première puissance mondiale.

La nécropolitique américaine : quand la mort façonne la démographie

Un artifice particulièrement pervers a été mis en lumière par cette étude, qualifié comme « l’effet du survivant ». Les chercheurs ont observé que les Américains les plus démunis, confrontés à des conditions sanitaires et sociales délétères, disparaissent prématurément du paysage démographique. Une purge sociale qui fabrique alors ce mirage dans lequel les inégalités semblent s’estomper avec l’âge – non par l’élévation des démunis, mais par leur extermination structurelle.

Irene Papanicolas, directrice du Brown’s Center for Health System Sustainability, démystifie cette illusion d’optique : « Nos travaux antérieurs ont montré que, bien que l’inégalité de richesse se réduise après 65 ans aux États-Unis et en Europe, aux États-Unis, cette réduction s’explique par le fait que les Américains les plus pauvres meurent plus tôt et en plus grande proportion ».

Il faut dire que le territoire est plutôt fertile à ce carnage statistique : absence délibérée de protection sociale, concentration oligarchique des richesses, contamination environnementale légalisée, abandon calculé des territoires ruraux, et marchandisation intégrale d’une médecine devenue inaccessible. Rajoutons à cela l’offensive contre la science et le bon sens organisée par le milliardaire populiste aux rênes du pays et ses décisions économiques assassines, et le cocktail obtenu a le goût de l’injustice ; non pas comme dérive du système ; mais comme un de ses principes fondateurs.

La promesse que l’argent privé pourrait se substituer au(x) bien(s) commun(s) est ; par essence ; la supercherie mise en évidence par cette étude. L’effondrement de l’espérance de vie américaine –  régression inédite dans un pays industrialisé en temps de paix – est le signe d’une d’une société profondément défaillante. Non pas par manque de moyens, mais parce qu’elle a perdu de vue ses objectifs les plus basiques. Voilà ce que provoque l’individualisme à l’échelle nationale poussé à son paroxysme : le pays finit par dévorer ses propres enfants, y compris les plus privilégiés. Le rêve américain accouche en revanche d’une égalité : celle des cimetières, où riches et pauvres se décomposent de la même manière.

  • Une étude prouve que les Américains vivent moins longtemps que les Européens, quel que soit leur niveau de richesse.
  • Même les citoyens les plus fortunés aux États-Unis ne sont pas épargnés par les effets délétères d’un système inégalitaire et fragmenté.
  • La réduction des écarts de richesse avec l’âge cache en réalité une disparition prématurée des plus pauvres, révélant une mécanique sociale profondément défaillante.

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Par : Gouvernement français
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