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Le secret pour contourner la montée explosive des taux de crédit

Cela n’a échappé à personne, les taux de crédits atteignent des sommets. Le contexte est plutôt moribond, d’autant qu’une pratique bancaire peu scrupuleuse tend à se généraliser et creuse encore le fossé pour de nombreux ménages français.

La baisse des taux d’emprunt a été repoussée à la fin 2024 par la BCE, ce qui n’est pas franchement une bonne nouvelle. Rajoutons à cela la nouvelle vague d’inflation attendue en Europe pour les produits de consommation. Le moins que l’on puisse dire, c’est notre position économique en tant que consommateurs est largement défavorable. Les institutions financières profitent assez largement de ce contexte, et adoptent de plus en plus une pratique trompeuse, génératrice de milliards d’euros de bénéfices. Celle de présenter l’assurance emprunteur comme indispensable à la souscription d’un crédit, quel qu’il soit.

Banques et assurances ont donc leur méthode miracle et très lucrative : capitaliser sur l’ignorance des consommateurs. Ces assurances ont généré 2,77 milliards d’euros sur l’année 2022. Une manne colossale provenant de la poche de 22 % des ménages français selon la Fédération France Assureur.

Le flou autour des assurances emprunteurs

Si ce type d’assurance est obligatoire pour un prêt immobilier, ce n’est absolument pas le cas dans le cadre d’un crédit à la consommation. Une information précieuse, autour de laquelle les établissements de crédits ou d’assurance maintiennent miraculeusement un flou.

Cette omission délibérée a donc poussé 14,7 millions de Français en 2023 à souscrire à une assurance non nécessaire dans le cadre d’un prêt à la consommation. Un état de fait révélé par l’Observatoire des crédits aux ménages.

Une stratégie digne des pires grippe-sous, renforcée par des méthodes commerciales plus que douteuses : option de l’assurance précochée dans le contrat de crédit, pressions et menaces de refus lorsque le client refuse la souscription. Des pratiques parfaitement illégales selon l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Les dessous financiers d’une pratique contestée

Si ces procédures plus que discutables se sont répandues, c’est qu’elles cachent une réalité économique très rentable pour les banques. En effet, « assurer un crédit à la consommation peut représenter parfois jusqu’à un tiers du coût total de l’emprunt » explique l’Observatoire des crédits aux ménages.

Une véritable aubaine financière, qui découle également du lien assez étroit unissant banques et assurances, souvent membres d’un même groupe financier. Une connivence qui profite alors largement aux banques et qui les place en posture d’intermédiaire. Celles-ci peuvent percevoir parfois des commissions représentant en moyenne 40 % des primes d’assurance.

Selon l’Autorité Européenne des Assurances et des Pensions Professionnelles (EIOPA), c’est « un risque de conflit d’intérêt au détriment du consommateur ».

Moralité : rester vigilant et informé pour ne pas tomber dans les pièges tendus par ces organismes. Le secret réside en une compréhension parfaite des conditions d’un contrat de crédit ainsi qu’une connaissance minimale des droits en matière d’assurance emprunteur. Deux sites très utiles existent pour se renseigner : le site officiel de l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) ou le site de la FFA (Fédération Française de l’Assurance).

  • Banques et assurances généralisent une pratique douteuse pour augmenter leurs bénéfices sur les prêts.
  • Celle-ci réside en l’omission volontaire d’expliquer aux souscripteurs d’un crédit à la consommation que l’assurance emprunteur n’est pas obligatoire.
  • Une technique très juteuse, qui a généré des milliards d’euros de bénéfices pour ces organismes en 2023.

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