En crise, Porsche fait machine arrière sous l’égide du PDG Michael Liters, arrivé à la tête du constructeur en janvier 2026. C’est la fin du tout-électrique : ce dernier prône plutôt un rééquilibrage en redonnant une place centrale aux moteurs thermiques.
Et cela commence par le Macan. Le modèle sera de nouveau disponible en version essence dès 2028, quelques années seulement après avoir basculé vers le 100 % électrique. L’objectif est de proposer deux motorisations en parallèle au lieu de forcer une transition que les clients refusent supposément. « Nous devons relancer notre stratégie essence, mais je suis très positif : une fois que nous aurons le Macan à moteur essence, nous disposerons d’une offre très équilibrée pour nos clients entre voitures électriques et voitures essence », a déclaré le dirigeant.
La 911, elle, conserve donc une motorisation hybride et ne passera pas au tout-électrique. Des choix forts, à contre-courant des ambitions de l’Union européenne (UE).

Porsche s’est effondrée en Chine
Ce nouveau virage stratégique intervient alors que Porsche a traversé un début d’année compliqué. Au premier semestre, les ventes du Macan électrique se sont en effet effondrées de 40 %, tandis que les livraisons de la marque en Chine ont plongé de 32 %.
En parallèle, Porsche a frôlé le surinvestissement en développant simultanément deux technologies coûteuses, le marché de l’électrique peinant encore à décoller sur le haut de gamme. Désormais, le constructeur va s’appuyer plus largement sur les technologies et plateformes partagées de sa maison mère, Volkswagen. De quoi maintenir ses ambitions électriques sans faire exploser les coûts de recherche et développement.
Vaste restructuration
La situation de Porsche ne date pas d’hier, et sa rentabilité s’est effondrée avec une marge opérationnelle tombée à 1,1 %. L’an dernier, la marque a ainsi été éjectée du DAX, l’indice vedette de la Bourse allemande. Au mois de mai, le groupe actait en outre la fermeture de trois filiales dédiées vélos électriques, aux batteries et aux logiciels.
Sa restructuration passe aussi par la vente de ses parts dans Bugatti Rimac pour 1 milliard d’euros. Mais ce n’est pas tout, puisque Porsche prévoit également de supprimer 9 000 postes d’ici à 2035. « Face à un contexte difficile, nous devons repenser notre modèle économique et la taille de notre organisation », conclut Michael Liters.
Pourquoi Porsche est-elle en crise ?
Pendant des années, le groupe allemand a enchaîné les bénéfices records grâce à deux piliers solides : le marché chinois, extrêmement gourmand en véhicules de luxe, et la montée en puissance rapide de ses modèles 100 % électrique. Mais cela n’a pas duré. En Chine, les consommateurs délaissent désormais les marques occidentales au profit des acteurs locaux. De même, la demande mondiale pour les sportives électriques haut de gamme s’est fortement tassée.
Le constructeur, lui, a pourtant continué de développer de nouveaux modèles 100 % électrique tout en maintenant ses gammes thermiques. Soit des investissements colossaux : la rentabilité de Porsche s’est écroulée.
- Porsche abandonne la stratégie du tout-électrique et réintroduira un moteur essence sur le Macan dès 2028.
- De même, le 911 ne bénéficiera, pour l’instant, pas de gamme 100 % électrique.
- Pénalisé par l’effondrement du marché chinois et du Macan électrique, le constructeur a vu sa marge tomber à 1,1 %.
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