Les infrastructures d’internet en France pourront-elles résister à la croissance exponentielle du trafic ? La question se pose une nouvelle fois suite à la publication de la dernière étude de la Fédération Française des Télécoms (FFT). Selon l’association, le volume de données échangé sur le réseau hexagonal sera multiplié par 5 d’ici 2030, avec une augmentation moyenne de 21% par an.
Depuis quelques années, en effet, les débits moyens augmentent chez les internautes Français que ce soit sur les accès résidentiels (avec le déploiement de la fibre optique) mais aussi, les réseaux mobiles, avec l’arrivée de nouvelles technologies 4G ultra-performantes et de la 5G. Or, le déploiement de toutes les variantes ultra-rapides de la 5G comme le mmWave, ou la 5G SA n’est pas encore achevé. Les abonnés à la 5G sont actuellement 8 millions en France, ce qui laisse encore beaucoup de potentiel pour la technologie.
Le réseau internet français pourra-t-il tenir le choc ?
Selon la FFT, la consommation moyenne des données par les français est ainsi passée de 11 Go par mois à 14,3 Go par mois – rien que via les données mobiles, ce qui représente une hausse assez imposante de 26%. Or, si la trajectoire se poursuit, il faudra parler, l’horizon 2030, d’une consommation moyenne totale (fixe + mobile) de 1 035 Go par mois, alors que à l’heure où nous écrivons ces lignes, toujours selon la FFT, la consommation moyenne totale des français est plutôt située autour de 200 Go.
Un chiffre qui a d’ailleurs été particulièrement boosté par période de confinement qui a installé de nouvelles habitudes, et provoqué une hausse durable du trafic entrant vers les quatres FAI – ces derniers ont en effet vu passer pas moins de 18,4 Tbit/s fin 2019 contre 27,7 Tbits/s fin 2020. Bien sûr il est difficile de prédire tous les usages qui permettront de conserver une croissance aussi soutenue. Mais jusqu’ici, les prédictions de la FFT se sont révélées plutôt justes.
Tout cela devrait nécessairement entraîner des efforts importants de la part des quatre grands opérateurs pour adapter leur coeur de réseau. Or, la question de savoir qui devra à terme payer la facture, notamment pour les câbles sous-marins qui connectent le réseau Français aux géants américains, risque de se poser dans les prochaines années avec beaucoup plus d’acuité. Certains opérateurs comme Orange défendent en effet un co-financement de ces efforts, par les plus grands acteurs américains – responsables de l’essentiel de cette hausse de trafic.
Google, Netflix, Amazon, Microsoft ou encore Facebook semblent en tout cas pour l’instant peu emballés par un changement de paradigme, même si il faut quand même remarquer que ces derniers déploient régulièrement de nouvelles capacités réseau internationales pour garantir un meilleur accès de leurs utilisateurs à leurs services à travers le monde.
- Le trafic internet français devrait être multiplié par 5 d’ici 2030.
- En cause, une hausse des usages mais aussi des débits.
- La question du cofinancement de l’amélioration du réseau, notamment des connexions aux géants américains, par ces derniers et les quatre opérateurs, risque bien de revenir sur la table…
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