L’édito du lundi

Les entreprises intègrent de plus en plus fréquemment les médias sociaux dans leur marketing et leurs opérations de communication. C’est maintenant un mouvement de fond qui ne concerne plus seulement quelques grands groupes à la pointe des méthodes de e-marketing, souvent cornaqués par des agences spécialisées. Cinq ans après l’émergence de la notion de Web

Les entreprises intègrent de plus en plus fréquemment les médias sociaux dans leur marketing et leurs opérations de communication.

C’est maintenant un mouvement de fond qui ne concerne plus seulement quelques grands groupes à la pointe des méthodes de e-marketing, souvent cornaqués par des agences spécialisées. Cinq ans après l’émergence de la notion de Web 2.0, l’explosion des blogs et des réseaux sociaux, beaucoup de PME, voire même des TPE, commencent à réfléchir à la meilleure façon de tirer parti du web pour améliorer la communication avec leurs clients, en « engageant la conversation ».

Engagez la conversation, qu’ils disaient !

La conversation : le nouveau crédo.  Et ce qui n’était jusque-là qu’une sorte de gimmick un peu branché devient aujourd’hui un enjeu fondamental pour toute entreprise qui espère rester dans la course : avant il fallait écouter ses clients. Maintenant il faut leur parler, ou au moins leur répondre. Directement, sans intermédiaire, naturellement et honnêtement. Et, pour les plus impliqués (ou les plus doués), leur raconter une histoire. Mais sans leur raconter d’histoires.

Je crois qu’il s’agit d’une étape importante de l’évolution du web et des relations que les entreprises entretiennent avec lui : ce dernier imprègne progressivement et par capillarité tous les rouages des sociétés, jusqu’à être dans certains cas devenu le premier, voire l’unique canal de communication. Celui autour duquel se bâtit une stratégie complète, tant en termes de communication externe qu’interne, d’ailleurs. Ainsi ce grand groupe de prévoyance et de retraite qui se demande si un blog interne multi-contributeurs ne serait pas pertinent sur l’intranet maison, ou encore cette PME qui crée une filiale pure player pour reproduire et développer sur le web le succès que ses produits rencontrent dans les boutiques physiques depuis 30 ans. En n’oubliant pas au passage de créer un blog, une poignée de comptes Twitter et quelques pages sur Facebook.

Du digital native à l’entreprise digitale

D’ailleurs, même les fermiers ou les boulangeries s’y mettent : le blog n’est peut-être pas vital pour leur activité mais il apporte ce supplément d’âme qui fait souvent défaut dans le monde professionnel. Raconter une histoire, encore et toujours.

Ce qui démontre au passage que les entreprises ont aussi considérablement évolué dans leur connaissance du web et de ses enjeux en quelques années : l’ergonomie et le SEO doivent faire partie du package de base de tout prestataire web, mais ce n’est qu’un début. Le client a mûri et ne se contente plus d’un site parce-ce qu’il faut en avoir un : il veut que celui-ci lui rapporte, directement (des sous) ou indirectement (de l’image ou des prospects). En fait il veut que son site soit son média.

Un mouvement naturel d’évolution et d’acquisition de compétences, fortement accéléré par l’arrivée des digital natives dans les entreprises, y compris aux postes-clés : la génération des 20-30 ans, née ou ayant grandi avec le web, investit les entreprises avec une culture numérique inscrite dans son ADN. Un bouleversement dont nous commençons juste à sentir les premiers effets, mais qui va progressivement transformer en profondeur la façon de fonctionner des boîtes, en leur insufflant une petite dose d’esprit start-up plutôt rafraîchissant.

Mon tabac-presse est une start-up

Vous verrez, bientôt, quand la génération actuelle aura pris sa retraite, même les commerçants de votre quartier en connaîtront autant, voire plus que vous, sur le web et les nouvelles technologies. Un dernier exemple ? Le gars qui tient le tabac-presse au coin de ma rue qui, voyant ma tronche et mon activité récemment dans une gazette locale, me demande s’il doit choisir un iPhone ou un HTC Magic parce-qu’il est « très tenté par Android ». Et quand son système de gestion de caisse plante, qui peste contre Windows en maudissant ses fournisseurs qui ne sont même pas capables de lui proposer « un système fiable et ouvert sous Linux ». Ça calme.

Pas un geek, pas un militant libriste : juste un digital native buraliste, un trentenaire qui veut si possible le meilleur de la technologie, pour lui et pour le bien de sa petite entreprise. Mais qui connaît un peu la musique.

Le gars à qui tu ne racontes pas d’histoires, quoi.

Je vous souhaite une excellente semaine numérique.


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11 commentaires

  1. C’est très bien dit! Nous vivons vraiment une époque intéressante avec pleins de bouleversements à suivre. Gare à ceux qui ne sauront pas s’adapter.

    Ce que tu expliques à propos des ‘digital natives’ est très vrai et j’irai même plus loin. Pour reprendre Kevin Kelly, pour eux, les réseaux sociaux et les blogs sont invisibles. Pourquoi? Parce que ça fait partie de leur quotidien depuis leur enfance. Ils ne savent pas ce que c’est d’être sans facebook ou sans son blog. C’est comme le téléphone ou la télé pour d’autres générations.

    Ils arrivent! Les entreprises ont intérêt à les écouter. 🙂

  2. Bonjour,

    Merci pour votre article qui fait prendre conscience aux PME et surtout aux TPE, que le monde change.

    En effet, je suis dirigeant d’un réseau national de plus de 200 personnes (Partenaires franchisés) sur le terrain.
    Notre métier est d’aider au quotidien les TPE dans la gestion et leur stratégie.

    Même si nous sommes déjà dans une culture « réseau » il est vrai que ce nouveau monde 2.0 devient un incontournable.

    Dans le réseau Rivalis ( http://www.rivalis.fr), nous nous mettons depuis peu à ce genre de méthode de pensée. Blog, twitter , etc….

    Je pense que ce qu’il faut retenir, c’est qu’une petite entreprise qui veut devenir grande sans trop de moyens, peut se servir de ce genre de méthode.

    Bonnes affaires à tous !

    Damien

  3. Et bien tant mieux…Parce que moi, dans les dernières années où je travaillais en lycèe, voyant arriver des jeunes professeurs, je me suis dit qu’ils allaient avoir un peu de culture informatique. Et bien balle peau ! Aussi ignorants que leurs aînés…
    Je ne résiste pas à vous raconter que j’ai vu (ou entendu) une enseignante (en bureautique) me dire que ce qu’elle appelait faire cours consistait à lire en classe le livre de cours. Et qu’elle disait aux élèves : »Ne me demandez rien, je n’en sais pas plus ». Ah oui, c’étaient des PEGC. Gens très fortement syndicalisés.

  4. Voilà de l’edito comme j’aime… du bon vieux eric ! Les articles de fonds comme celui-là remettent un peu sur la balance le fait que le monde change, évolu, et voir que twitter et le blog commence a prendre vie (enfin !) dans les TPE prouve que le phénomène arrive a maturité, et est bien plus qu’un effet de mode. Donner aux petits les moyens de faire entendre leur voix, voilà l’avenir du 2.0… hopla, je vote ! merci eric !

  5. Pingback: Instant T, focus n°17 | Maxime-Viry.com

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