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La visioconférence, ce truc « so 2020 » qui existe depuis près de 20 ans

En marketing, on a toujours tort d’avoir raison trop tôt, dit-on. L’explosion de la vidéoconférence ces derniers mois en apporte encore une fois la démonstration.

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Décembre 2004. Après des années de développement et de déploiement, Orange et SFR lancent leur 3G à grands renforts de publicité. Une communication qui se fait presque exclusivement autour d’un argument presque devenu une incantation : la visiophonie.

On allait voir ce qu’on allait voir, alors que ce bon vieil internet fêtait péniblement sa première décennie dans le grand public, et que l’iPhone n’existait pas encore, le monde allait être révolutionné par la possibilité de passer des appels vidéo entre particuliers à partir de leur téléphone mobile. Comme si la 3G n’allait se résumer qu’à cela.

Dans la réalité, cela ne s’est pas exactement passé comme prévu. D’une part le public n’était pas prêt à s’exhiber en train de parler (fort) à l’écran de son téléphone tenu à bout de bras dans la rue (bon, ça a bien changé depuis), et surtout la demande n’était pas vraiment là. D’autre part, les obstacles techniques étaient encore nombreux : le réseau était encore souvent insuffisant pour assurer de bonnes liaisons vidéo entre mobiles, et les téléphones manquaient de puissance, sans parler des batteries qui chauffaient et rendaient l’âme trop vite.

Bref, la promesse visiophonie de la 3G a vite fait pschitt, et la 3G a servi à tout autre chose, en fait à ce pourquoi elle avait été conçue à l’origine : améliorer l’expérience de la navigation sur internet en situation de mobilité.

2020 : le service de messagerie privée et chiffrée Telegram vient d’annoncer qu’il lançait son offre d’appels vidéo. Une nouvelle offre parmi des dizaines déjà existantes, qu’il s’agisse de services de communication vidéo one to one entre personnes, de vidéoconférence one to many ou many to many, et bien sûr de services de live streaming.

Les appels vidéo et le live streaming, pas vraiment une nouveauté…

Au sujet de ces derniers, il est intéressant de revenir aussi un peu en arrière. Dès le milieu des années 2000, donc il y a de cela déjà presque 15 ans, plusieurs services de live streaming virent le jour, comme PocketCaster, Kyte, Flixwagon ou Quik, et sur le PC, Ustream.tv ou le français Blogvideo.tv, pour n’en citer que les principaux. La promesse était déjà de permettre de filmer et de diffuser en direct un évènement à partir de son smartphone. 10 ans avant Periscope et Facebook Live. Déjà fan de ce type d’innovation et mobinaute de longue date, j’avais profité de ma présence au Mobile World Congress en 2008 pour tenter une épique session en direct vidéo sur Flixwagon (vidéo indisponible) avec mon Nokia N95 (le smartphone prétendu le plus évolué de l’époque). Entre la 3G et le WiFi saturés et les soucis de serveur, l’expérience n’avait pas été très concluante, comme on peut le lire dans les commentaires, mais j’avais quand même pu faire tant bien que mal un petit bout de visite guidée su salon, et j’avais vraiment la sensation de voyager dans le futur.

Que faut-il en conclure ? Que si l’on sentait que l’avenir était en marche, le monde n’était pas encore prêt pour le Grand Soir de la vidéo en direct sur internet. Et pourtant, les indices s’accumulaient…

En juin 2010, Apple lance Facetime, puis arrive Periscope en 2015 et Facebook Live en janvier 2016

Zoom sera lancé en 2011

Puis, dans les é dernières années, tout le monde s’y mettra progressivement mais massivement.

La pandémie a fini de populariser le phénomène, qui est devenu une routine banale chez les particuliers et les entreprises, avec des dizaines d’offres et de possibilités.

En fait, cette expérience étalée sur près de 20 ans montre que pour qu’une innovation fonctionne en adéquation avec son temps, il faut :

  • une demande forte – et surtout clairement identifiée – du public, pas une simple et vague attente
  • que ce soit facile et pratique
  • que cela rende un vrai service, utile et rassurant
  • que cela fonctionne naturellement sur le support le plus utilisé au quotidien (en l’occurrence le smartphone)

L’histoire est constellée d’inventions et d’innovations révolutionnaires qui ont fait un flop parce-qu’elles étaient trop en avance. Quelques exemples ? Le précurseur de l’Hyperloop, dans les années 60/70, les Google Glass, les drones suiveurs etc.

Moralité : avoir une bonne idée avant les autres n’est pas gage de succès, et peut même être la cause d’un échec retentissant. Le marketing est vraiment une histoire de bon timing. Sauf si un événement inattendu précipite massivement des usages jusque là confidentiels, comme l’a démontré la pandémie de Coronavirus avec la visio-conférence.

Mais par définition, on peut difficilement prévoir l’inattendu…

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